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CHAPITRE IV

Hygiène de la Respiration.

Qu'est-ce que la respiration ?

La respiration est cette fonction par laquelle le sang noir des veines venant en contact avec l'air

dans les poumons est transformé en sang ronge des artères.

De quoi est composé l'appareil de la respiration ?

De la trachée-artère, des bronches et des poumons. La trachée-artère fait suite au larynx, première partie du canal de l'air, se trouve placée au devant de l'œsophage et se termine en deux branches qu'on appelle les bronches, qui se divisent elles-mêmes à l'infini pour se terminer en culs-de-sac et former les cellules pulmonaires ou le poumon.

Comment divise-t-on la respiration ?

En deux temps : le premier, appelé inspiration, durant lequel l'air pénètre dans les poumons ; le deuxième, qui est l'expiration, pendant lequel l'air sort des poumons.

Quelle est la durée de ces deux temps ?

Elle est de 3 à 1, c'est-à-dire que l'inspiration est trois fois plus longue que l'expiration.

Quels sont les phénomènes que présente la respiration ?

Ils sont nombreux. Nous allons les étudier tour à tour. La respiration, comme nous l'avons dit, transforme le sang noir en sang rouge ; il y a alors absorption de l'oxygène (partie vivifiante) de l'air pendant l'inspiration, et expulsion au dehors de l'acide carbonique du sang pendant l'expiration. C'est ce double travail qui transforme le sang et lui donne la vie.

Qu'est-ce que le bâillement ?

Le bâillement est une inspiration profonde faite lentement avec écartement marqué des mâchoires et qui est suivi d'une expiration prolongée. C'est im signe de sommeil et d'ennui.

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Comment est causé fe hoquet ?

Le hoquet est déterminé par une convulsion du diaphragme (le diaphragme est cette membrane qui sépare la poitrine du ventre).

Comment l'éternuement se fait-il ?

L'éternuement est causé par une irritation vague du voile du palais.

Quelle est la cause de la toux ?

La toux survient quand il y a un sentiment d'irritation ou de gène sur un point de l'appareil respiratoire.

Comment a lieu l'expectoration ?

L'expectoration, qui accompagne souvent la toux, est déterminée par le passage brusque de l'air au travers des canaux bronchiques : le courant d'air balaye les voies aériennes, entraînant avec lui les mucosités qu'il rencontre.

RÉFLEXIONS

De toutes les fonctions la respiration est peut-être la plus importante. On ne peut cesser de respirer sans mourir promptement. La bonne qualité de l'air n'est pas moins indispensable que la quantité, et si l'air qui n'est pas sain ne tue pas aussi vite, il tue peut-être plus souvent. Un auteur l'a dit : l'air tue plus que le glaive, que la guerre.

L'air est le pain de la respiration ; ce pain là se respire au lieu de se manger, voilà toute la différence. Je suppose qu'on proposât à un homme de manger du pain, du pain ordinaire, trempé dans des eaux sales, à coup sûr, il ne le ferait pas et il aurait raison. Eh bien, quand cet homme vit habituelle-

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ment dans nu air souillé de toutes sortes d'exhalations mauvaises, il fait exactement ce que je viens de supposer, il s'empoisonne lentement. Cela est facile à comprendre. Nous inspirons dans le premier temps de la respiration l'oxygène de l'air, c'est-à-dire sa partie qui nous est nécessaire à la vie, et nous expierons dans le deuxième temps le carbone, c'est-à-dire un gaz qui nous est nuisible, dont notre corps a besoin de se débarrasser tout aussi strictement qu'il a besoin d'absorber l'oxygène. Il résulte de cette explication une conclusion toute naturelle. Quand les appartements d'une maison sont tenus fermés, l'air change de nature : au lieu d'être plein d'oxygène, il devient plein de carbone, et nous inspirons ce dernier gaz au bout d'un certain temps, et pas autre chose : d'où le mauvais état de la santé des personnes qui vivent dans des édifices, là où l'air n'est pas suffisamment renouvelé.

Je plains le pauvre ouvrier condamné à vivre dans un air impur, pour faire un ouvrage qui le conduit à la tombe au milieu de sa vie ; il est victime involontaire d'un métier que le progrès, je l'espère, réussira à faire disparaître, ou à exercer sans autant de sacrifices: mais ce que je plains surtout, c'est la jeune mère qui tue son -enfant en lui refusant un air pur qui lui est plus nécessaire que le lait dont elle le nourrit. L'ignorance la rend meurtrière volontaire de l'objet de son affection.

Que de maisons, dans nos villes, où l'on sacrifie les soins maternels à un luxe équivoque, que l'on tient closes, comme si on avait peur d'y voir entrer la santé avec l'air ! C'est là que le plaisir des yeux est sacrifié aux besoins des poumons ! Qu'on change

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donc un état de choses aussi déraisonnable, et que les enfants surtoutnesoientpasprivésde la puretéde l'air. L'asphyxie survient quand la respiration est arrêtée ; elle arrive de différentes manières. Voici les principales et les moyens qu'il faut employer alors pour faire revenir à la vie la personne asphyxiée.

Asphyxie des noyés. — Aussitôt qu'un noyé vient d'être tiré de l'eau, après avoir vidé son estomac de l'eau qu'il contenait, en lui penchant la tète, on doit se hâter de faire parvenir l'air dans ses poumons : c'est la première chose à faire dans tous les cas d'asphyxie. Voici comment il faut s'y prendre : on presse sur la poitrine, de chaque côté, avec les mains de manière à ce que les côtes puissent aller et revenir, comme dans la respiration naturelle. Si on s'aperçoit que l'air rentre et sort par les narines, en se servant de ce moyen, c'est un bon signe et l'on continue jusqu'à ce que la vie soit complètement revenue. Si au contraire ce moyen ne semble pas réussir, il ne faut pas hésiter ; il faut alors insuffler l'air bouche à bouche, d'une manière régulière, donnant le temps à l'air insufflé de sortir et recommençant ensuite. On a le soin alors de pincer les narines afin d'empêcher la sortie de l'air par-là, ce qui l'empêcherait de se rendre aux poumons.

Pendant ce temps-là, une autre personne frictionne le noyé, afin d'essayer à rétablir la circulation : le frictionnement se fait avec ce que l'on peut avoir à sa disposition, une flanelle, une brosse, un peu de boisson alcoolique. Seulement, il ne faut pas employer une chaleur .trop grande tout à coup si le noyé était resté quelque temps dans de l'eau glacée,

il faudrait augmenter alors la chaleur graduellement. Ces soins doivent être continués longtemps comme dans tous les cas d'asphyxie, la vie ne revenant quelquefois que plusieurs heures après l'accident. Ainsi on cite des cas où la personne ne commença à respirer qu'au bout de six heures : c'était une véritable résurrection.

Asphyxie par le gaz, le charbon, etc. — Quand on pénètre dans un endroit fermé, avec une lumière à la main, et que cette lumière s'éteint, il faut avant d'essayer à y entrer, y faire pénétrer un air pur, c'est-à-dire renouveler l'air qui y est renfermé et est devenu un poison ; sans cela on s'expose à une mort certaine. Qu'on se souvienne de cela : on ne vit pas là où la lumière s'éteint. — Les soins à employer pour une personne asphyxiée par un gaz quelconque, sont à peu près les mêmes que ceux que l'on donne à un noyé. Introduire de l'air dans les poumons, frotter le corps pour rétablir la circulation et ramener la chaleur, faire respirer des essences, laver la figure avec de l'eau froide, tout cela aussi longtemps et aussi promptement que possible.

Asphyxie par le froid. — Nous sommes dans un pays où le froid endort et tue bien souvent ; qu'on se grave bien dans la mémoire de quelle manière on doit secourir une personne asphyxiée par le froid. Les plus grandes précautions doivent être prises pour ramener cette personne à la vie : en voulant aller trop vite on peut la tuer. C'est ce qui arrive quand on fait revenir la chaleur trop vite. Il faut donc réchauffer lentement, sur place, avec de la neige, au

lieu de transporter la personne immédiatement dans une chambre ; cela ne doit être fait que lorsqu'elle a donné des signes de vie, c'est-à-dire qu'elle a commencé à déraidir. Alors, on ne doit pas craindre de prodiguer les soins au moyen des boissons stimulantes, des frictions, évitant toujours trop de chaleur, laissant les fenêtres ouvertes, étant loin du poêle. Car la chaleur ne doit revenir que naturellement, d'elle-même, et non artificiellement, c'est-à-dire au moyen des corps chauds, etc. Pour prouver combien quelquefois un asphyxié par le froid prend du temps à revenir à la vie, et que les soins ne sauraient être prodigués trop longtemps, on cite des exemples de quinze heures de mort apparente.

Les maladies de l'appareil respiratoire sont généralement connues sous le nom de rhume ; et on les néglige trop facilement parce qu'elles portent ce nom. Les rhumes quelquefois ne sont pas de conséquence, mais souvent ils sont le point de départ

, d'une maladie qui prend des racines profondes : il ne faut donc pas les négliger. Que de phthisiques

fqai auraient vécu de longues années et qui sont descendus au tombeau à la fleur de l'âge, pour avoir négligé de soigner ce qu'ils ne pensaient être qu'un rhume ! Il faut donc recourir au médecin au plus vite dans ces cas, afin de pouvoir avoir une guérison qui ne vient plus quand on retarde trop. Les maladies de l'appareil respiratoire, ou les rhumes, sont le plus souvent causés par un refroidissement de la tête ou des pieds, mais aussi par la respiration d'un air froid et humide. Quand on sort d'un appartement chaud, par un temps froid et pluvieux, il faut se protéger la bouche avec un mouchoir.

Il est boa de faire disparaître le hoquet aussi vite que possible ; on y réussit en buvant un liquide trèsfroid ou très-acide, comme de l'eau à la glace ou du vinaigre, ou bien en retenant sa respiration aussi longtemps qu'on le peut. C'est parce que l'on conseille ces deux moyens qu'on fait boire alors un verre d'eau fraîche très-lentement et sans respirer. Une surprise suffit quelquefois à l'arrêter.

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