‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 3 sur 96 · HYGIÈNE POPULAIRE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE POPULAIRE

Tout ce qui a rapport à la conservation de la santé et aux recherches propres à prévenir les maladies s’appelle rinjglène.

L’hygiène a donc pour objet la connaissance des choses utiles et des choses nuisibles à l’homme.

On ne connaît bien les avantages de la santé que dans les horreurs de la maladie, il est bien plus aisé de la conserver que delà rétablir ; aussi l’étude de l’hygiène est la plus importante ; c’est dans ce sens qu’on répète tous les jours avec raison, que chacun doit être son médecin.

Sans la santé, à quoi servent les avantages de la vie? jouit-on au milieu des souffi’ances ? Biens, honneurs, plaisirs, dignités, considération, tout devient à charge à celui qui ne s’aperçoit de son existence que par les maux qu’il endure.

Les aliments, l’air, le chaud, le froid, les vêtements, l’habitation, le repos et l’exercice du corps et de l’esprit, la veille, le sommeil, les passions peuvent avoir une influence avantageuse ou nuisible sur la vie de l’homme.

DKS AI-IMEATS.

On entend par aliments toutes les matières qui peu

ent s assimiler a nos organes ei se convertir en noire

des aliments et la lempcrance son des sources abondantes de santé et de vie

de la conservation ni

e I une ni de 1 autre; il ne serait pas difficile de prou-

rei par une multitude de faits que la plupart des hommes périssent avant l’âge ou traînent péniblement leur Hc sops le poids de la douleur, pour s’ôtre livrés habituellement et avec excès aux plaisirs de la table ; et ceux qui, au contraire, se sont contentés d’une quanité d aliments simples proportionnée aux besoins du corps, ont joui de la meilleure santé et vécu le plus ongtemps. La nature et la qualité des aliments exercent une influence importante sur la santé. Une nourriture douce, légère et substantielle, convient aux personnes d’un tempérament délicat, aux convalescents aux vieiüards qui ne peuvent digérer, sans être incommodes; des aliments trop lourds, une forte nourriture conviennent au contraire, à toutes celles qui sont robustes, surtout SI elles se livrent à des travaux où le corps latigue beaucoup. Bien ne contrarie la digestion comme un mélange d’aliments de nature fort différente ; il est surtout mauvais de se charger l’estomac d’aliments crus, froids et venteux comme choux, pois, haricots, salade, radis, petites raves, pain frais, fruits verts ou mûrs. La plupart des fièvreset des irrita lions d’entrailles qu’éprouvent les ouvriers des villes et des carapapes, viennent du peu d’attention qu’ils mettent dans le choix de leur nourriture ; en sc chargeant l’estomac d une foule d’aliments de mauvaise qualité, ils éprouvent de fréquentes indigestions qui sont la cause de la plupart de leurs maladies.

Les aliments les moins nourrissants sont les fruits,

les racines, les tubercules, les légumes secs et les plantes potagères ; ces aliments conviennent, en général, lorsqu’on est échauffé par une nourriture trop succulente et toutes les fois qu’on est tourmenté par le sang et la bile.

La chair des animaux forme la nourriture la plus riche et la plus fortifiante ; aussi convient-elle toutes les fois qu’on a besoin de réparer les forces ; mais si on en fait un usage trop exclusif et trop abondant, elle augmente considérablement la quantité du sang, de la bile et de toutes les humeurs, rend le corps et l’esprit lourds et dispose à une foule de maladies.

11 convient en général à la santé que la nourriture ne consiste pas entièrement en viandes ou en substances végétales, mais qu’elle soit variée autant que possible : cependant il est des personnes qui se portent mieux de manger plus de viande que de légumes, et d’autres chez lesquelles le contraire a lieu, c’est l’expérience de notre tempérament qui doit nous guider en cette circonstance.

Le PAIN, aliment le plus substantiel, le plus universel, ne saurait demander trop d’attention pour l’avoir bon et salutaire. Le pain le meilleur est celui qui n est ni trop lourd, ni trop léger, qui est bien fermenté, cuit de la veille et qui est fait de bonne farine. Le pain de froment est préférable à tout autre, le pain de seigle nourrit moins et lâche le ventre ; un peu de seigle dans le pain de froment le rend plus relâchant.

Les malades, les convalescents et tous ceux qui ont l’estomac faible ou souffrant ne doivent manger que du pain de froment.

Le PAIN CHAUD ou TROP FRAIS, mangé en certaine quantité, peut donner lieu à des indigestions très-gra-

vas, lors même qu’on a bon estomac. Quant aux perunes qui ont 1 estomac faible ou malade, elles doi-

S lL?de!

La SOUPE est un bon aliment surtout pour les enfants et les personnes dont les travaux leur font éprouver e grandes fatigues. La soupeest nourrissante, rafraîchit e sang, calme et adoucit les intestins, contribue à la liberté du ventre; on peut en manger une grande quantité sans inconvénient, c’est ce qui en fait un aliment précieux pour l’ouvrier. Cette nourriture est surtout utile aux personnes maigres, d’un tempérament sec et nerveux. La soupe et les potages ne conviennent pas aux personnes d’un embonpoint excessif, à celles qui ayant la bouche toujours humide n’éprouvent jamais de soif.

La SOUPE GRASSE, quand elle est bien préparée et avec de bonne viande, est agréable au goût et excellente à la santé; aussi convient-elle à tous les tempéraments, aux convalescents, aux vieillards. Les pâtes, les fécules, le riz constituent les meilleurs potages.

La SOUPE AUX HERBES est rafraîchissante et nourrit peu : elle ne convient point aux personnes qui ont des cours de ventre, à celles qui ont l’estomac froid ou qui sont sujettes aux aigreurs. Cette soupe est bonne à la santé de.s enfants, des jeunes gens ; elle convient aux personnes d’un tempérament échauffé et allant difficilement du ventre.

La SOUPE AUX HARICOTS SECS Gst venteuse, elle est une bonne nourriture pour les personnes bien portantes; les malades n’en doivent jamais manger.

La SOUPE AU POTIRON, dans laquelle on fait entrer une certaine quantité de lait, est sucrée et très-adoucissante; c est le meilleur potage dont puissent faire usage les

personnes qui sont échaulïées ou qui ont une irritation vive dans 1 estomac, les intestins ou les poumons; elle convient encore aux personnes excessivement nerveuses. Mais ses qualités très-adoucissantes font aussi qu’elle gonfle l’estomac et donne des vents aux personnes faibles.

La SOUPE AU LAIT cst bonno pour les personnes qui ont la poitrine délicate, qui toussent habituellement et qui sont souvent enrhumées.

La PANADE convient beaucoup aux jeunes enfants. Les personnes indisposées, les convalescents et môme les malades, trouvent, dans la panade un aliment salutaire.

Les BOUILLIES faites avec des farines de froment, de sairasin, de pois, et avec lesquelles on nourrit généralement les enfants dans le bas-âge, sont une mauvaise nourriture qui, selon quelques médecins, et lorsqu’elle est excessive et longtemps continuée, favorise le développement des humeurs froides et toutes les difformités dont les enfants sont atteints. La meilleure nourriture pour cet âge est la panade claire, le vermicelle, la semoule, la fleur de riz.

Le CAFÉ AU LAIT est assez nourrissant et trés-léf^er; mais au lieu de donner des forces, il relâche les organes : aussi son usage habituel ne convient pas aux personnes faibles, ni aux filles ou femmes qui ont les pales couleurs ou les fleurs blanches.

Le CHOCOLAT convient en général à tous ceux qui

doivent se priver de café au lait. Cet aliment est forti-

liant et resserre l’estomac et les intestins; mais son

S nullement quand il y a irritation

clans les entrailles.

Les VIANDES BLANCHES sont moins écliauffantcs et

plus l(5ffères que les viandes noires, mais ces dernières sont plus nourrissantes. Celle de cochon est la plus indigeste des viandes dont on fait ordinairement usage.

Les VIANDES NOIRES nc conviennent pas aux nourrices, à ceux qui sont tom-mentés par le sang et la bile, aux jeunes gens et aux jeunes enfants. Elles conviennent, au contraire, aux personnes épuisées par les excès ou par les grandes fatigues, à celles qui ont peu de sang ou qui sont d’un tempérament mou et relâché.

Le BOEUF BOUILLI est un aliment sain et agréable au goût. Il est nourrissant.

Le MOUTON est d’une digestion assez difficile. Les malades ne doivent jamais en manger.

Le PORC FRAIS ou le lard salé cuit avec une soupe aux légumes est un aliment indigeste et malsain.

Le VEAU, le poulet, le dinde cuits à l’eau, afin d’en obtenir du bouillon, sont très-faciles à digérer. Les malades même peuvent en faire usage.

Les VIANDES RÔTIES les meilleures sont : le veau, le dinde, la caille, le chevreau. Elles sont d’une digestion facile et moins échauffantes que les viandes noires.

La GRILLADE DE COCHON est fort indigeste. On ne doit jamais en manger quand on éprouve une indisposition c[uelconque.

Le BIFTECK ne convient pas aux personnes malades ou dont l'estomac est faible. 11 est très-nourrissant pour celles en bonne santé.

Les YUNDES EN RAGOUT sont malsaines pour tout le monde. Elles sont échauffantes et indigestes. Les personnes qui sont faibles ou mal disposées doivent éviter d’en faire usage.

Les VIANDES SALÉES ET ÉPICÉES, c’est-â-dirc conservées au moyen du sel, des épices, de l’huile d’olive.

sont extrêmement échauffantes et doivent être mangées avec modération.

La FRAISE DE VEAU cst très-lourdc, mais elle est trèsnourrissante et même adoucissante. Elle ne peut être un bon aliment que pour les personnes qui la digèrent bien.

Les VIANDES DE CHARCUTERIE sont échauffantes et difficiles à digérer, et ne peuvent convenir qu’aux personnes robustes et bien portantes.

Les HERBES POTAGÈRES que l’on accommode, soit au gras, soit au maigre, ont également leur manière d’agir sur la santé.

L’oseille assaisonnée au gras ou au maigre est rafiTâcbissante. C’est un aliment qui convient aux personnes robustes, aux jeunes gens et aux enfants. Elle est nuisible aux individus qui éprouvent des aigreurs, des coliques ou des cours de ventre, à ceux qui ont la poitrine délicate et aux nourrices.

L’épinard, la chicorée, la laitue cuits au gras ou au maigre sont très-bons à la santé. Ils sont adoucissants, calmants, faciles à digérer, et conviennent à tous les estomacs.

Le CRESSON qui ne se mange qu’en salade ou en garniture est un aliment très-écbauffant. Les médecins en ordonnent l’usage dans presque toutes les maladies où il y a altération du sang.

L’asperge est un aliment salutaire et en même temps agréable, dont les malades et les convalescents peuvent faire usage.

L’artichaut, lorsqu’il est cuit, est nourrissant et de facile digestion, les convalescents peuvent en manger; mais, à la croque au sel, il est indigeste comme toutes les crudités.

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La POMME DE TERRE ost facile à digérer surtout quand elle est cuite simplement dans son enveloppe, sans aucun assaisonnement. Les convalescents peuvent en faire un usage modéré,

La POMME DE TERRE FRITE soulo cst indigeste, et les estomacs fatigués ou échauffés, ainsi que les personnes qui ont la poitrine irritée, doivent s’en abstenir.

La CAROTTE que l’on mange au gras ou au maigre, est la racine la plus salutaire dont l’homme puisse faire usage. C’est un aliment excellent pour les individus qui ont le sang échauffé, les intestins et l’estomac irrités, et le foie malade.

Le POIREAU a les mêmes qualités que la carotte.

L’oignon cuit au gras ou au maigre est extrêmement venteux. Les personnes délicates, dont les digestions sont difficiles, doivent s’en priver.

Les HARICOTS sont d’un usage très-étendu. Les estomacs robustes et bien constitués s’accommodent bien de ce légume assez difficile à digérer. Ceux à qui ils donnent des vents feront bien de s’en abstenir. Les haricots en purée sont moins sujets à occasionner des flatuosités.

Les LENTILLES ne se mangent que sèches. Elles sont venteuses, moins cependant que les haricots. Les personnes malades et celles qui souffrent de l’estomac doivent s’en abstenir.

Le LAIT est un excellent aliment. Il convient aux enfants, aux personnes d’un tempérament sec et nerveux, à celles qui ont l’estomac faible ou qui ont les entrailles irritées. Cet aliment est nuisible aux individus gras, aux vieillards, aux personnes qui se livrent à des travaux pénibles.

Les œuFS cuits durs resserrent beaucoup et sont très-indigestes et échauffants.

Les OEUFS MOLLETS soiit, au Contraire, très-nourrissants et conviennent à tout le monde sans exception, même aux malades qui peuvent prendre quelque nourriture.

Les ŒUFS EN OMELETTE ne peuvent être une nourriture convenable que pour les personnes en bonne santé. Ils sont d’une digestion très-difficile.

Les ŒUFS BROUILLÉS sont un mets léger et très-nourrissant. Les œufs cuits dans le vin sont échauffants.

Les ŒUFS AU LAIT et les crèmes de différentes sortes sont nourrissants et légers. Toutes les personnes faibles et souffrantes peuvent en manger avec modération.

Les POISSONS sont un excellent aliment môme pour les personnes qui sont délicates et celles qui sont souffrantes.

La GRENOUILLE cst pou nourrissante et légère ; les médecins la permettent aux malades dès que ceux-ci peuvent prendre quelque nourriture.

Les aliments que l’on met en fritures, comme les pommes de terre, les salsifis, les baignets, les grenouilles, les poissons, sont indigestes et quelquefois malsains. Ils ne conviennent aux malades à aucune condition.

Les aliments assaisonnés avec de l’huile et du vinaigre, conviennent aux tempéraments sanguins, aux individus forts et robustes, et aux ouvriers qui se livrent à des travaux qui les échauffent beaucoup. Ces aliments ne conviennent pas, au contraire, à ceux qui ont la poitrine délicate et qui toussent habituellement, à ceux qui digèrent difficilement parce qu’ils ont l’estomac et les intestins irrités.

Les herbes potagères que l’on met en salade ont aussi leur influence sur la santé.

Les SALADES DE LAITUE et dc DOUCETTE SODt IcS dIuS

lègèies de toutes celles que l’on fait avec les herbes potagères. ^

La SALADE DE PISSENLIT est rafraîchissante, favorise la liberté du ventre et purifie le sang.

La SALADE DE CRESSON cst échauffante et difficile à digérer.

La SALADE DE HARICOTS VERTS 6st très-facilo à digérer; celle des haricots secs est très-lourde et très-venteuse.

La SALADE DE POMMES DE TERRE CUitOS à l’étoulfée OU

dans la cendre est nourrissante et facile à digérer.

La SALADE DE BETTERAVE est sucrée et rafraîchissante, mais un peu relâchante.

Les fruits, à quelques exceptions près, sont calmants et rafraîchissants ; mais, mangés en trop grande quantité, ils produisent des indigestions, la dyssenterie, des fièvres internai lien les. Ces aliments, lorsqu’on en fait un usage modéré, sont bons à la santé et conviennent à tous les tempéraments.

Les AMANDES, les NOIX, les NOISETTES, D6 dolvent jamais être mangées que rarement et en petite quantité. Ces fruits qui sont lourds et échauffants ont pour effet tout particulier de faire tousser. Aussi sont-ils contraires aux personnes qui ont la poitrine délicate, les entrailles malades, et à celles sujettes au rhume et à la toux.

Les MARRONS ET LES CHATAIGNES sont des fruits lourds et un peu venteux, ceux qui ont l’estomac faible ne doivent en manger qu’avec modération.

On fait assez souvent cuire avant de les manger les pommes, les poires, les pruneaux.

La POMME CUITE est lourde pour les estomacs Iroids

rt affaiblis ; les personnes qui ont souvent la diarrhée doivent s’en priver. Elle est bonne au contraiie aux personnes d’un tempérament échauffé.

Les POIRES CUITES sont excellentes à la santé de tout le monde 5 elles sont rafraîchissantes et n ont pas, comme les pommes, l’inconvénient de relâcher le ventre.

Les PRUNEAUX CUITS soiit rafraîchissants ; ils conviennent aux convalescents chez lesquels il y a un grand échauffement des intestins qui les empêche d’aller à la selle.

On doit bien broyer les aliments avant de les avaler. La digestion commence dans la bouche et se perfectionne dans l’estomac; si les aliments sont mal triturés avant de descendre dans ce viscère, ils occasionnent des maux d’estomac, des vents, des glaires et toutes les suites funestes de ces incommodités.

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