VALÉRIANE
Petite valériane, valériane sauvage, herbe aux chats (.famille des
Valérianées).
Description. Tige élevée, droite, ronde et herbacée ; feuilles vertes, incisées profondément et velues à la surface inférieure ; fleurs petites, d’une odeur agréable, d’une couleur blanche purpurine, et placées en bouquets au sommet de la tige ; racine d une odeur infecte et désagréable. Elle fleurit depuis le mois de juin jusqu’au mois d’octobre.
Lieux. Cette plante croît dans les lieux un peu humides, au bord des eaux. Celle qui croît dans les montagnes et les lieux secs est préférable.
Récolte. La racine, seule partie employée, se récolte au printemps, avant la pousse des tiges. On la choisit bien grasse et bien nourrie, ayant deux ou trois ans d’âge i on la nettoie bien et on la fait sécher à l’ombre.
Propriétés, usages. La racine de valériane est antispasmodique, vermifuge et fébrifuge. On l’administre avec avantage dans toutes les maladies qui ont leur
siège dans le système nerveux, dans les affections morales, l’hystérie, la chorée ou danse de Saint-Guy, l’hypocondrie, la migraine, l’asthme convulsif, le tremblement des membres, le hoquet opiniâtre, la gastralgie (ou crampes d’estomac), les palpitations nerveuses, les convulsions des enfants, les flatuosités ou vents. Elle a été regardée comme spécifique contre la plus cruelle des maladies, l’épilepsie. Scopoli, Gilibert, Chomel, Sauvage, assurent avoir guéri plusieurs épilepsies par l’administration de la racine de valériane.
PRÉPARATIONS, ROSES
Infusion (racine), 15 à 30 grammes par litre d’eau.
Poudre, 4 à 30 grammes dans l’eau ou le vin.
VÉLAR.
Herbe au chantre, tortelle, moutarde des haies (famille des Crucifères).
Description. Tige rougeâtre et velue ; feuilles jaunes disposées en croix.
Lieux. Celte plante se trouve partout sous nos pas, dans les terrains pierreux, le long des haies, des murailles.
Récolte. Elle se fait en mars et avril pour les fleurs ; dans l’été pour les feuilles.
Propriétés, usages. On emploie les feuilles en infusion ou en décoction comme toniques, expectorantes, dans les catarrhes pulmonaires, chroniques, la toux invétérée, l’enrouement. Le sirop de vélar, dit Cazin, était très-employé dans le siècle dernier. On l’a abandonné dans la médecine urbaine, comme tant d’autres
prôparations d une utililc incontestable, pour la remplacer par d’autres moins efficaces et d’un prix, plus élevé. Ne vaudrait-il pas mieux lui rendre sa place dans nos pharmacies, que d’y perpétuer les dépôts coûteux des sirops de Lamouroux, de nafé d’Arabie, etc., que le charlatanisme accrédite et que l’on emploie autant par habitude que par conviction.
prépahations, doses.
Infusion (teuilles), 30 à 60 grammes par litre d’eau. Boisson expectorante.
Sirop. Prenez : feuilles et fleurs de vélar, de chaque une poignée ; réglisse, de 4 à 6 grammes. Laissez bouillir le tout jusqu’à réduction d’un tiers, passez, ajoutez 260 grammes de sucre blanc, et faites cuire en consistance de sirop. On emploie ce sirop contre la toux invétérée et l’enrouement.
véronique.
Véronique olïlcinale, thé d’Europe (famille des Scrofulariées).
Description. Tige couchée, petite, noueuse et velue ; feuilles ovales, dentées et velues; fleurs d’un bleu pâle.
Lieux. Cette plante vivace croît dans les bois, sur les coteaux arides de toute la France.
Récolte. Elle se fait pendant ou après la floraison. On doit rejeter toutes les feuilles noires ou rouges.
Propriétés, usages. La véronique est stomachique, cordiale, digestive et vulnéraire. Elle a été longtemps en usage et est encore employée aujourd’hui contre la
toux, l’asthme, la phthisie pulmonaire, les affections chroniques de k poitrine. On l’a vantée contre les affections scrofuleuses, les maladies de la peau, le scorbut, le crachement de sang.
PRÉPAnATIONS, DOSES.
Infusion, 15 à 25 grammes par litre d’eau.
Suc CONTRE LE CRACHEMENT ET LE PISSEMENT DE SANG.
Jus de Véronique, de lierre terrestre, de cerfeuil, de chaque 6 onces ; sirop de lierre terrestre, 1 once. Partagez en six doses à prendre de quatre heures en quatre heures en breuvage. Il nettoie les ulcères internes.
VERTEINE.
Herbe sacrée (famille des Verbénacées).
Description. Tige carrée, un peu rameuse ; feuilles étroites d un vert pâle, incisées profondément; fleurs d’un violet pâle, disposées en épis.
Lieux. Cette plante est commune sur le bord des chemins, dans les lieux incultes, où elle fleurit au mois de juin.
Récolte. Il faut la cueillir avant la floraison et choisir les tiges bien garnies de feuilles.
^ Propriétés, usages. La verveine, aux yeux des anciens, jouissait de propriétés merveilleuses. On ne l’emploie plus guère aujourd’hui que sous forme de cataplasme, pour le lumbago (douleur des reins), les douleurs rhumatismales, les points decôté. Pour cette préparation, on fricasse, suivant l’expression populaire la verveine dans le vinaigre et l’on applique le cataplasme sur le point de côté. La verveine fraîche, pilée et
appliquée sur les engorgemenls sanguins, suite de coups ou de chute, les dissout promptement.
Le savant Stard ordonnait dans l’otalgie (douleur nerveuse de l’oreille) un cataplasme fait avec des tiges de verveine écrasées, cuites dans du lait et mêlées avec de la farine de graine de lin, qu’il faisait appliquer sur la joue et l’oreille, du côté malade. En même temps, il faisait mettre dans une fiole, 12 grammes de liqueur minérale anodine d’Hoffmann avec 16 grammes d’eau. On plongeait cette fiole dans l’eau chaude et on plaçait ensuite son extrémité ouverte près de l’oreille, de manière que la vapeur qui se dégageait pénétrât dans le conduit auditif.