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CHAPITRE II

Nerfs vaso-moteurs.

Nerfs vaso-moteurs. — Expérience classique de Claude Bernard. — Sur un lapin vivant convenablement fixé, on découvre, par une incision faite au milieu du cou, le tube cartilagineux et membraneux, nommé la trachée-artère, toujours béante pour conduire l’air aux poumons ; sur l’un des côtés de la trachée on isole le tissu

Fig. 78. — Ensemble des filets nerveux foiirais par le grand sympathique du cüt« droit et par le pneumogastrique Ps'.

cellulaire et on arrive facilement, à l’aide d’une pointe métallique mousse légèrement recourbée (tenaculum), à un paquet vasculaire et nerveux comprenant l’artère carotide, qui mène le sang du cœur à la tête et au cerveau; à côté de l’artère se trouvent trois nerfs : 1° le plus gros est le nerf pneumogastrique, dont le rôle physiologique est si important, qui se distribue au cœur, aux poumons, à l’estomac; deux très petits nerfs que l’on aperçoit mieux à la loupe qu’à l’œil nu : ce sont ; 2° le filet cervical du grand sympathique (fig. 78), qui réunit le ganglion cervical inférieur au ganglion cervical supérieur, d’où partent des filets se rendant aux parois des artères qui renferment des fibres musculaires lisses ; 3° le nerf dépresseur de Ludwig et de Gyon, dont j’ai déjà parlé, qui naît du nerf pneumogastrique et du nerf laryngé supérieur, branche du pneumogastrique, qui a été nommé nerf dépresseur parce qu’il fait diminuer la pression du sang dans les artères lorsqu’on l’excite par un courant électrique. Ce nerf, qui se rend au cœur, est sensible : lorsqu’un obstacle se présente dans l’étendue de l’arbre circulatoire, le dépresseur est excité, les artères se dilatent, les voies offertes au sang deviennent plus larges.

Mais je dois insister ici sur le filet cervical du grand sympathique. Lorsque, après avoir passé un fil sous ce nerf, on le lie et on le sectionne, on aperçoit bientôt dans l’oreille du lapin, du même côté, des vaisseaux sanguins plus larges et parcourus par une quantité de sang plus grande que dans l’oreille de l’autre côté ; les artères en particulier se dilatent, l’oreille est plus rouge et plus chaude, ce que l’on reconnaît avec un thermomètre, ou avec les deux doigts index que l’on fait pénétrer dans les deux pavillons.

Brown-Séquard a reconnu que si l’on excite par des courants induits le bout périphérique de ce nerf, les vaisseaux de l’oreille se contractent et à la turgescence succède la pâleur. Ainsi a été complétée la démonstration de ce fait capital : les nerfs du grand sympathique

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