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CHAPITRE PREMIER Appareil digestif de l’homme

Je ne puis donner ici qu’en résumé la description de l’appareil digestif de l’homme, et j’engage mes lecteurs à visiter nos riches collections d’anatomie comparée, rue de Buffon, où ils pourront, sur des préparations très bien faites, reconnaître toutes les formes et la structure des diverses parties de cet appareil cjui joue un rôle si fondamental, en nous permettant de conserver, par une alimentation rationnelle et suffisante, notre énergie intellectuelle et physique. La figure ci-jointe (fig. 40) représente l’ensemble de notre appareil digestif : on y voit l’ouverture buccale entourée de muscles servant à la préhension des aliments; les dents (fig. 41), c|ui sont au nombre de 20 dans la première dentition et de 32 chez l’homme adulte (fig. 42); la cavité buccale, renfermant la langue, organe du goût qui est en même temps essentiellement musculaire et sert à la déglutition.

Je ne puis trop recommander de soumettre les aliments à une mastication suffisante pour que leur division soit aussi complète que possible, et que, pendant le séjour dans la cavité buccale, le bol alimentaire soit imbibé de salive sécrétée par trois paires de glandes salivaires, les parotides, les sublinguales et les sous- maxillaires, et par de nombreuses glaiidiiles situées dans la muqueuse buccale (fig. 43),

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Les aliments, portés par la langue clans le pharynx, passent au-dessous du voile du palais, qui est relevé, sont saisis par les muscles constricteurs du ]>harynx et pénètrent dans l’œsophage, canal musculaire dont les contractions, non soumises à la volonté, font progresser le bol alimentaire à travers le thorax et le muscle diaphragme jusqu’à l’estomac, par l’ouverture appelée cardia.

L’estomac a la forme d’une cornemuse (fig.

44); il est formé de plusieurs membranes, l'une extérieure, l’une moyenne, formée de fibres musculaires , formant des eercles ou des anses en forme de <S, et une tunique interne ou muf|ueuse, dont l’épaisseur est d’un millimètre environ et dont la strueture est très comjiliejuée; la tunique extérieure est recouverte ])ar un repli du péri-

Fi". 40. — Enscml)le de l’appareil digestif de l’Iioinme.

a, Innsne; b, laivnx; r. rnsoiilirifço femlu; d, csloinac; <•, iiilesliii : c’ . apiHMiilice : f, gros iiiles-

liii cl lecLuiii ; <j, l’oie; k, vésicule biliaiic.

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toine, meml)rane séreuse qui forme l’épiploon et qui tapisse tous les viscères contenus dans ral)domen et les parois de celte cavité.

Fig. 41. — Moitié de l’os maxillaire inCérieur avec huit dents.

L’estomac reçoit des vaisseaux sanguins artériels, qui entourent les bords entre deux lames péritonéales, et les veines qui en partent se rendent à la veine porte, qui pénètre dans le foie.

p’ig. 42. — Du droite à gauche : 2 incisives, 1 canine, 2 petites molaires,

3 grosses molaires.

L’étude histologique de la muqueuse offre un vif intérêt ; quand on fait une coupe mince de celle membrane, on découvre au microscope une foule de glandes en tubes (fig. 45), dont chacune renferme des cellules glandulaires qui sécrètent par un canal central fort étroil un liquide

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spécial, le suc gaslrique, dont le rôle dans la digestion est, nous le verrons, de la plus haute importance.

L’estomac n’est pas un organe inerte; ses parois, étant musculaires, sont mises en mouvement ]>ar les contractions des libres lisses et brassent constamment le con-

Fig, 43. — Les glandes salivaires.

P, glamie paroliilc ; Sc, r uial do Stonon ; hîS, glande sous-niaxillaii e ; y, glande suljlinguale.

tenu, mélange de solides et de liq uides introduits par les potages et les boissons, de sorte que les surfaces de contact de la muqueuse et du contenu sont constaniment renouvelées. Pour un bon fonctionnement de cet organe il faut une dislensiou moyenne, et non pas une distension extrême, cunnue il arrive chez les bommes ou les animaux

qui mangent gloutonnement. Un jour, dans le laboratoire de Claude Bernard au Collège de France, un chien mourut sans que je pusse me rendre compte de la cause de la mort. Je fis l’autopsie, et je découvris un estomac énorme, qui renfermait au moins deux kilogrammes de viande en gros morceaux; celte réplétion du viscère avait gêné évidemment les mouvements du diaphragme, avait comprimé les poumons et produit l’asphyxie.

La seconde ouverture de l’estomac est le pylore, qui

Fig. 44. — Estomac.

a, cai'ilia; b, i)ylore; c, libres musculaires.

réunit ce viscère à l’intestin grêle, dont la longueur est très grande et qui est réuni par une membrane qui l’enveloppe et qui est formée de deux feuillets accolés, le mésentère, entre lesquels se trouvent des artères, les branches des artères mésentérique supérieure et mésentérique inférieure provenant de l’aorte abdominale. Les plus petites artères pénètrent dans les ])arois de l’intestin, se terminent dans les réseaux capillaires très riches, desquels naissent les veines mésentériques, qui se réunissent entre elles en troncs volumineux qui vont se terminer dans la veine porte, dont j’ai déjà parlé. Les membranes qui forment l’intestin sont une membrane extérieure mince recouverte par le mésentère (du péritoine), plusieurs

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couches de fibres musculaires lisses longitudinales ou circulaires, qui en se contractant déterminent les mouvements de l’intestin dont nous n avons pas conscience, mais qui font circuler les aliments déjà en partie digérés.

En dedans des couches musculaires, nous trouvons une muqueuse recouverte de villosités (fig. 46) qui , examinées au microscope, nous présentent un épithélium extérieur, des vaisseaux sanguins et l’origine des vaisseaux chylifères contenant le chyle, résultant de l’action des sucs digestifs.

En outre, il existe dans la muqueuse de l’intestin des glandes nombreuses, les unes qui sécrètent du mucus, les autres qui sécrètent un liquide spécial, le suc intestinal; l’intestin grêle vient se terminer dans l’origine du gros intestin que l’on appelle le cæcum, par une ouverture garnie de deux membranes, la valvule iléo-cæcale (fig. 47), qui laisse bien passer le contenu de l’intestin grêle dans le gros intestin, mais qui s’oppose absolument à tout retour des substances du gros intestin dans l’iléon de l’intestin grêle.

Du cæcum part un organe dont on parle beaucoup, qui a la forme d’un doigt de gant étroit, long de quelques centimètres, s’ouvrant dans la cavité de l’intestin et se terminant en une partie fermée : c’est le siège d’une affection qui devient commune à notre époque et qui exige souvent l’inlervenlion des chirurgiens, l’appendicite, jualadie qui peut devenir très grave, si l’inflammation se communique au péritoine, dont la surface est très étendue; la péritonite est souvent mortelle.

Il faut s’abstenir d’introduire dans le tube digestif des corps solides insolubles dans les sucs sécrétés par les glandes, comme les noyaux de cerises ou d’autres fruits, tout corps étranger solide, comme de petits os ou des arêtes de poissons, qui, pénétrant dans l’appendice ver-

miculaire du cæcum, |)ourraient êire cause de l’appendicite. Tout récemment, mon collègue M. le docteur Blanchard a fait connaître à l’Académie de médecine des cas d’appendicite causés par la présence d’entozoaires dans l’intestin :

des observations semblables ont été faites par le docteur Maliéo, de Brest.

Le gros intestin, qui commence près de la fosse iliaque droite, remonte dans l’abdomen (je suppose riiomme se tenant dans la station , , ,, , . , verticale ) et prend le

A, cliylifère CPiUial; lî, cliyhfere envelo|i|H' iln ' i

réseau artériel, tlu réseau capillaire eUlu lé- nOm de COlOTl aSCeildailt, seau veineux. . • i i ■ i i

puis il traverse 1 abdomen de droite à gauche, colon transverse, et descend dans la fosse iliaque gauche, où il décrit une courbe en forme de S, pour se terminer par une portion droite qui a reçu le nom de rectum, dont l’extrémité est environnée

Fie;. 46. — Villosités iiitesliualcs.

de muscles striés appelés sphincter, déterminant par leur tonicité l’occlusion de l’intestin, qui ne s’ouvre que pour l’expulsion des déchets de l’alimenlation.

Je ne puis pas m’étendre ici sur les usages du gros intestin, mais il est certain que, comme 1 intestin grêle.

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sa muqueuse, parles veines et parles chylifères, absorbe les produits liquides des aliments et les sépare des résidus colorés, qui deviennent de plus en plus solides à mesure qu’on se rapproche de l’extrémité de l’intestin. La dissection de raj)pareil digestif d’un lapin (fig. 48), rongeur qui n’a qu’un estomac, tandis que les ruminants en ont quatre, est très instructive sous ce rapport.

J’ajouterai que pour un bon fonctionnement de l’estomac et de l’intestin, il faut une dilatation moyenne de ces organes, pour que les glandes soient séparées les unes des autres et que rien ne vienne troubler le cours très rapide du sang dans les glandes qui sécrètent.

11 est certain que les aliments séjournent un temps assez long dans l’estomac, dans l’intestin grêle et dans le gros intestin , et que l’introduction de nouveaux aliments solides et liquides à chaque repas favorise le cours du contenu de l’intestin, déterminé par les contractions musculaires des parois et par l’action du muscle diaphragme dans l’inspiration, et des muscles abdominaux pendant l’expiration et pendant l’effort.

Fig. 4T. — Coupe du cæcum et de valvule iléo-cæcale.

il, iléon (intestin grêle): rw. eæeum av, apiiendice venu icul aire.

Elimination des matières excrémentitielles. — Je

ne puis trop recommander aux personnes qui ont le désir de conserver la santé, de prendre des habitudes régulières pour l’élimination des déchets de la nutrilion.

Le corps se soumet facilement, par exemple, à une évacuation quotidienne, dans la matinée de pi-élérence, des déchets solides; si les contractions des libres lisses de l’intestin grêle et du gros intestin, aidées par les con-

tractions des muscles abdominaux et du diaphragme, ne sont pas suffisantes, quelques frictions faites avec la main sur l’abdomen excitent les fibres musculaires et amènent le résultat attendu.

Lorsque la constipation est très opiniâtre et dure pendant plusieurs jours, l’application des courants induits faite par un électrode métallique introduit dans le rectum et par une éponge mouillée promenée sur toute la surface de l’abdomen, a souvent produit les résultats les plus heureux ; mais il est évident que ce procédé ne peut être employé que par un médecin.

Je n’insiste pas sur les autres moyens qui peuvent être emplo}^és avec succès.

Il faut aussi éliminer souvent le liquide sécrété parles reins, et c’est une bonne précaution de vider la vessie avant chaque repas; cela laisse la cavité abdominale libre, l’estomac et l’intestin peuvent se dilater facilement par l’ingestion des aliments et des boissons.

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