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MOUVEMENTS RÉFLEXES

des qui garnissent les ouvertures des narines et qui sont alternes avec celles du plancher buccal ne peuvent plus avoir d’ellet utile. Le mécanisme du renouvellement de l’air chez les batraciens, qui a été parfaitement étudié par Paul Bert, a été détruit.

La grenouille ainsi préparée et qui n’a plus de cerveau et de mouvements volontaires est fixée verticalement sur un support à l’aide d’une épingle ; on approche de l’extrémité d’une patte postérieure un verre à expérience contenant de l’eau additionnée d’acide acétique ou de vinaigre : aussitôt l’animal décapité retire la ])alte; on lave le membre avec de l’eau, les mouvements s’arrêtent.

On répète la même expérience sur l’autre patte, et on observe p le même ])hénomène; mais si, à l’aide d’une aiguille introduite dans

le canal rachidien, on Fig. 77. — Figure schématique représentant

détruit la moelle éni- nerf sensible A se rendant à une cel- ., ,, , . ^ Iule nerveuse C, et un nerf moteur B se ren-

niere, 1 experience ne m.

réussit plus. La patte

plongée dans l’acide reste inerte, le centre nerveux a été annihilé.

L’explication que tous les physiologistes donnent est celle-ci : les nerfs sensibles de la jiatte ont été impressionnés par le liquide acide, la sensation a été transmise aux cellules sensitives de la moelle épinière (centre nerveux), puis propagée aux cellules motrices, qui ont envoyé par les nerfs moteurs l’ordre aux muscles de se contracter (fig. 77). Il y a de l’analogie dans la marche de l’influx nerveux et la marche d’un rayon de lumière qui, frappant une surface polie, est réfléchi par le miroir, d’où le nom de mouvement réflexe donné au phénomène physiologique qu’il est si facile de constater.

Il ne faudrait pas croire qu’après la destruction de la moelle toute propriété ait disparu dans les membres inférieurs de la grenouille; si on la prépare à la façon de Galvani, en isolant les nerfs lombaires et en dépouillant les membres de la peau, on répète toujours avec succès l’expérience de l’illustre physiologiste, en réunissant par un arc double, fil de zinc et fil de cuivre, les nerfs aux muscles; on observe alors des contractions très vives dans tous les muscles.

Si l’on place sous les nerfs lombaires deux fils de platine isolés (pince électrique) communiquant avec les extrémités d’une bobine d’induction de du Bois-Reymond, chaque interruption d’un courant inducteur produite par l’émersion d’un fil de cuivre plongeant dans le mercure donne naissance à un courant induit qui fait contracter les muscles; les membres postérieurs placés dans la flexion se mettent aussitôt en extension.

Les nerfs sont si sensibles à l’action de l’électricité que, les bobines étant séparées par une distance de 50 centimètres, la pince électrique appliquée sur les nerfs lombaires ou sur le nerf sciatique détermine encore des contractions musculaires.

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