‹ La santé par l'hygièneChapitre 3 sur 83 · LE SANG · texte numérisé non relu

LE SANG

Fifr. 2. — Globules du s.nng de l’homme (A) et des oiseaux (B).

(l, globule blanc.

28 trillions, 500 billions

adonné en moyenne cinq millions de globules par millimètre cube de sang; si l’on admet qu’il y a chez l’homme, proportionnellement au poids de son corps, autant de sang que chez le chien, 1/13 du poids du corps, nombre que j’ai obtenu avec mon regretté collaborateur Quinquaud, admettons un poids de 75 kilogr., cela ferait 5 kil.

76 ou environ 5 litres 7 de sang; et combien de millimètres cubes? 5,700,000 :

multiplions ce nombre par 5,000,000, et nous obtenons le produit dont il est impossible de nous faire une idée ou milliards de globules qui circulent constamment dans nos vaisseaux sanguins; dans un pareil calcul, on ne peut pas répondre d’un milliard.

La forme des globules change chez les vertébrés ; tous les mammifères ont des globules circulaires, mais le chameau et le lama ont des globules elliptiques; chez les oiseaux, chez les reptiles, les batraciens (fig. 3) et les poissons, les globules sont elliptiques; les globules les plus gros sont ceux du protée, qui vit dans les lacs souterrains de la Garniole, et qui présente des branchies extérieures persistantes comme l’axolotl du Mexique.

Le sang renferme en outre des globules blancs incolores, qui, examinés au microscope, sont beaucoup plus rares que les globules rouges, 1 pour 500 environ; ils présentent, lorsqu’ils sont laissés quelque temps sous le microscope, des prolongements semblables à ceux des amibes, animaux tout à fait inférieurs comp,osés d’une masse de protoplasma sans enveloppe extérieure.

Le professeur Metchnikoff, de l’Institut Pasteur, a

Fig. .3. — Globules du sang de la grenouille grossis 22 ) fois : de face et de profil.

démontré que les globules blancs peuvent s’emparer d’éléments ligurés contenus dans le sang et dans les tissus : c’est un phénomène qui a reçu le nom de phagocytose.

C’est dans les globules rouges qu’un savant collègue, le professeur Laveran, a découvert les hématozoaires du paludisme, dont la présence est la cause des fièvres intermittentes qui sont caractérisées par trois stades, frisson, chaleur, sueur : le sulfate de quinine ou le chlorhydrosulfate de quinine triomphe généralement de ces fièvres, qui sont si communes dans les pays de marais. Une grande découverte a été faite par l’inspecteur du service de santé de l’armée. Maillot. Dans les pays chauds, en Algérie en particulier, ce médecin a reconnu que la fièvre paludéenne peut être continue comme la fièvre typhoïde, et il l’a traitée avec le plus grand succès par le sulfate de quinine.

Composition chimique du sang. — Les globules rouges renferment une substance bien importante, l’hémoglobine , leur matière colorante , qu’il est facile d’isoler et de faire cristalliser : le sang défibriné du cobaye ou cochon d’Inde, filtré à travers un linge dans un flacon, est additionné d’éther que l’on verse goutte à goutte; on agite constamment; au bout de quelques instants la teinte du liquide se modifie, il devient d’un rouge plus clair, comme une solution de carmin : cela indique que l’hémoglobine est passée tout entière en solution. On enveloppe le flacon d’eau froide ou de glace, et par le repos on obtient des cristaux très nets, que l’on examine au microscope; la figure représente des cristaux en forme de tétraèdres, volumes dont les quatre faces sont des triangles qui sont fournis par le sang de cobaye ou cochon d’Inde (d’Inde occidentale ou Amérique) (fig. 4).

L’hémoglobine du sang du chien cristallise en prismes; celle du sang de l’écureuil cristallise en hexagones, limités par six côtés.

LE SAXG

La composition chimique de l’hémoglobine pure contient, d’après les analyses de Hoppe-Seyler :

Carbone 54,2

Hycl rogène 7,2

Fer 0,4

Azote 16,0

Oxygène 21,5

Soufre 0,7

Le fer est un élément constant de cette remarquable substance, qui donne des cristaux bien définis de couleur rouge ; mais le soufre qui est contenu dans l’albumine du sang comme dans l’albumine de l’œuf peut provenir d’un mélange d’hémoglobine et d’albumine purifiée, de sorte que l’hémoglobine provenant du sang de cheval par plusieurs cristallisations et incinérée dans un creuset de pla- Fig. 4.— Cristaux d’hémo-

tine avec du carbonate de soude et giobine du chien(pnsmes),

, du cobaye (tétraèdres).

de 1 azotate de potasse pur n a

fourni au professeur Kühne, par addition à la solution aqueuse des cendres, aucun précipité de sulfate de baryte après l’addition de chlorure de baryum, ce qui démontre l’absence du soufre.

Propriétés de l’hémoglobine. — La propriété caractéristique de l’hémoglobine la plus essentielle pour le physiologiste, c’est, lorsqu’elle est dissoute dans l’eau, celle d’absorber l’oxygène en beaucouj) plus grande quantité que l’eau pure : des expériences qu’il est facile de répéter permettent de mesurer ce pouvoir absorbant de l’hémoglobine ou des globules sanguins. Prenons, par exemple, un échantillon de sang de chien et défibrinons-le par agitation dans un flacon; pour cela nous faisons couler du sang d’une artère dans ce flacon et nous agitons

quelques minutes; la fibrine, l’un des éléments constitutifs du sang, se coagule, et on la sépare du sang à l’aide de coton de verre introduit dans le col d’un entonnoir; les filaments de fibrine restent dans l’entonnoir, et le sang: défibriné coule dans une cloche graduée en centimètres cubes : nous faisons passer dans le sang un courant d’oxygène bulle à bulle et nous agitons vivement ce liquide avec le gaz : il se forme de la mousse; pour s’en débarrasser, on peut employer la force centrifuge, soit avec un appareil spécial très employé dans les laboratoires, soit avec une corde fixée à la cloche et mise en rotation rapide comme une fronde dans le jardin du laboratoire; on fait décrire à la cloche des circonférences ayant au moins 2 mètres de rayon : le sang se sépare des gaz inclus qui surmontent le liquide, on verse le sang très rouge dans un verre à expérience, et à l’aide d’une seringue de physiologie on aspire, par exemple, 30 centimètres cubes de sang oxygéné, qui est introduit dans le récipient représenté par la figure 6.

On extrait les gaz du sang et on trouve, en général, que 100 centimètres cubes de sang défibriné du chien peuvent absorber au maximum 25 centimètres cubes d’oxygène sec à 0° et à la pression de 760 millimètres. Ce chillre a été dénommé par Paul Bert : capacité respiratoire cia sang. Si nous cherchons le volume d’oxygène que 100 centimètres cubes d’eau distillée peuvent absorber quand on les agite avec de l’air, on trouve un nombre beaucoup plus petit : dans une expérience que j’ai faite récemment, j’ai obtenu, en injectant 300 centimètres cubes d’eau distillée dans mon appareil à extraction des gaz, 2‘^‘=,5 d’oxygène, ou 0^‘^,83 pour 100 centimètres cubes d’eau.

Ainsi à volume égal, le sang du chien agité avec de

l’oxygène absorbe ^ ou 30 fois plus de ce gaz que l’eau

/ pure : tel est l’artifice employé par la Nature pour que le I sang fournisse aux éléments de nos tissus l’oxygène qui \ leur est nécessaire.

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