‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 91 sur 96 · VIGNE · texte numérisé non relu

VIGNE

(Famille des Viniférées.)

La vigne cultivée, originaire d’Asie, est acclimatée depuis plus de vingt siècles dans nos contrées.

Récolte. On récolte les feuilles au mois d’aoùt, et on les fait sécher à l’ombre.

Propriétés, usages. Cette plante précieuse donne des produits rafraîchissants, laxatifs, diurétiques, asr tringents et toniques. Les feuilles de vigne sont astringentes j on les a employées, en décoction, dans la dyssenterie, la diarrhée chronique (Gaz in). Le Journal des sciences médicales constate trois cas d’hémorrhagie utérine, dans lesquels l’usage des feuilles de vigne de muscat noir séchées à l’ombre et pulvérisées à la dose de quatre grammes, a été couronné de succès. Le docteur Fenuglio de Turin cite un cas d’hémorrhagie nasale, instantanément débarrassé, au moyen de la poudre de feuilles de vigne, prise en guise de tabac. Le suc de rai-

sin encore vert (verjus) est fortement acicie et astringent. On en prépare une boisson tempérante (100 à 200 gr. par litre d’eau) qui convient dans les maladies inflammatoires, les irritations gastro-intestinales, les fièvres bilieuses, les diarrhées légères. On l’emploie aussi en gargarisme contre le ramollissement des gencives, le relâchement de la luette, et au début et à la fin des angines.

Les raisins frais et mûrs ont une saveur délicieuse; ils sontnourrissants,rafraîchissantset légèrement purgatifs; ils conviennent aux personnes d’une constitution sèche et irritable; aux tempéraments sanguins ou bilieux; dans les maladies inflammatoires, les fièvres bilieuses. Mangés abondamment, les raisins ont guéri des engorgements des viscères abdominaux, des maladies cutanées chroniques. On a vu d’heureux effets dans l’hypocondrie, l’hystérie, les affections des voies urinaires avec irritation ; les diarrhées, les dyssenteries, les hémorrhagies. Pris avec excès, ils peuvent produire la colique, la diarrhée, la dyssenterie.

Le marc qui reste après l’expression des raisins et qui acquiert souvent une température de 30 degrés, est stimulant, aromatique. On l’emploie en bains en y plongeant la partie malade pendant une heure ou deux, contre les douleurs rhumatismales, l’ankylose, les rétractions musculaires, la sciatique, la paralysie, la faiblesse des membres.

Les raisins secs, plus sucrés que les raisins frais, sont béchiques, émollients et relâchants. On les prescrit en décoction dans les catarrhes et les inflammations des organes de la respiration. (Gazin).

Sirop de verjus contre les esquinancies, les maux

DE GORGE ET LES APHTHES DE LA BOUCHE. Prendre du

verjus, le piler et le passer à travers un linge que l’on

tordra avec force jusqu’à ce que l’on obtienne environ un litre de jus ; mêler au jus une livre de miel ; mettre le tout soit dans un vase neuf de terre vernissé, soit dans une casserole nouvellement élamée; exposer à un feu doux, et laisser cuire jusqu’à réduction de moitié; retirer du feu avec précaution. Dès que le liquide est 2'efroidi le mettre en bouteille et le bien boucher. Dans les maux de gorge on met une demi-cuillerée de ce sirop dans un verre d’eau, et l’on fait boire un verre semblable toutes les deux heures. Dans les aphthes on met une grande cuillerée de ce sirop dans un demi verre d’eau et l’on se gargarise souvent avec ce liquide.

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