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CHAPITRE III Épithélium vibratile

Il existe sur certaines membranes muqueuses, en parliculier dans les voies aériennes, c’est-à-dire dans les bronches, dans la trachée, le larynx et les fosses nasales de l’homme, des mammifères et d’autres animaux vertébrés, une couche continue de cellules qui sont caractérisées au microscope par la présence de petits cils parallèles qui traversent un plateau percé de trous et qui paraissent se rendre dans le protoplasma contractile c e chaque cellule (fig. 34); les cils sont animés d un mouvement oscillatoire dont les deux phases, celle d abaissement et celle de relèvement, sont très differentes, la première étant beaucoup plus active que la seconde. On peut comparer ce mouvement à celui des rames qui sont actionnées par les bras de l’homme : le déplacement de l’eau qui fait progresser la barque est bien plus enei gique que celui qui consiste à relever la rame; .1 en resuite que si des corps étrangers, des poussières de charbon, par exemple, pénètrent dans les voies aériennes e mouvement prépondérant des cils ayant lieu de 1 intérieur à l’extérieur, les poussières sont rejetees au bout d’un certain temps et viennent se reunir dans les fosses

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nasales, d’où elles peuvent être expulsées au dehors avec une certaine quantité de mucus.

Mais il arrive bien souvent que l’action des cils est insuffisante, par exemple chez les mineurs qui extraient la houille, chez les charbonniers qui tamisent le charbon de bois et en séparent la poussière, qui flotte dans l’air.

« La plupart des poumons humains sont normalement marbrés de noir (anthracose physiologique). Cette coloration est due à la présence du charbon apporté dans le poumon par l’air de la respiration. Le charbon pulmo-

naire provient surtout de la combustion des matières qui servent au chauffage et à l’éclairage et auxquelles se mélangent des poussières diverses en suspension dans l’air. Dans les villes, dans les centres industriels, c’est la fumée des usines, la poussière des rues, produisant un mélange de particules charbonneuses, siliceuses, animales ou végétales. Ce sont les particules charbonneuses qui l’emportent dans l’immense majorité des cas. Leur pénétration est lente; cependant Parrot les a déjà constatées dans les pourrions d’enfants âgés seulement de quelques mois. La coloration noire s’apprécie plus facilement chez l’adulte et surtout chez le vieillard.

« En somme, comme le fait remarquer Charcot , cette anlhracose est dite à l)on droit physiologique, puisque, se produisant dans les conditions ordinaires de la vie, elle ne s’accompagne ni de troubles fonctionnels ni de modifications de structure qui dépassent les limites du domaine physiologique. » (Extrait du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique du professeur Jaccoud.)

Dans certains cas, l’accumulation trop grande de poussières dans les poumons a donné lieu à des accidents graves et même mortels.

Démonstration du mouvement ciliaire. — Lorsque le physiologiste veut montrer le mouvement ciliaire, il choisit souvent des moules fraîches dont les branchies sont couvertes d’un épithélium à cils vibratiles, que l’on examine au microscope après avoir séparé avec des ciseaux fins quelques lamelles branchiales ; les cils environnés d’eau de mer se meuvent régulièrement et rappellent le mouvement imprimé par le vent aux épis dans un champ de blé; si quelques cellules se détachent, elles se meuvent dans le liquide ambiant comme des infusoires ciliés; l’addition à la préparation de quelques gouttes d’eau iodée arrête le mouvement et permet d’apercevoir les cils parallèles et immobilisés.

Pour démontrer le mouvement ciliaire, le physiologiste utilise presque tou jours la membrane muqueuse qui est la tunique la plus interne de l’œsophage de la grenouille : l’animal est sacrifié par section de la tête; on détruit avec un stylet la moelle épinière et le cerveau pour anéantir la sensibilité. Ce procédé pourrait être employé bien souvent pour éviter la douleur chez les animaux sacrifiés pour l’alimentation.

J’ai vu dans mes voyages que des anguilles très vives, le congre anguille de mer ou l’anguille d’eau douce, saisies par les marchands de poisson, étaient violemment lancées sui‘ un sol de ]>avé, ce qui doit occasionner aux animaux de bien vives douleurs, durant peut-être un certain temps; il vaudrait mieux certainement sectionner la

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tête et détruire le cerveau et la moelle avec un long fil métallique, ce qui n’aurait pas l’inconvénient de léser la substance musculaire ; j’ajouterai que les grenouilles destinées à l’alimentation sont coupées par le milieu du ventre, et la partie antérieure, abandonnée sur le sol, peut encore se traîner pendant un ou plusieurs jours. Il serait préférable de leur faire subir la même opération, qui anéantit la sensibilité, avant de détacher les pattes postérieures, qui sont séparées et qui, soumises à la cuisson, constituent un aliment léger, facile à digérer et d’une saveur agréable.

Revenons à la préparation de l’oesophage de grenouille :

ce canal est coupé transversalement près de la cavité buccale, et une section faite au milieu de l’estomac permet de le détacher complètement. On le fend avec les ciseaux parallèlement à l’axe; sur un petit morceau de liège de forme rectangulaire, on tend la membrane muqueuse de l’œsophage, de manière à ne

laisser aucun pli, à l’aide de 35. — Appareil de Gréhant

f . pour la projection du mouve-

petites epmgles enfoncées sur „,ent ciliaire, les parois latérales du liège.

Le premier essai à faire, c’est de prendre avec la pointe d’un scalpel un peu de noir de fumée que l’on dépose sur la membrane du côté buccal; on voit aussitôt les

particules de charbon se mouvoir sur la muqueuse jusqu’à l’estomac, qui est dépourvu de cils : on reconnaît ainsi l’activité du mouvement ciliaire.

Si le déplacement du charbon n’a pas lieu, on rejette la membrane et on en prépare une autre.

M. le docteur Galliburcès, élève de Claude Bernard, est le premier physiologiste qui ait imaginé de faire tourner ])ar le mouvement ciliaire un petit axe horizontal mobile sur pointes; il a démontré la rotation de l’axe à l’aide d’une aiguille perpendiculaire à sa direction et se mouvant sur un cadran. Les cils marchent dans l’œsophage de la grenouille de la bouche vers l’estomac, comme l’indique le sens de la rotation de l’aiguille.

Appareil à cils vibratiles du docteur Gréhant pour la projection. — H y a bien des années que j’ai fait construire par M. Pellin un appareil servant à démontrer le mouvement ciliaire en projection (fîg. 35). Un axe horizontal très léger en aluminium portant une aiguille se mouvant sur un cadran de verre transparent et mobile sur pointes, comme le cylindre de Marey, est disposé au-dessus d’une petite plate-forme horizontale, que l’on peut abaisser ou élever à l’aide d’une vis à crémaillère ; sur cette surface métallique, qui peut glisser dans deux rainures, on place une plaque de liège maintenue par quatre pointes, sur laquelle on fixe la préparation de l’œsophage : le point délicat, c’est l’application de l’axe sur les cils, que l’on obtient à l’aide de la crémaillère ; il faut que les cils touchent l’axe et le fassent tourner, sans qu’il y ait écrasement de la membrane. Un cône lumineux donné par une lanterne à projection et une lentille convergente achromatique convenablement disposée font apparaître l’aiguille et le cadran sur un écran placé à plusieurs mètres.

Au bout de quelques minutes de rotation, on constate que le mouvement s’arrête : c’est qu’il existe dans la muqueuse des glandes sécrétant des filaments de mucus qui se collent sur l’axe et l’empêchent de tourner; il faut alors enlever la préparation et l’immerger dans l’eau

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