BENOITE
Herbe de saint Benoît, herbe bénite, galiote (famille des Rosacées).
Description. Tige rougeâtre, droite, rameuse et un peu velue ; feuilles dentelées, velues comme celles de
î’aigrémoine, mais plus rudes; fleurs jaunes, disposées en roses au sommet des tiges.
Lieux. Cette plante vivace croît naturellement dans les haies, les taillis, dans les lieux ombragés, où elle fleurit en mai et juin.
Récolte. La racine, seule partie employée, se récolte à l’automne pour la conserver.
Propriétés, usages. La racine de benoite est à la fois excitante, tonique et astringente ; on l’emploie dans la faiblesse générale, principalement dans la diarrhée, les dyssenteries chroniques, les pertes (Bossu). L’infusion dans le vin jouit d’une grande réputation comme fébrifuge. Quelques praticiens ont assuré avoir guéri des fièvres intermittentes, qui avaient résisté au quinquina, au moyen de l’infusion vineuse de la racine de benoite.
j PRÉPARATIONS, DOSES.
Décoction (racine sèche), 30 grammes par litre d’eau. — (Racine verte), 60 grammes pour un litre d’eau. On prend une tasse de cette décoction toutes les deux ou trois heures.
Poudre, 1 à 4 grammes, comme tonique. — 8 à 16 grammes, comme fébrifuge. Les fièvres quartes exigent une quantité plus grande de poudre.
Vin de benoîte. Prenez : racine de benoite desséchée avec soin, 64 grammes, 2 onces ; vin rouge de bonne qualité, un litre ; faites digérer pendant huit jours, et passez la liqueur. C’est un bon tonique, dont on prend quelques cuillerées avant le repas, pour exciter l’appétit et disposer l’estomac à un travail facile; il est con* seillé aux convalescents qui ont besoin de remonter leurs forces par des toniques doux et agréables. Quel-
ques auteurs l’ont recommandé comme un bon vulnénéraire, après les chutes ou autres accidents dans lesquels il y a lieu de craindre qu’il n’y ait intérieurement du sang extravasé.
BISTORTE.
Grande bistorte, renouée historié (famille des Polygonées).
Description. Tige herbacée, droite, noueuse, haute d’environ 35 centimètres ; feuilles longues, assez larges et pointues, à peu près semblables à celles de la patience, plus vertes en dessus qu’en dessous; fleurs roses disposées en épi.
Lieux. Cette plante vivace croît naturellement dans le midi de la France, dans les bois, les prairies, les lieux humides.
Récolte. La racine, seule partie employée, se récolte au mois de décembre. On la fait sécher sur le four du boulanger.
Propriétés, usages. Il est peu de végétaux indigènes possédant la faculté astringente à un degré plus éminent ; on prescrit la racine en décoction pour diminuer et même tarir les flux chroniques, telles que les fleurs blanches, la diarrhée, les dyssenteries entretenues par la débilité de la membrane intestinale, mais lorsque les symptômes inflammatoires ont dispani. Cazin dit que la racine de bistorte, unie à l’absinthe et à la racine d’aunée, en macération dans le vin blanc, lui a réussi contre les fleurs blanches sans irritation. La dose est une once de ce vin par jour. Cullen donnait la racine de bistorte en poudre, mêlée avec autant de
poudre de racine de gentiane, comme fébrifuge, à la dose de 4 cà 12 grammes par jour.
A l’extérieur, on s’en sert en gargarisme contre les mauxdegorge, les aphthes, et pour fortifier les gencives, et en injections contre les fissures à l’anus.
Décoction (racine concassée), 2S à 30 grammes par litre d’eau.
Poudre, 2 à 3 grammes dans du vin, du sirop ou du miel, comme tonique.