‹ La santé par l'hygièneChapitre 26 sur 83 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Actions physiologiques des liquides sécrétés par les glandes appartenant au tube digestif.

Je ne puis faire une description complète de toutes les glandes de l’appareil digestif; je serai bref; mais le rôle de ces glandes est si fondamental pour comprendre comment les aliments sont dissous ou transformés, qu’il m’est impossible de ne pas appeler l’attcnlion de mes lecteurs sur ce sujet.

Glandes salivaires. — Les glandes salivaires sont au nombre de trois paires ; les deux parotides, voisines de l’oreille, les deux sous-maxillaires et les deux sublinguales (fig. 43).

Fig. 48. — Organisation du lapin.

o:, œsophage; E, estomac; \d, (lundémiin ; I, jejnnmn et iléon ; rœ, cæcum ; cl, colon; F, foie; M, rectum (iuteslia tléroulé) ; Vs, vessie.

La salive mixte, sécrétée par ces glandes et par les glandules de la muqueuse buccale, est un liquide aqueux contenant une matière albuminoïde coagulable par l’acide nitrique et par la chaleur, par le sulfate de magnésie, et qui est précipitée par le tanin que l’on appelle ptyaline ou diastase animale.

La salive est alcaline et renferme donc une diastase semblable à celle de l’orge germée, qui jouit de la propriété de transformer l’amidon et la fécule cuits en glucose.

Rien n’est plus simple que la démonstration de cette action chimique : on introduit dans la bouche une cuillerée à café d’empois d'amidon ou de fécule légèrement salé, et on le promène avec la langue sur toute l’étendue de la muqueuse buccale : au bout de quelques minutes, on perçoit une saveur sucrée (celle du glucose ou sucre de raisin); on jette le contenu sur un filtre, et le liquide qui passe, chauffé avec quelques centimètres cubes de liqueur de Fehling (tartrate double d’oxyde de cuivre et de j)otasse), donne avec le glucose un précipité rouge d’oxydule de cuivre.

Une habitude que je crois bonne et qui me paraît rationnelle, est celle qui consiste, avant chaque repas, à prendre uii morceau de pain que l'on introduit dans la bouche, et que l’on soumet à une mastication prolongée, jusqu’à ce qu’on éprouve la sensation d’un liquide sucré; on avale ensuite le bol alimentaire. L’apparition du sucre démontre que les glandes salivaires ont été mises en action et ont sécrété de la diastase, dont le rôle est si essentiel pour convertir l’amidon cuit en glucose.

Les glandes salivaires, comme toutes les glandes, sont sous la dépendance du système nerveux.

La corde du tympan est un rameau du nerf maxillaire inférieur; quand on a introduit et fixé dans le conduit très fin de la glande sous-maxillaire une canule salivaire d’argent, si l’on retire le mandrin et si l’on excite la corde du tympan à l’aide d’une pince électrique, on voit aussitôt la salive s’écouler en gouttes par l’extrémité de la canule.

APPAREIL DIGESTIF DE L’HOMME

Un phénomène important a été signalé par Claude Bernard : jmndant la sécrétion, le sang veineux qui sort de la glande est rouge vif, comme le sang artériel, au lieu d’être rouge foncé comme il l’est lorsqu’il sort de la glande au repos : il en résulte que, pendant la période d’activité de la glande, le cours du sang y est beaucoup plus rapide.

L’éminent physiologiste Charles Ludwig, de Leipzig, a démontré que pendant l’excitation de la corde du tym-

Fig. 49. — Canule pour la fistule gastrique : 1® les deux parties séparées;

2» les deux parties vissées l'une sur l’autre.

pan, dans un tube manométrique à mercure fixé sur la canule salivaire, le métal peut monter à 20*^ ou à 25^=, c’està-dire à une hauteur beaucoup plus grande que la pression du sang artériel.

Le nerf sécréteur de la parotide est le nerf auriculotemporal (Claude Bernard), qui vient aussi du nerf maxillaire inféiûeur, branche du trijumeau.

Suc gastrique, — « Beaumont eut l’occasion d’observer en 1833 la fistule stomacale du Canadien Saint-Martin, consécutive à une plaie par arme à feu, et en profita pour faire des observations méthodiques sur la sécrétion gastrique. Ce fait inspira aux physiologistes l’idée de créer

expérimentalement des fistules semblables sur les animaux. Ce qui fut réalisé par Blondlot de Nancy en 1843. Cette méthode est d’une pratique courante et facile. » [Traité de physiologie, par Morat et Maurice Doyon.)

Par une incision faite sur la ligne blanche de la paroi abdominale, on découvre l’estomac; on incise ce viscère et on introduit par l’ouverture le pavillon d’une canule spéciale (fîg. 49); on passe des points de suture entre la

Fig. 50. — Dispositioa des tuniques dans la fistule gastrique.

or, Orifice; es, cavité de l'estomac; me, miuiueu.se de l’estomac: me, la peau

de 1 abdomen.

paroi de l’estomac et celle de l’abdomen : presque toujours les adhérences s’établissent sans accident, et ou peut conserver pendant des mois les chiens opérés, pourvus d’une canule qui permet d’obtenir du suc gastrique par l’excitation directe de la muqueuse de l’estomac (introduction d’une plume d’oiseau dans ce viscère).

Le suc gastrique est un liquide acide, et on s’est demandé quel est l’acide qu’il renferme. Le savant maître Berthelot a démontré que les acides minéraux et les acides organiques agités avec un mélange d’eau et d’éther se différencient; les acides organiques passent en dissolu-

APPAREIL DIGESTIF DE L’HOMME

lion dans l’éther, tandis que les acides minéraux restent en solution dans l’eau; le professeur Charles Richet, en 18 74, s’est servi de ce procédé, et en agitant du suc gastrique il a reconnu que l’acide ne passe dans l’éther qu’en très faible proportion, tandis qu’il reste dans l’eau; c’est donc un acide minéral, l’acide chlorhydrique.

Le suc gastrique renferme deux ferments : l’un, la pepsine, qui agit sur les substances albuminoïdes et les dissout en les transformant en peptones, et l’autre, la pré-

l'ig, 51. — Paucréus de l’homme.

e, face iJOstérieure de l’esloiiiac; p, pancréas as^ec ses doux eonduils ; d, duodénum.

sure ou lab ''ferment, coagulant le lait par précipitation de la caséine).

Digestion artificielle de la fibrine et de l’albumine.

— Rien n’est plus facile que d’établir une digestion artificielle : on trouve dans le commerce de la pepsine, qui se conserve mieux lorsqu’elle est mélangée de poudre de fécule ou d’amidon, pepsine amylacée, et qui est très efficace. On dissout dans un litre d’eau 5 gr. de pepsine amylacée du commerce, on ajoute 10 gr. d’acide chlorhydrique pur et 200 gr. de fibrine du sang humide.

Le mélange est introduit dans un ballon de verre immergé dans un bain d’eau maintenue à 40°; de temps en

temps, on agite le ballon. Au bout de f|uelques heures, la dissolution de la fibrine est presque complète, et on fait bouillir le liquide, puis on ajoute du carbonate de chaux pour neutraliser l’acide, et on filtre. On obtient une solution de peptone, qui peut être utilisée comme adjuvant de l’alimentation dans certaines maladies de l’estomac.

On trouve aussi dans le commerce de la peptone sèche pulvérulente et très légère, que l’on peut dissoudre dans l’eau tiède pour préparer des solutions alimentaires.

Dans les cas de dyspepsie, quand les phénomènes normaux de la digestion stomacale diminuent d’intensité, il peut être très utile d’ajouter aux aliments, mais à basse température, à 40° environ, un faible poids de pepsine, qui donne au suc gastrique une plus grande activité.

Un de mes amis, atteint d’une affection de l’estomac qui le privait d’une alimentation suffisante, ce qui avait produit un amaigrissement extrême, a été guéri radicalement au bout de plusieurs années par l’emploi de solutions qu’il faisait préparer en grande quantité, à l’aide de viande de bœuf digérée par la pepsine additionnée d’acide citrique, l’acide étant neutralisé ensuite. Les solutions de peptones soumises à l’ébullition et complètement stérilisées se conservent presque indéfiniment.

Le suc desséché à basse température du papayer, qui renferme de la papaïne, extraite du Carica Papaya (arbre de la Chine), a été étudié par le célèbre chimiste Wurtz, qui a reconnu la propriété qu’il possède de dissoudre les matières albuminoïdes, aussi bien dans une solution neutre que dans une solution acide ou alcaline. Une petite dose de papaïne ajoutée aux aliments, ou prise en pilules, peut être très utile quand la quantité de suc gastrique ou de pepsine sécrétée par l’estomac est insuffisante.

Aussitôt que le lait arrive dans l’estomac, il est coagulé par un autre ferment appelé lab, qui est la ]nirtie active de la présure, extraite du quatrième estomac des veaux, la caillelte, ainsi nommée parce qu’elle renferme du lait caillé ou coagulé.

APPAREIL DIGESTIF DE L’HOMME

C’est après la coagulation de la caséine que la pepsine intervient pour dissoudre cette matière all)uminoide, qui est ensuite absorbée par les parois de l’intestin.

Le pancréas. — Voici une glande qui joue un grand rôle dans la digestion ; la figure 51 la représente chez l’homme , la figure 52 chez le lapin. Que de variétés nous présente l’anatomie comparée !

Mais dans toutes ces glandes se trouvent des cellules pourvues de noyaux qui sécrètent un liquide spécial, le suc pancréatique.

Pour l’obtenir, les physiologistes établissent des fistules temporaires ou permanentes.

Chez le chien, le conduit pancréatique principal est très court et recouvert par une portion de la glande, qu’il faut isoler avec soin sans la blesser.

Ce canal s’ouvre dans le duodénum à quelques centimètres itu-dessous du pylore.

« On fait une incision sur le canal avec des ciseaux, on introduit et on fixe par une ligature un tube d’argent d’un petit diamètre ayant 10 centimètres de longueur; on fixe à l’extrémité du tube une petite ampoule de caoutchouc pour recueillir le liquide qui s’écoule pendant la période de digestion. Lorsqu’ils ont établi une fistule permanente, Wassiliew et Pawlow recommandent d’exclure de l’alimentation la viande et de ne donner à l’animal que du grain et du lait, en y ajoutant un peu de soude. » [Physioio^ie de Morat et Doyon.)

Le suc pancréatique est incolore, de consistance vis-

Fig. 52. — Paucréas dill'us du lapin. Le conduit s’ouvre à 40 centimètres au-dessous du pylore de l’estomac (figure schématique).

qiieuse, d’une réaction toujours alcaline. Quand on le chauffe , il se coagule comme l’albumine du blanc d’œuf.

Action de ce liquide. — Le suc pancréatique agit sur l’amidon, sur les matières albuminoïdes et sur les graisses.

1° Si l’on ajoute à de l’eau d’amidon ou de fécule, et à une température de 40° environ, quelques gouttes de suc pancréatique ou une infusion aqueuse de glande hachée prise sur un animal en digestion, rapidement l’amidon est converti en dextrine et en glucose qui réduit abondamment la liqueur de Fehling.

2° Les matières albuminoïdes, sous l’action du suc pancréatique, sont dissoutes comme elles le sont par la pepsine.

Enfin 3°, et c’est un phénomène physiologique sur lequel Claude Bernard a beaucoup insisté, dans son mémoire sur le pancréas, si l’on ajoute à de l’huile neutre quelques gouttes de suc pancréatique, le mélange agité donne une émulsion persistante : ce sont de petits globules qui font ressembler le liquide à du lait : en outre, le suc pancréatique saponifie les graisses, sépare les acides gras de la glycérine.

La démonstration de ce fait capital a été donnée par l’illustre physiologiste de la manière suivante :

Dans un verre de montre, on verse une solution de beurre frais dans l’éther, que l’on additionne de teinture bleue de tournesol; on introduit un peu de pancréas frais ou un morceau de pancréas conservé dans l’alcool. Au bout d’une heure, on voit le tournesol devenir rouge, par l’action des acides gras séparés de la glycérine par un lerment spécial contenu dans le tissu du pancréas.

L’importante découverte de la saponification des graisses par le tourteau des graines de ricin, à une température peu élevée, de 45° environ, a été l’objet de recherches laborieuses qui ont permis au docteur Nicloux d'isoler la substance active contenue dans le cytoplasme des cellules des graines, substance active qui est, comme l’a démontré Nicloux, détruite par l’eau, mais qui est soluble dans

APPAREIL DIGESTIF DE L’HOMME

riiiiile. On peut obtenir par cette découverte, qui réalise un grand progrès, la séparation, très facile à basse température, à 50°, des acides gras et de la glycérine pure; c’est une révolution qui se prépare dans l’industrie de la saponification des graisses.

Le foie. — C’est la glande la plus volumineuse de l’organisme, et son rôle physiologique est si important et si fondamental, qu’on trouve le foie chez tous les vertébrés

Fig. 53. — Foie de l’homme : face inférieure et postérieure.

D. lobe ilroit; (t, lobe e'aiiclie: A, lobe eairé ; P, lobe spécial; //, artère liêpalique ; H. veine jjorle: \ld et Hf?. veines sns-bépatif[iies : C. veine cave inférieure; vb, vésicule biliaire ; Iq), canal lif'pal ique ; cy, canal cystique; c/i, canal cliolc<loque.

et chez un bon nombre d’invertébrés, chez les mollusques en particulier et chez les crustacés.

La figure 53 représente la forme et la situation du foie de l’homme, qui reçoit le sang par l’artère hépatique venant du tronc cæliaquc de l’aorte et par la veine porte, dont les origines sont toutes les veines mésentériques, qui partent de l’intestin; la veine splénique, venant de la rate; les veines venant de l’estomac; la veine porte se ramifie dans le foie comme une artère, se termine dans un réseau capillaire très riche d’où partent les veines

sus-hépatiques, qui en se réunissant les unes aux autres constituent des troncs qui vont s’ouvrir dans la veine cave inférieure un peu au-dessous du diaphragme. Les vaisseaux biliaires sont le canal cholédoque, qui vient s’ouvrir dans le duodénum à quelques centimètres audessous du pylore et qui reçoit le canal hépatique venant du foie, et le canal cystique, qui part de la vésicule biliaire

Fi". 54. — Lobule du foie.

h, veine sus-hépaliiue : p, rameau «le la veine porte; b, rameau «le l'artère hépati«iue

e, cellules hépatinues.

OU réservoir de la bile, qui se remplit dans l’intervalle des repas; la bile se déverse dans l’intestin grêle à une certaine période de la digestion.

La bile, sécrétée par le foie formé d’un nombre considérable de lobules (fîg. 54) et de cellules hépatiques (fig. 5.5), est un liquide jaune ou vert, dont la saveur est très amère.

Sa densité est variable entre 1,01 et 1,02 ; elle a une composition complexe et renferme deux acides biliaires : run, l’acide glycocholique, contenant du carbone de l’oxygène,

APPAREIL DIGESTIF DE LTIOMME

de riivclroofène et de l’azote: l’autre renfermant en outre du soufre, puis des matières colorantes, la bilirubine et la biliverdine.

Pour ol)tenir la bile chez l’animal vivant, le meilleur procédé est celui du professeur Dastre : il consiste dans l’emploi d’une canule spéciale qui est fixée dans la vésicule biliaire, et qui présente un disque maintenu sur la peau; on recueille la bile à l’aide d’un tube dans un petit sac de caoutchouc fixé au collier de l’animal.

Fig. 55. — Cellules hépatiques.

cellule;: hciiatiques c onpées ; c, capillaires sanguins ; r6, ré-eau il'origine dos canaux ))iliaii'Ps; h, cellule hépatique; n, noyau.

2, cellule hépatique jsolée ; ?i, noyau.

Le nom de l’illustre Claude Bernard sera toujours immortalisé par les découvertes qu’il fit sur la physiologie du foie.

Découverte de la matière glycogène. — On prend le foie d un anintal sacrifié, par exemple un foie de lapin, on le réduit en pulpe à l’aide d’un hachoir ou d’une machine à hacher, et on jette la pulpe dans une capsule de porcelaine contenant de 100 à 200«c d’eau bouillante, en agitant sans cesse avec une spatule; après 3 ou 4 minutes d élmllition, on presse sur un linge et on rassemble dans un mortier de porcelaine les fragments du foie.

qui ont été coagulés par la chaleur; ils sont broyés ave® du noir ou charbon animal (obtenu par la calcination des os en vase clos) ; dans l’eau bouillante qui a déjà servi on verse ce mélange, qui est soumis à une nouvelle ébullition, et on filtre sur le papier; on obtient ainsi un liquide clair, d’aspect laiteux, qu’on laisse refroidir : en versant ce liquide dans un grand excès d’alcool à 90°, on obtient un précipité abondant : c’est la matière glyco^^ène .

Fabriquée par les cellules hépatiques, la matière gly-

Fig. 5G. — Longue anse d'intestin ; chylifères et ganglions mésentériques,

cogène existe en grande quantité chez les moules, et c’est toujours avec ces mollusques que je la prépare. En soumettant les moules bien lavées à l’action de la chaleur, on obtient un liquide blanc qui précipite abondamment par l’alcool.

La matière glycogène est intermédiaire entre l’amidon ou la fécule et le glucose; elle est soluble dans l’eau, et sous l’influence d’un ferment qui existe dans le foie elle se convertit en glucose, de sorte que le sang qui circule dans les veines sus-hépatiques est plus riche en sucre que le sang de la veine porte qui pénètre dans le loie (Claude Bernard).

APPAREIL DIGESTIF DE L’HOMME

Lavage du foie. — Sur un foie détaché de lapin, et c’est une expérience de Claude Bernard que nous répétons souvent dans nos cours, nous fixons un tube de verre légèrement rétréci dans le tronc de la veine porte, et nous faisons circuler de l’eau froide dans ce vaisseau et dans toute la glande à l’aide d’un flacon de Mariette et sous une pression constante; on obtient d’abord du sang, de l’eau colorée par le sang, et enfin de l’eau c[ui paraît pure ; dans les échantillons du liquide recueillis, soumis à l’ébullition avec du sulfate de soude et filtrés sur papier, on trouve, avec la liqueur bleue de Barreswill ou de Fehling, les caractères du glucose par la précipitation de l’oxydule rouge de cuivre.

Quand le liquide cjui s’écoule ne contientplus de sucre, on arrête l’injection, et au bout d’une heure ou deux, en faisant circuler dans le foie un nouveau^ liquide , de l’eau salée à 7 pour 1,000, on obtient encore la réaction du glucose. C’est la matière glycogène contenue en réserve dans les cellules bépaticjues cjui s’est convertie en sucre (Claude Bernard).

Suc intestinal. — Expérience de Claude Bernard. —

En injectant une solution de saccharose (sucre de canne ou de betterave) ne réduisant pas la liqueur bleue dans

Fig. 57. — Courte anse d’intestin :

chylifères et ganglions.

c/, origine du canal thoracique; vl, vaisseaux Jyinphaliques.

l’inteslin grêle d’un animal après la mort, on trouve ap rès quelques heures que le liquide réduit la liqueur de Fehling. Celte expérience, due à Claude Bernard, démontre qu’il existe dans l’intestin un ferment qu’on appelle inversif, qui transforme la saccharose en un mélange de glucose et de lévulose.

La saccharose n’est pas le sucre alimentaire; en effet, si on l’injecte dans le sang, elle passe dans l’urine, tandis qu’une solution de glucose injectée dans le sang lorsqu’elle n’est pas trop abondante, ne passe pas dans l’urine, est brûlée dans les tissus, particulièrement dans les muscles, et engendre la chaleur et la puissance musculaire.

Absorption. — Tous les liquides sécrétés par les glandes que nous avons passées en revue et par les glandules microscopiques qui existent dans les parois de la muqueuse buccale, œsophagienne, stomacale, intestinale, contiennent des

Fig. 58. — Lymphatiques et chylifères, ferments dont les aCtions

d, citerne <le Pecquot; h, f, g, canal tlioraci- s’ajoutent pOUl’ disSOudre fine abnuti.'Saiil eu g à la veine sous-ela- ’ , . .

vicie gauche. une bonne partie des au-

APPAREIL DIGESTIF DE L’HOMME

ments, et l’absorption des parties liquides se fait soit par les veines, soit par les chylifères (fîg. 56, 57, 58), qui conduisent le chyle blanc constitué surtout par des graisses ou huiles émulsionnées, ayant l’aspect du lait, dans la veine sous-clavière gauche.

Mais il y a une partie du contenu de l’appareil digestif qui reste non dissoute et qui doit être éliminée après qu’elle a parcouru l’intestin grêle et le gros intestin.

De nombreux accidents souvent mortels, surtout dans les pays chauds, peuvent être causés par la constipation, contre laquelle il faut lutter par une alimentation convenable, par l’usage de fruits (pruneaux) ou de légumes cuits et par des purgatifs légers dont il ne faut pas abuser.

L’usage des lavements, qui étaient si fréquemment employés du temps de Louis XIV, comme nous l’apprend notre immortel Molière , peut rendre aussi d’excellents services.

Page 1