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CHAPITRE II

Hygiène de l'Absorption.

Qu'est-ce que l'absorption ?

L'absorption est un acte de la vie par lequel une substance liquide ou gazeuse, venant au contact d'une partie vivante, pénètre dans le sang.

Comment se divise l'élude de l'absorption?

Elle se divise en trois parties : dans la première nous étudierons l'appareil de l'absorption ; dans la seconde son mécanisme ; dans la troisième ses différentes formes.

1" Appareil de l'absorption. — Où se fait l'absorption ?

Elle se fait partout dans toutes les parties de notre corps, plus particulièrement dans les vaisseaux lymphatiques.

Qu'appelez- vous vaisseaux lymphatiques?

C'est une espèce de filet qui enveloppe le corps tout entier et tous les organes, très-mince, mais se grossissant à certains points, comme des graines de chapelet, et formant des pelotons appelés ganglions, que l'on trouve .aux plis du coude, aux creux du jarret et de l'aisselle.

* Combien y a-t-il d'espèces de vaisseaux lymphatiques ?

Deux espèces : les vaisseaux lymphatiques proprement dit et les vaisseaux chylifères. Les premiers charrient la lymphe qui est le liquide fourni par les matériaux vieillis de nos tissus, les seconds transportent avec les veines des intestins le chyle que nous connaissons déjà. Ces vaisseaux sont faits de la même manière.

Où vont la lymphe et le chyle ?

Les vaisseaux chylifères et les lymphatiques des membres inférieurs et de la partie gauche du corps jettent leur contenu dans le canal thoracique,quiest situé le long de la colonne vertébrale, et celui-ci se vide à son tour dans la veine sous-clavière gauche qui se trouve à la partie gauche et supérieure de la poitrine.

Les vaisseaux lymphatiques du membre supérieur droit et de la moitié droite du cou et de la tète, du côté droit de la poitrine, s'ouvrent dans la grande veine lymphatique qui, elle, se jette dans une veine à droite à la partie supérieure de la poitrine.

Résumez cette explication :

Tout ce que les lymphatiques contiennent, le chyle et la lymphe, communiquent avec le sang par le canal thoracique et par la grande veine lymphatique.

2° Mécanisme de l'absorption. — Comment se fait l'absorption?

De deux manières: parimbibition et par endosmose.

Dites-nous ce que vous entendez par imbibition :

C'est une propriété des membranes de se laisser pénétrer par les liquides, et d'augmenter de volume et de poids.

Qu'est-ce que l'endosmose ?

Quand deux liquides de densité différente sont séparés par une membrane il sétablit un courant entre eux : le moins dense se porte vers le plus dense pour se mêler à lui ; c'est ce phénomène qu'on appelle endosmose. On peut avoir une idée claire de ce travail en prenant une vessie pleine de lait et en la plongeant dans l'eau ; cette dernière, plus légère que le lait, pénètre rapidement dans la vessie.

3° Des différentes formes de V absorption. — Connaissez-vous la principale forme d'absorption ?

Oui. Les études que nous avons faites nous ont fait connaître déjà que l'absorption a lieu dans tout le canal digestif, surtout dans les petits intestins, par les veines et les vaisseaux chylifères.

Quelles sont les autres formes d'absorption?

Il y a l'absorption par la peau, par les poumons et par les membranes séreuses.

Donnez-nous un exemple de l'absorption par la peau :

Quand on prend un bain, et que l'eau n'a pas une température plus élevée que celle du corps, celui-ci est plus pesant après le bain ; il y a donc absorption.

Comment pouvez-vous nous dire que l'absorption se fait par les poumons ?

L'air que l'on respire n'est-il pas absorbé dans les poumons ?

Une personne est endormie par le gaz au moyen de l'absorption.

Montrez-nous aussi comment se fait l'absorption dans les membranes '!

Un membre est enflé, une articulation est devenue grosse tout à coup : quelques jours après le membre et cette articulation ne présentent aucune enflure ; il y a eu alors absorption du liquide qui en était la cause ; seulement l'absorption prend ici le nom de résorption.

RÉFLEXIONS

De l'étude de l'absorption il résulte une foule de conseils pratiques :

Les cas d'empoisonnement ne sont pas rares.

Lorsqu'un poison quelconque a été pris, il faut au plus vite en débarrasser l'estomac. On réussit à faire vomir par des moyens simples et qui sont à la disposition de tous. Une eau fortement salée est vomitive ; boire en grande quantité de l'eau tiède et chatouiller la gorge avec le doigt fait vomir promptement ; si l'eau tiède n'est pas à la disposition, l'eau froide devra être bue librement en attendant. Lorsque l'on peut se procurer du lait, on en met une proportion assez forte dans l'eau. Le vomissement doit être provoqué sans relâche, tant que l'eau n'est pas renvoyée telle qu'elle a été prise, c'est-à-dire de même nature, de même couleur.

Le lait est un bon contre-poison, c'est pourquoi je le conseille ; néanmoins un on deux blancs d'œufs battus avec de l'eau forment une eau albumi-

neuse qui lui est préférable, si on peut se les procurer aussi promptement : car le temps est tout, il faut se hâter; et c'est pourquoi je le répète qu'en attendant ces préparations, il faut commencer le vomissement par l'eau simple et le chatouillement de la gorge, sans crainte de fatiguer trop ou d'affaiblir.

Un autre contre-poison, des acides surtout, est un peu de terre, de cendre, que l'on môle à l'eau, de manière à faire une eau trouble qu'on donne à boire à la personne empoisonnée ; l'eau de savon est également bonne.

Quand, par une blessure quelconque, la peau offre une chance à l'absorption, prenez garde de toucher aucun poison ; c'est ainsi que le charbon se contracte en dépouillant les animaux morts de cette maladie. Les personnes que leur métier obligent à cet ouvrage ne sauraient s'entourer trop des précautions les plus minutieuses ; il est bon alors de se graisser les ma* avec de l'huile et de se laver souvent dans une eau fortement salée.

Le charbon est une maladie commune parmi nous, et souvent mortelle. Elle commence par si peu de chose, qu'on ne croit pas à ses conséquences graves, et le médecin est demandé trop tard. Un petit point, sans couleur d'abord, qui se recouvre d'une vésicule grise, puis noire, telle est toute la maladie à son début. Pourquoi craindre pour si peu de chose ? Aussi on ne craint pas, et l'on meurt en laissant faire. Il convient donc de savoir ce qu'il est bon d'employer alors en attendant le médecin. Un fer pointu rougi au feu sera le remède. En effet alors, il ne faut pas craindre de brûler ce petit bouton qui

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n'est rien à présent, et qui dans quelques heures empoisonne sans merci. C'est en brûlant, en cautérisant sans lâcheté, qu'on peut arrêter cette maladie maligne dans sa marche prompte. Nous sommes convaincu que si ce remède, à la disposition de tous, était employé le charbon, au lieu d'être une maladie mortelle, serait une chose de nulle importance.

Que de maladies contagieuses sont acquises au moyen de l'absorption des poumons ! Or, l'absorption des poumons est plus facile quand on est à jeun ou affaibli par une cause quelconque : il faut donc alors bien se garder de s'exposer à un air vicié. Les travailleurs dans les manufactures n'y pénétreront jamais à jeun, les hôpitaux ne se visiteront qu'après le repas, tous les malades également.

Il y a une certaine pression de l'air qui agit sur out notrecorps; diminuer cette pression empêche l'absorption. Ainsi une ventouse mise sur la paume de la main empêchera un liquide d'y pénétrer. Au contraire, la compression augrrmite l'absorption. Ainsi un bandage sur une tumeur la fera disparaître biensouvent par la résorption qui aura lieu alors. Qu'on se souvienne de ces notions, elles rendent de grands services.

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