CITROUILLE
Courge, potiron (famille des Cucurbitacées).
Description. Tige creuse, portant sur terre, fragile, velue et garnie de feuilles découpées; fleurs jaunes, formées en cloche.
Lieux. Cette plante est cultivée dans tous les jardins pour les besoins économiques.
Propriétés, usages. La chair de la citrouille est humectante, pectorale et rafraîchissante. Prise en décoction elle est propre à tempérer la chaleur des entrailles. Selon Mathiole les feuilles vertes appliquées sur les mamelles des nouvelles accouchées leur font perdre le lait. La citrouille pilée crue et appliquée en cataplasme, apaise et guérit les brûlures. La graine de ce fruit bouillie dans l’eau adoucit et rafraîchit le sang; elle tempère l’ardeur de l’urine, le calcul, l’ulcération des reins et de la vessie.
PRÉPARATIONS, DOSES
Lavement rafraîchissant. Ecrasez et faites bouillir dans 250 grammes de petit lait ordinaire, 32 grammes (1 once) de la chair de citrouille ; lorsque le tout est réduit d’un tiers, on passe par un linge. Ce lavement, e.st utile dans les cas d’irritation et de chaleur intestinale.
COCHLÉAIUtA.
Herbe aux cuillers (famille des Crucifères.)
Description. Tiges inclinées, rameuses, vertes et dépourvues de poils; feuilles d’un vert foncé; fleurs blanches, ramassées en bouquet court.
Lieux. Cette plante habite les côtes maritimes; elle croît spontanément sur les Pyrénées. On la cultive dans les jardins comme un antiscorbutique précieux, elle fleurit en mai et juillet.
Récolte. Le cochléaria perd, par la dessiccation, une grande partie de sa propriété , on le cueille pendant sa floraison et on l’emploie à l’état frais.
Propriétés, usages. Cette plante, dit Bossu, est évidemment excitante ; c’est, après le raifort, l’antiscorbutique le plus puissant; elle convient, en infusion, dans la cachéxie, les affections scrofuleuses; dans les catarrhes pulmonaires avec sécrétion abondante des bronches, l’asthme, des maladies chroniques de la peau.
Cazin recommande le mélange à partie égale de jus de cochléaria, de trèfle d’eau, de cresson dans les affections scorbutiques arrivées même au plus haut degré et caractérisées par l’altération du sang.
Dubois de Rochefort a vanté son usage dans les maladies calculeuses ; Stalh, dans les fièvres quartes ; Sydenham, dans le rhumatisme chronique vague ; Roques, dansquelques paralysies, les fièvres intermittentes d’automne, l’hydropisie, les dartres. Mais il faut se garder de l’employer quand il y a irritation inflammatoire, dans les toux sèches, les crachements de sang, les palpitations, les congestions sanguines au cerveau (Cazin).
A l’extérieur les feuilles se montrent utiles étant appliquées sur les ulcères scorbutiques; elles sont d’un fréquent usage, comme masticatoire, pour remédier au gonflement des gencives et pour les fortifier ; elles doivent être fraîches et nouvellement cueillies. On s’en sert pour nettoyer les dents.
Le suc ou jus decochléaria étendu dans l’eau, convient en gargarisme, pour nettoyer et raffermir les gencives scorbutiques.
PRÉPAnATIONS, DOSES.
Infusion (feuilles). 20 à 40 gr. par litre d’eau, de bière, devin, de lait, ou de petit lait.
Suc CONTRE LE SCORBUT. Feuüles récentes decochléaria et d’ortie, de chaque deux poignées; racines de raifort sauvage ratissées quatre onces; piler, puis exprimer le jus qu’on môle avec du sucre blanc pour en prendre quatre fois par jour.
Recette d’une liqueur souveraine pour guérir les
MAUX de dents, les CONSERVER ET FORTIFIER LES GENCIVES.
Prenez : romarin, cochléaria, sauge, de chaque 60 grammes. Le tout en herbe fraîche hachée grossièrement ; citron coupé par tranches, cannelle pulvérisée 8 grammes; mettez ces drogues dans une cruche contenant 1 litre d’eau-de-vie de Cognac; bouchez bien cette cruche et laissez infuser pendant un mois ; agitez ce mélange de temps en temps et passez.
On se lave la bouche tous les matins avec 8 ou 10 gouttes de cette liqueur dans une cuillerée d’eau tiède. Quand on a mal aux dents il faut se laver la bouche avec cette liqueur pure et la garder le plus longtemps possible. Celte préparation prévient la carie des dents et raffermit les gencives.
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COIGA ASSIED.
(Famille des Rosacées.)
Lieux. Cet arbre est cultivé dans toute la France; ses ^fruits et ses graines sont estimés.
Propriétés, usages. Les coings sont stomachicjues, astringents et nourrissants. La décoction, la gelée ou le sirop conviennent dans les faiblesses des organes digestifs, la diarrhée, la dyssenterie chronique, l’hémoptysie ou crachement de sang, les vomissements.
Les pépins ou semences de coings sont adoucissants; on en fait un remède excellent pour les hémorroïdes, en les faisant bouillir dans du lait après les avoir dépouillés de leur écorce; on en emplit des petits sachets de toile qu’on applique chaudement sur les hémorroïdes et qu’on renouvelle de demi-heure en demi-heure (Chomel) . La décoction des pépins est employée à l’intérieur dans les irritations des voies digestives et urinaires; dans la bronchite et la diarrhée.
Cazin a donné avec succès aux enfants atteints de diarrhées abondantes, une mixture composée de sirop de coing (30 grammes) et d’infusion concentrée desau^e (60 grammes). °
Les feuilles sont estimées par les habitants de la campagne pour dessécher les vieux ulcères; ils les appliquent après les avoir fait tremper dans du vin chaud.
^ Le bois est donné en décoction dans les dévoiements invétérés.
PRÉPARATIONS, DOSES
Décoction. Coings coupés par morceaux et pépins
dans suffisante quanlilô d’eau contre les diarrhées chroniques et le crachement de sang.
Suc ou JUS. Mêlé avec l’eau de menthe et un peu d’eau de cannelle pour arrêter le vomissement.
Yin de coings. On l’obtient par l’infusion dans le vin de ce fruit divisé par tranches. 11 convient dans la faiblesse générale,dans les convalescences; mais il a l’inconvénient de produire la constipation. Ce vin est emploj'ô à l’extérieur pour le relâchement du vagin, les chutes de matrice, le boursoufflement des gencives (Cazin).
Sirop. Vous râpez suffisante quantité de coings ; vous passez par un linge, et vous mettez le jus dans un vase; vous ajoutez partie égale de sucre blanc et vous faites cuire ce mélange jusqu’à consistance de siiop.
Pommade contre la brulure. Faites bouillir une pincée de pépins de coings dans un demi-verre d eau ; mêlez avec partie égale de graisse de porc récente fondue et un peu camphrée; appliquez cette pommade sur un linge recouvert ensuite d’une épaisse carde de coton , renouvelez toutes les vingt-quatre heui es.
CONSOL'DE (grande).
Oreille d’âne (famille des Borraginées).
Description. Tige dressée un peu branchue et velue; feuilles dures au toucher et velues; ffeurs dun blanc jaunâtre ou d’une teinte purpurine.
Lieux. Cette plante est très-commune dans les lieux humides. Elle se trouve dans les prés, sur le bord des ruisseaux.
UÉcüLTE. On se procure en tout temps, pour i cm-
ployer fraîche, la racine de grande consoude. Si on vent la fairesôcher, on la coupe par Iranchessur sa longueur.
Propbiétks, usages. La racine de grande consoude est adoucissante, ômolliente, béchique et astringente. On l’emploie dans l’hémoptysie (crachement de sang), l’hématurie (pissement de sang), les catarrhes, la diarrhée et vers la fin de la dyssenterie {Flore médicale).
M. le docteur Roques rapporte avoir soigné, pendant dix-huit ans, un vieillard sujet aux catarrhes pulmonaires et aux crachements de sang, qui a toujours été soulagé soit par le sirop de grande consoude, soit par la tisane faite avec la racine de la même plante. Ce docteur ajoute que cette tisane avec le sirop de gomme arabique et le suc de citron, lui ont souven t réussi dans le crachement de sang des vieillards et des personnes délicates.
Chomel dit que pour calmer les douleurs de la goutte, il faut faire bouillir la racine de grande consoude et l’appliquer en cataplasme sur le mal, le plus chaudement qu’il sera possible.
Suivant M. Gazin, on calme et l’on guérit môme les gerçures du sein chez les nourrices, en introduisant le mamelon dans un morceau de racine de grande consoude creusé en forme de dé à coudre.
La racine récemment coupée et râpée s’emploie pour opérer la réunion des plaies et des contusions.
PRÉPARATIONS, DOSES
Décoction (racine). 15 à 30 grammes par litre d’eau en tisane. Si l’on se sert de racine sèche, il faut la dépouiller de son écorce. Si la décoction a bouilli trop longtemps, elle devient indigeste. Il ne faut point la faire dans un vase de fer.
Cataplasme coîntre la chute du fondement. Racine de grande confonde pilôe avec de la farine d’orobe, de chacune parties égales : faire cuire le tout avec une suffisante quantité de gros vin rouge ou d’eau de forgeron en consistance de cataplasme que l’on réitérera suivant le besoin.
Sirop de gonsoude de Fernel. Prenez : sommités et racines de grande consoude, une poignée; roses rouges, bétoine, plantain, pimprenelle, scabieuse, pas-d’âne, de chacun deux poignées; pilez le tout en commençant par les racines ; exprimez par un linge pour en tirer le suc ; faites bouillir la liqueur et passez ; ajoutez deux livres et demie de sucre, et faites cuire ensuite à consistance de sirop.
Il est bon pour arrêter les crachements de sang et les .autres hémorrhagies. Il fortifie les poumons et la poitrine, et modère les cours de ventre.
Entorses guéries instantanément. On couvre de suite l’articulation d’un cataplasme fait avec de la grande consoude ratissée, imbibée d’huile.