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DES PROFESSIONS QUI OBLIGENT LES MUSCLES A ON

exercice continuel.— Il s'agit ici plus particulièrement des professions où le travail se fait à l'air libre, tels que l'agriculture, l'art militaire, etc.

Le cultivateur est bien celui qui réclame le moins les conseils de l'hygiène, puisque c'est celui qui de tous les ouvriers nous fournit les plus beaux et les plus nombreux exemples de longévité.

Vivant de peu et trouvant dans son champ tout ce qui est nécessaire à sa subsistance, vertueux et pratiquant fidèlement les bons principes de ses ancêtres, qui sont pour lui un héritage sacré, méconnaissant l'oisiveté qui tue et l'esprit et le corps après les avoir flétris, il est à l'abri des infirmités de la misère et du vice, et trouve dans un travail constant la force et la santé que l'homme des villes a perdues dans une trop courte jeunesse.

Lavoisier prétend qu'un adulte à jeun et au repos consomme en une heure à peu près 20 pintes d'oxygène, et que le même homme au travail actif consomme 60 pintes d'oxygène par heure.

On sait quelle est la propriété de l'oxygène. Quel avantage donc qu'une respiration aussi active !

Le Docteur Chomel disait proverbialement qu'on digère autant avec ses jambes qu'avec son estomac : respiration et digestion, ces deux fonctions principales de l'homme, qui président au fonctionnement de la vie, sont rarement troublées chez l'homme des champs.

Néanmoins l'agriculture a aussi ses inconvénients, ses dangers contre lesquels doit se protéger l'homme qui s'y livre.

Pendant les travaux de la moisson, c'est-à-dire

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pendant la saison chaude, l'homme des champs est exposé, comme l'artisan qui travaille au soleil, aux maux de tête violents, aux congestions, aux coups de soleil. Il se protégera donc contre ces accidents par tous les moyens possibles ; dans ce but il ne travaillera jamais tête nue, au contraire il tiendra celle-ci continuellement couverte d'un chapeau léger à larges bords, la refroidira de temps en temps au moyen d'un bain d'eau froide ; il emploiera cette dernière précaution s'il s'aperçoit que la tête est pesante ; alors je lui conseille aussi de mettre les pieds dans une eau bien chaude, afin de déplacer la force du sang qui se porte au cerveau.

Les maladies des saisons humides et froides ne sont pas les mêmes ; c'est alors que se développent les rhumatismes, les rhumes, qui sont souvent un premier pas vers la consomption, les douleurs névralgiques, etc.

C'est le refroidissement qui le plus souvent est l'auteur de ces maladies graves. Le travailleur devrait comprendre que la sueur abondante arrêtée brusquement par le froid ne peut que développer dans son organisation des germes de maladies graves qui le cloueront plus tard sur un lit de misèreet qui lui feront verser des larmes de regret.

11 est donc d'une absolue nécessité de se donner des petits soins quand le travail donne lieu à une transpiration abondante : on change ses habits, on évite les courants d'air ; on se garde bien de s'asseoir sur le gazon frais, sur une pierre froide, etc.

L'artisan des villes comme de la campagne doit, comme l'homme du bureau, éviter l'uniformité dans la position ; il doit varier celle-ci à l'ouvrage, autant

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que cela est en son pouvoir, car l'habitude des mêmes mouvements peut empêcher tel organe de bien fonctionner.

La nourriture du travailleur actif doit être forte. Pourquoi supposer que la viande ne lui est pas indispensable, surtout ici dans nos régions rigoureuses où le travail et le climat demandent à l'homme toute l'activité qu'il peut dépenser ?

Il est une précaution à laquelle le cultivateur, situé dans l'intérieur des terres, n'attache pas une grande importance et qu'il néglige comme une chose inutile : c'est le bain. Qu'il étudie les avantages de cette habitude hygiénique et s'en serve comme d'une nécessité absolue que tout homme doit s'imposer pour bien conserver sa santé.

Il semble que l'air pur ne doit pas manquer au cultivateur, et que ce doit être sans raison qu'il doit lui être conseillé. Non ; à la campagne comme à la ville on voit des marais infects, remplis d'un liquide croupissant, que l'analyse chimique place au nombre des choses les plus repoussantes ; ils sont situés à quelques pas seulement de la maison, sous la fenêtre pour ainsi dire. L'autorité ici devrait être aussi stricte que celle de certaines villes, et dans l'intérêt général comme dans l'intérêt particulier, l'assainissement partout où il est exigé doit être fait sans tarder.

J'ai dit que les mœurs patriarchales de la campagne y entretenaient la santé : rien de plus vrai ; et c'est peut-être à cette simplicité du cœur et à toutes les qualités qui en sont l'ordinaire apanage qu'il faut demander le secret du bonheur qui y fleurit toujours, comme fleurit la moisson dans les années d/abondance.

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J'ai dit aussi ailleurs que le travailleur qui, par uu labeur bien employé assure à son corps la santé, ne doit pas oublier que l'homme ne vit pas seulement de pain. Son intelligence réclame une part de son temps, il faut la lui donner.

L'homme qui se livre aux travaux des champs, trouvant dans son ouvrage l'indépendance physique, croit aussi posséder l'indépendance intellectuelle, et il la possède réellement, parce que c'est bien lui qui nous présente ce jugement solide, cet esprit merveilleux, toutes ces qualités que la nature lui prodigue bien, mais qu'il acquiert aussi par l'observation attentive qu'il fait des choses qui se passent autour de lui. L'homme qui lit pense peut-être trop souvent comme son auteur ; l'ignorant qui ne sait pas lire est obligé de chercher seul, avec le travail de sa pensée, le pourquoi et le comment des événements de cette vie. Le premier est souvent un homme médiocre, qui ne se donne pas la peine de se former une opinion, qui semble ainsi préférer prendre celle d'un autre toute faite ; le second est presque toujours un homme à jugement élevé qui se donnera le trouble de penser et de se fabriquer des opinions de son crû. Cependant, avec ses hautes facultés, l'homme des champs n'en est pas moins généralement trop ignorant, absolument dépourvu des connaissances indispensables à tout homme.

Quel malheur que celui de cet ouvrier géant qui donne à la société son pain et ses vêtements, qui la nourrit et la vêtit, qui paie ses dettes, qui la délivre du créancier et de l'ennemi qui la rançonne, quel malheur pour lui, la toutepuissance, laforce suprêmej d'être victime volontaire de son ignorance! Prê-

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chons-lui l'égalité en lui enseignant que l'instruction offre des consolations autres que celles de l'or qu'il entasse dans ses greniers. Hommes de la science, effacez la distance qui vous sépare du manœuvre, de l'artisan ; donnez-vous la main ; fraternisez, enseignez-lui les secrets de votre intelligence et lui, à son tour, vous dévoilera les trésors de son cœur ! Tous nous devons travailler à cette grande œuvre : le rapprochement du savant de l'ignorant ; que celui-là descende avec générosité jusqu'à celuici ; les merveilles de l'esprit doivent être l'objet de l'ambition de tous !

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