CHAPITRE III
Hygiène de la Circulation.
Qu'est-ce que la circulation ?
La circulation est ce mouvement par lequel le sang sort du cœur par les artères, va nourrir toutes les parties du corps et revient au cœur par les veines.
Gomment les artères communiquent-elles avec les veines ?
Au moyen de très-petits vaisseaux ou canaux qu'on appelle les capillaires.
Quel est l'organe de la circulation ?
C'est le cœur.
Donnez une description du cœur :
Le cœur est un muscle creux situé à la partie moyenne de la poitrine, placé obliquement et divisé en quatre cavités : deux en haut appelées oreillettes, deux en bas appelées ventricules. Sa forme est celle d'un cône dont le sommet est en bas.
Comment le sang des artères part-il du cœur?
Du ventricule gauche.
Et le sang des veines dans quelle partie du cœur arrive-t-il ?
Dans l'oreillette droite.
Quelle est la couleur du sang des artères et du sang des veines ? •
Celui des artères est rouge et celui des veines est noir.
Comment le sang noir est-il changé en sang rouge ?
Le sang noir arrivant dans l'oreillette droite descend dans le ventricule droit d'où il en sort pour aller dans les poumons, où il devient rouge au contact de l'air, c'est-à-dire purifié ; il retourne dans le cœur par l'oreillette gauche, d'où il descend dans le ventricule gauche, car ces cavités communiquent entre elles oreillettes et ventricules.
Comment le sang est-il mis en circulation ?
Par les mouvements ou battements du cœur qui se font dans une moyenne de 70 à la minute ; il y a dilatation et contraction du cœur tour à tour.
Qu'est-ce que le pouls ?
C'est le battement des artères à chaque contraction du cœur.
RÉFLEXIONS
Il y a des personnes qui ont beaucoup de sang, d'autres qui en ont peu ; les premières s'appellent pléthoriques, les dernières anémiques. Les pléthoriques, exposées aux coups de sang, devront éviter les émotions violentes, garderont le repos après le repas, ne se livreront pas aux excès, quelque soit leur nature, mangeront beaucoup de légumes afin de tempérer la circulation qui est trop active en modérant la force du cœur.
Les anémiques développeront une organisation faible par la gymnastique; pour eux beaucoup de mouvement, des aliments forts et succulents.
Les hémorrhagies (perte de sang) des pléthoriques ne doivent pas être considérées comme toujours mauvaises ; en autant qu'elles ne sont pas trop abondantes, elles sont avantageuses ; au lieu de les arrêter immédiatement il faut les laisser faire. Ainsi une personne qui a beaucoup de sang ne doit pas craindre de saigner du nez.
Néanmoins, saigner trop produit des effets graves ; dès que la quantité perdue est un peu considérable, il faut arrêter l'bémorrhagie ; chez les anémiques surtout il ne faut pas tarder.
La pesanteur a une influence assez grande sur lhémorrhagie. Si c'est l'extrémité d'un membre qui est blessé et lui donne lieu, il est bon de le tenir à une certaine hauteur, en ayant soin de comprimer fortement le membre en deçà de la partie blessée,
quand c'est une artère qui est cause de l'hémorrhagie, et au-delà, c'est-à-dire plus haut que la partie blessée, quand c'est une veine qui est ouverte.
On reconnaît que c'est une artère qui est blessée quand le sang sort en jet ; le sang des veines ne sort pas en jet.
Dans les hémorrhagies sérieuses, comme aussi dans d'autres circonstances, il arrive quelquefois une syncope, c'est-à-dire perte de connaissance : la personne se trouve mal ; il y a deux choses à faire alors, d'abord mettre le malade dans la position horizontale, c'est-à-dire le corps bien droit, pour que le sang puisse remonter au cerveau, et alors il vaut mieux que la tête soit plus basse que le corps ; ensuite frotter le corps afin de ramener la circulation qui est arrêtée, et faire respirer des odeurs fortes qui sont un stimulant pour réveiller l'action du cœur. Que de personnes meurent pour ne pas avoir eu ces soins si faciles à donner !
Les précautions à prendre ne sauraient être trop grandes pour les personnes dont le cœur est exposé aux palpitations. Il est bon alors de ne pas être trop serré à la ceinture ; la moindre gêne à la circulation est très-nuisible ; il faut éviter les émotions et conserver toujours la plus grande tranquillité.