‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 35 sur 96 · CHANVRE · texte numérisé non relu

CHANVRE

(Famille des Uriicées.)

Tout le monde connaît cette plante.

Propriétés, usages. Ghibille, praticien, dit avoir vu réussir l’infusion des feuilles de chanvre dans les rhumatismes chroniques ; il ajoute que les fleurs fraîches, appliquées en cataplasme, disposent les humeurs froides à leur résolution. Tode regarde l’infusion des feuilles comme un excellent moyen de calmer la vive irritation des voies urinaires qui accompagne les blennorrhagies très-inflammatoires. Sylvius Delaboé a guéri plusieurs malades de la jaunisse par les graines de chèneyis, cuites dans du lait de chèvre. Les feuilles de chanvre infusées dans du vin blanc provoquent les urines et l’écoulement menstruel.

CHELIDOINE.

Grande Éclaire (famille des Papaveracées.)

Description. Tige rameuse ; fleurs jaunes. Toute la plante donne un suc laiteux, jaunâtre, très-âcre, qui est \ rangé parmi les poisons. i

Lieux. Cette plante se rencontre le long des haies autour des puits, sur les vieilles murailles. !

Récolte. La chêlidoine qui a été cueillie dans un ter- : rain sec et sur les vieilles murailles est beaucoup plus

active que celle qui a crû dans les lieux humides et ombragés.

Propriétés, usages. La racine de cette plante coupée par morceaux, infusée ensuite dans du fort vinaigre avec du sel, fournit un bon remède pour bassiner les dartres. On fait usage de son suc pour détruire les verrues, poireaux et autres durillons.

CDENF,.

(Famille des Cupulifdrées.)

Qui ne connaît cet arbre le plus beau, le roi de nos forêts; il se trouve dans toutes les forêts de l’Europe.

Récolte. L’écorce du chêne doit être prise sur les branches de trois ou quatre ans, un peu avant la floraison qui a heu en avril ou mai. Les feuilles se récoltent pendant l’été, les glands dans l’automne.

Propriétés, usages. L’écorce, les fruits et les feuilles, parties du chêne usitées, sont toniques, astringents et lébrifuges.

L écorce est un puissant astringent qu’on emploie avec succès contre les diarrhées chroniques, les hémorrhagies passives, 1 hémoptysie ou crachement de sang les flueurs blanches sans irritation, les fièvres intermittentes, l’incontinence d’urine; c’est, ditM. Bossu, l’un de nos meilleurs fébrifuges indigènes, surtout si on lui associe la gentiane, la camomille, mélange qui a été décoré du nom de quinquina français.

Cazin a employé la poudre d’écorce de chêne mêlée avec du miel à la dose de 2 à 4 grammes, contre les

hémorrhagies utérines qui n’avaient cédi à aucun autre moyen.

 l’extérieur la décoction d’écorce de cliéne est fréquemment employée en lotions, en injections, contre les flueurs blanches, la chute du vagin, la gangrène, les ulcères.

Les feuilles de chêne infusées dans du vin rouge avec addition de miel, forment un gargarisme excellent contre le relâchement des gencives.

Les glands, cuits et réduits en poudre, étaient employés jadis contre la diarrhée. L’infusion de cette poudre est connue sous le nom de café de glands. Le café de glands est efficace dans les affections scrofuleuses, le carreau, la faiblesse des organes digestifs, la langueur des fonctions vitales, la colique venteuse.

Barras a guéri des douleurs d’estomac et desf-dyspepsies (on appelle ainsi l’habitude des mauvaises digestions) par l’usage de l’infusion sucrée de poudre de glands prise après le repas.

PRéPAUATIONS, DOSES.

Décoction (écorce), 8 à 20 grammes par litre d’eau pour l’intérieur.

Décoction. 30 à 60 grammes par litre d’eau à l’extérieur.

Infusion (poudre de glands), 30 à40 grammes par litre d’eau.

Gargarisme. Guller conseille, contre le mal de gorge, le gargarisme suivant : décoction concentrée d écorce de chêne une livre; alun un gramme; eau-de-vie 32 grammes.

Injection contre l’hémorrhagie du nez. Décoction de 15 grammes de tan dans un litre et demi d eau réduit à un litre, dans lequel on ajoute 2 grammes d alun . on injecte dans les narines.

CmCORÉE SAUVAGE.

(Famille des Synanthérées.)

Description. Tige droite, peu rameuse, parsemée de poils; feuilles profondément découpées , fleurs d’un joli bleu.

Lieux. Cette plante croît sur le bord des chemins ; on la cultive dans les jardins.

Récolte. La racine se récolte au mois de septembre; les feuilles au mois de juin. Il vaut mieux les employer fraîches que sèches.

Propriétés, usages. La chicorée sauvage est un remède domestique, un médicament simple, trop négligé; et cependant il en est peu d'aussi utile, d’aussi salutaire. Les anciens et les modernes s’accordent sur ses vertus; mais l’homme malade dédaigne les remèdes de son champ ou de son jardin. Une sorte de tisane préparée avec ses feuilles ou sa racine, à laquelle on ajoute un peu de miel, est bonne pour dompter les fièvresintermittentes de l’automne, contre lesquelles on a épuisé les plus puissants fébrifuges. On voit tous les jours les maladies de la peau, telles que les dartres, les éruptions, les rougeurs, résister à tout l’appareil pharmacologique, puis s amender par des méthodes plus douces, plus simples, empruntées à la famille des chicoracées. La chicorée sauvage, la laitue, le pissenlit, sont à la fois des remèdes et des aliments (Roques). La chicorée, dit Geoffroy, affermit les fihrcs relâchés de l’estomac; elle excite l’appétit et aide la digestion; elle purifie les conduits urinaires, elle facilite la transpiration. Suivant plusieurs praticiens, elle aurait été employée dans les

inflammations de la gorge et de la poitrine. La racine de chicorée opère des merveilles dans les obstructions des viscères et les maladies qui en dérivent. Si l’on en croit certains observateurs, une femme hystérique aurait été guérie par l’usage du suc de cette plante, la mélancolie aurait cédé à l’emploi des bouillons; et la décoction qu’on en prépare, soit seule, soit avec du lait, aurait eu les plus grands succès dans les fièvres lentes.

L’infusion ou une légère décoction des feuilles est une boisson calmante et rafraîchissante, qu’on peut employer avec avantage dans les embarras des premières voies. (Flore médicale). Cette plante est un peu dépurative, fondante et apéritive; on l’emploie très-fréjuemment dans l’atonie du canal intestinal, dans la jaunisse, les obstructions du foie (Bossu).

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (feuilles), 10 à 15 grammes par litre d’eau.

Décoction (racine), 15 à 30 grammes par litre d’eau.

Sirop de chicorée simple. On peut le faire avec le suc ou jus de la chicorée sauvage dépurée et partie égale de sucre blanc. On fait cuire en consistance de sirop. Il est apéritif et purifie le sang. On le donne, comme purgatif pour les enfants, à la dose de 8 à 40 grammes.

Tisane purgative. Faites infuser dans une décoction de chicorée, d’aigrémoine et de capillaire, 8 grammes de séné, et 32 grammes de tamarin ; passez le tout, et ajoutez 32 grammes de sirop de rhubarbe.

CHIENDEXT.

Chiendent des boutiques, froment rampant (famille des Graminées

Lieux. Le chiendent croît dans les lieux cultivés ou incultes et s’y propage si vite, qu’il envahit bientôt les terrains où il se montre, si l’on ne prend le soin de l’arracher.

Récolte. La racine de chiendent se récolte dans le mois de septembre, et après l’avoir battu pour enlever l’épiderme, on le fait sécher par petites bottes. Il est préférable de l’employer fraîche.

Propriétés, usages . Cette plante est émolliente, rafraîchissante, diurétique, apéritive, vulnéraire et fébriluge. La tisane faite avec de la racine de chiendent, peut être employée dans les maladies du foie, dans la jaunisse, ans les coliques qui sont dues à la présence de calculs biliaires, dans la néphrite, ainçi que dans les fièvres intermittentes. (F/ore médicale.) La tisane de chiendent est employée dans l’inflammation des reins, de la vessie, au commencement de la gravelle, les urines rares

en“S alTs ''

préparations, doses.

sanisur 20 en ver-

li n® eertaine

ansiw On V bouillante qm doit être jetée presque anss êt On yerse ensuite un litre d’eau que l’on fait bouillir lentement. On y ajoute de la réglisse, quelimcfcis on y associe l'orge on d’autres sabstances qui mLibcnt la propriété de celte boisson.

lisANE CORDIALE ET APÉRiTiYE. Prenez : racines de chiendent, d’ache, de persil, de fenouil, d’asperge, de chacune 16 grammes, feuilles de laitue, de chicorée, d’aigrémoine, de chacune une poignée; fleurs de buglosse, de bourrache, de violette, de chicorée, de chacune une pincée; faites bouillir le tout dans trois litres d’eau jusqu’à réduction de moitié ; passez, et ajoutez un peu de sirop de violette pour rendre cette tisane plus agréable.

Infusion contre la rétention d’urine. Prenez ; racines de chiendent, de persil, de chacune 16 grammes; 1)aies de genièvre concassées 2 grammes, fleurs de millepertuis 2 pincées ; faites infuser le tout dans deux litres de vin blanc pendant vingt-quatre heures dans un vase bien bouché; passez, et ajoutez 60 à 70 grammes de sucre, à prendre le matin et le soir.

Remède contre la gravelle. Faites bouillir dans un litre d’eau, pendant un quart d’heure, une poignée de racine de chiendent; ajoutez-yun peu de racines de fraisier, d’oseille, de pissenlit et de feuilles d’aigrémoine; faites bouillir quelques minutes; passez et laissez refroidir, à prendre pour boisson ordinaire.

Page 1