CHAPITRE I
Hygiène de la Digestion.
Qu'est-ce que la digestion ?
La digestion est une fonction commune à tous les animaux par laquelle les aliments sont divisés en deux parties, dont l'une sert à leur soutien et à leur accroissement et l'autre est rejetéc comme une chose inutile et même nuisible.
Quels sont les aliments qui constituent la nourriture de l'homme ?
L'homme se nourrit de substances animales et végétales, c'est-à-dire qu'il se nourrit de tout, qu'il n'est pas comme tous les autres animaux de la création qui ont besoin, chacun, d'une nourriture particulière.
Est-ce que le régime végétal n'est pas aussi avantageux que le régime animal pour le soutien de la santé et de la vie?
Non. Des expériences ont prouvé que les deux régimes étaient nécessaires.
Pourquoi cela ?
Parce que l'organisation de l'homme le veut ainsi : elle tient le milieu entre celle des carnassiers et des herbivores, c'est-à-dire des animaux qui ne mangent que viandes et végétaux.
Quelle différence y a-t-il entre l'organisation d'un carnassier et celle d'un herbivore, au point de vue ^de la digestion ?
Il y en a plusieurs ; mais il est suffisant d'en faire connaître une principale. Chez le carnassier, la digestion est prompte parce que le tube digestif est très-court ; chez l'herbivore la digestion est lente parce que le canal alimentaire est très-long : ainsi le bélier a l'intestin vingt-sept fois la longueur de son corps, tandis que chez le lion il n'est que trois fois sa longueur.
Quelle conclusion tirez-vous de cela ?
Cette conclusion-ci : c'est qu'à tel animal telle nourriture est nécessaire.
Quelle est la longueur du tube digestif chez l'homme ?
Sept fois la longueur de son corps.
Combien y a-t-il de sortes d'aliments ?
Deux sortes : les solides et les liquides qui sont nécessités par la faim et par la soif.
Qu'est-ce que la faim et qu'est-ce que la soif ?
La faim est un besoin de manger que l'on ressent quand l'estomac est vide, comme la soif est un Besoin de boire en proportion de la perte des liquides du corps. Une personne qui digère promptement a souvent faim ; une autre qui transpire beaucoup a toujours soif.
Où se passe le travail de la digestion ?
Dans le tube digestif.
Qu'est-ce que le tube digestif ?
C'est ce canal qui s'étend de la bouche à l'anus.
Donnez-nous les divisions de ce canal :
Il y a la bouche, le pharynx, qui est la cavité en arrière de la bouche, commune à l'air et aux aliments ; l'œsophage, conduit qui va de la bouche à l'estomac ; l'estomac, qui transforme la nourriture en une masse molle et pâteuse, qu'on appelle chyme ; le petit intestin qui flotte à la surface du ventre, qui pompe la partie nutritive des aliments qu'on appelle chyle ; le gros intestin qui est une espèce de réservoir pour les aliments qui ne sont pas absorbés, jusqu'à ce qu'il s'en débarrasse à une heure donnée.
Est-ce tout ce qui compose le conduit digestif ?
Non. Il y a certaines parties, appelées annexes, qui lui sont indispensables, ce sont : les glandes salivaires qu'on trouve dans la bouche, le foie qui est à côté de l'estomac, à droite, le pancréas qui est attaché à la première partie du petit intestin et la rate qui est placée à gauche de l'estomac. Nous connaîtrons la nécessité de ces annexes en faisant l'étude des diJFérents actes de la digestion,
Quels sont-ils ?
Ce sont la préhension des aliments ; la mastication, l'insalivation, la déglutition, la digestion de l'estomac, la digestion des petits intestins, la digestion des gros intestins. Tout cela constitue les phénomènes de la digestion.
RÉFLEXIONS
L'aliment est la vie, seulement il faut savoir en user, sans cela c'est la maladie et la mort. Bien conduire sa faim et sa soif, voilà peut-être tout le secret de la santé. Les appétits extrêmes, qui dégénèrent en gourmandise, se rencontrent surtout chez les jeunes enfants ; ils doivent donc s'en défier. Les repas doivent être réguliers et modérés, sans excès. Les excès sont fréquents. Que d'organisations florissantes, que de constitutions fortes deviennent ainsi dépérissantes et affaiblies ! Quand la faim et la soif se font sentir vivement, il ne faut pas les satisfaire immédiatement. Prendre une petite quantité d'abord et attendre ensuite quelques instants avant de continuer, telle est la règle à suivre alors. Après une course violente, on doit s'abstenir de manger ou de boire ; c'est pour avoir oublié cette loi qu'on a vu souvent ces indigestions dangereuses et ces attaques subites, appelées communément coups d'eau, qui tuent si souvent, qui toujours laissent des traces ineffaçables de leur passage. Il y a alors obstacle à la circulation du sang qui était trop rapide, ou contact trop prompt et trop étendu d'une autre température, et ces deux causes développent les effets funestes que nous venons de mentionner. Qu'on y prenne floue garde,