‹ La santé pour tousChapitre 8 sur 42 · DIFFÉRENTS ACTES OU PHÉNOMÈNES DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTS ACTES OU PHÉNOMÈNES DE LA DIGESTION

1° Préhension des Aliments. — La plupart des animaux s'inclinent et vont chercher une nourriture éloignée ; l'homme, au moyen de ses mains, fait venir à sa houche ce dont il a besoin.

2° Mastication. — Qu'est-ce que la mastication ?

C'est la division des aliments au moyen des dents, afin qu'ils soient plus facilement digérés dans l'estomac et l'intestin.

Combien comptons-nous de sortes de dents ?

Trois sortes : quatre incisives qui sont les premières en avant de la bouche ; deux canines ou laniaires que l'on trouve immédiatement après sur les côtés ; dix molaires, dont quatre petites et six grosses qui sont les dernières au fond.

Pourquoi ces différents noms ?

Les incisives, qui sont tranchantes, coupent les substances alimentaires ; les canines, de forme conique, les déchirent ; les molaires, dont la surface est large et rugueuse, écrasent et broient les aliments.

Faites-nous la description d'une dent:

La dent est un petit os, très-solidement fixée dans la mâchoire, composée d'une enveloppe et d'une cavité. Dans l'enveloppe on distingue deux parties : la couronne ou tête, qui fait saillie au dehors de la gencive, et la racine qui est cachée dans l'alvéole (trou) de la mâchoire. On y trouve deux substances : l'ivoire qui en forme la plus grande partie et l'émail qui recouvre l'ivoire et le protège. — La cavité occupe toute la racine et reçoit le nerf de la dent avec les

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vaisseaux qui la nourrissent ; cette cavité s'appelle la pulpe dentaire.

La mastication se fait-elle seulement au moyen des dents ?

Non. Les joues, les lèvres et la langue jouent un grand rôle. Les joues et les lèvres aident au mouvement des mâchoires ; la langue, qui cherche les aliments dans toutes les parties de la bouche pour les mettre sous les dents, est en mouvement continuel et pour ainsi dire l'instrument principal de la mastication,

RÉFLEXIONS

Les dents sont indispensables, il faut donc faire tout son possible pour les bien conserver. Chaque matin et après chaque repas, on les lave avec de l'eau claire dont on imbibé le coin de son mouchoir. L'eau et le mouchoir valent mieux que toutes les préparations et les brosses inventées pour la propreté des dents. Ces préparations le plus souvent usent l'émail de la dent. Si manger après une course est une chose contraire, manger trop vite est loin d'être avantageux. Il y a à peine quelques semaines, à deux ou trois jours d'intervalle, j'étais demandé pour donner mes soins à deux enfants qu'on disait s'être étouffés en mangeant. Quand j'arrivai ils étaient morts. Premier danger, de ne pas se servir de ses dents. Deuxième danger, une digestion ne peut être bonne longtemps si la mastication est trop prompte. Servons-nous donc de nos dents et nous ne serons pas victimes de ces nombreuses maladies de l'estomac qui tuent les mangeurs trop prompts. Les fruits dont les enveloppes sont dures, les légumes, ont

besoin plus que la viande d'être écrasés, imbibés par la salive pour qu'ils ne produisent pas dans l'intestin l'irritation qui arrive toujours sans cela.

La mastication nous permet de reconnaître des corps durs qui peuvent se trouver dans nos aliments. Si les mères de mes deux petits enfants leur avaient enseigné cela, elles n'auraient pas eu à pleurer leur mort inattendue. Le vieillard regrette ses dents perdues et dit que son estomac ne va plus pour cela ; que ses plaintes soient une leçon, et pendant que nous les avons, tirons-en le profit qu'il déplore.

3° Insalivation. — Qu'est-ce que l'insalivation ?

C'est l'imbibition des aliments par la salive.

Qu'est-ce que la salive ?

C'est le liquide qui se forme dans les glandes de la bouche et qui sort continuellement, et surtout pendant la mastication, pour aider à fondre les aliments en une masse pâteuse.

Les glandes sont-elles nombreuses?

Oui. Les principales sont : les sublinguales qu'on trouve sous la langue, les sous-maxillaires qui sont près des mâchoires en arrière, enfin les parotides qui sont en haut et en arrière.

La salive est-elle bien utile?

Oui. Comme nous venons de le dire, elle aide à ramollir les aliments qui sont ensuite plus facilement avalés. Puis elle joue encore un rôle plus important ; ainsi la fécule, qui est la partie nutritive du végétal, ne pourrait être dissoute dans l'estomac, si elle ne subissait une transformation par la salive. Celle-ci la transforme en dextrine d'abord, puis en glucose. Sous cette dernière forme, elle devient pour nous la principale nourriture,

RÉFLEXIONS

Les aliments féculents, patates, pain, végétaux quelconques, n'étant pas digérés â l'état de nature, doivent être soumis à l'action de la salive avec soin pour être transformés en substance assimilable. La diminution de la salive est donc nuisible. C'est pourtant ce qui arrive souvent cbez les fumeurs. La salive n'est pas seulement nécessaire pour une bonne mastication: elle aide aussi directement à la digestion de l'estomac ; elle continue à jouer dans ce dernier le rôle qu'elle a commencé dans la boucbe. Or, chez ceux qui ont l'habitud^Hu tabac, la salive après les repas étant crachée continuellement par l'action du tabac, rien d'extraordinaire que la plupart d'entre eux éprouvent des embarras de digestion très-graves. Les fumeurs qui avalent leur salive ne sont guère mieux ; ils introduisent dans leur estomac les principes acres et irritants du tabac.

Ainsi donc, on peut établir que les personnes qui rejettent habituellement leur salive comme celles qui ne mâchent pas suffisamment, maigrissent et sont sujettes à de fréquentes indigestions.

4° Déglutition. — Qu'est-ce que la déglutition?

Le transport de la nourriture de la bouche à l'estomac constitue la déglutition.

Comment nomme-ton les différentes cavités que traverse l'aliment dans la déglutition?

Il y a la bouche que nous connaissons, le pharynx qui est une cavité commune à l'aliment et à l'air, puis l'œsophage qui est un canal étroit s'étendant du pharynx à l'estomac.

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nÉFLEXIONS.

Eviter de rire en avalant, car on étouffe surtout en avalant mal plus qu'en avalant trop. Les aliments peuvent aussi passer en arrière dans les fosses nasales, ce qui n'est pas dangereux, mais très-incommode. Les repas doivent donc être pris au milieu de la plus grande tranquillité possible.

5° Digestion de ï 'estomac. — Qu'est-ce que l'estomac ?

C'est un sac membraneux qui fait suite à l'œsophage situé dans le ventre à sa partie supérieure. Il est recourbé s*r lui-même et placé en travers. Il possède deux ouvertures : une d'entrée et une de sortie. L'une s'appelle cardia, parce qu'elle est située près du cœur; l'autre s'appelle pylore, parce qu'elle ferme l'entrée des intestins.

Quel est le rôle de l'estomac dans la digestion ?

C'est principalement de continuer le travail commencé par la bouche, qui consiste à ramollir les aliments, à les dissoudre, à les transformer en une masse molle appelée chyme. Il absorbe aussi directement les liquides et les fait passer dans le sang sans subir presque aucun changement.

Quelle est la durée de la digestion stomacale?

Elle est, en moyenne, de quatre à cinq heures.

Comment se fait cette opération importante ?

Au moyen de trois actions principales : action mécanique par laquelle l'estomac exécute des mouvements de contraction assez actifs ; action chimique par laquelle il y a dissolution des aliments; action vitale parce que l'influence nerveuse lui est absolument nécessaire,

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Qu'entendez-vous par suc gastrique ?

C'est un liquide sécrété par l'estomac, comme la salive est sécrétée par la bouche.

Comment appelez-vous les mouvements de l'estomac ?

Ce sont des mouvements péristaltiques. Le môme nom est donné aux mouvements des intestins.

RÉFLEXIONS

Les premiers instants de la digestion doivent être paisibles. Comme au repas lui-même, il lui faut du calme et de douces impressions. L'étude donne alors mal à la tête, et le travail corporel, l'exercice violent arrêtent la digestion, et rendent indigeste une nourriture qui sans cela eut été facilement digérée.

Il y a une chose qui fatigue l'estomac dans sa digestion, et qui est la principale cause de ses maladies : c'est de boire trop en mangeant. Boire trop en mangeant empêche l'action de la salive et du suc gastrique sur les aliments, action qui leur est indispensable ; puis aussi trop de liquide entraîne rapidement les aliments dans le canal alimentaire avant qu'ils soient ramollis, et cause ainsi une irritation nuisible.

Manger à sec oblige de manger lentement, et nécessite la mastication, et laisse libre le travail naturel de la digestion. Les liquides autres que la salive ne sont nullement nécessaires à la digestion. C'est là une vérité que l'on méconnaît et qui devrait être mise en pratique. Servons-nous des liquides pour la soif,

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6° Digestion du petit intestin. — Qu'appelle -t- on intestins?

Les intestins sont ce canal alimentaire qui n'est que la continuation de l'estomac à l'anus. On les divise en petit intestin, ou intestin grêle, et gros intestin.

Qu'est-ce que le petit intestin ?

Le petit intestin est la première partie du canal alimentaire. Il se divise en trois parties : la première partie, appelée duodénum, parce que sa longueur est évaluée à douze travers de doigt ; la deuxième partie, ou jéjunum, parce que cette deuxième partie est généralement vide ; et la troisième enfin, l'ileum, ainsi nommée à cause de ses nombreux contours.

Comment se fait la digestion dans le petit intestin ?

Au moyen des divers sucs, comme dans l'estomac.

Quels sont-ils ?

Il y a le suc pancréatique formé par une glande ressemblant aux glandes parotides de la boucbe, et qui est attachée au duodénum ; la bile fournie par le foie, et les sucs des glandes qui tapissent l'intérieur de l'intestin.

Quel rôle principal jouent ces différents liquides ?

C'est de dissoudre les matières grasses plus particulièrement et de transformer le chyme qui est sorti de l'estomac en deux parties distinctes : l'une, le chyle ou liquide qui doit être absorbé et constitue la nourriture réparatrice, et l'autre, qui n'est pas autre chose que la matière qui doit être chassée au dehors.

Comment se fait l'absorption du chyle ?

Au moyen de vaisseaux appelés chylifères et des veines. Le chyle doit être considéré comme semblable au sang.

Vous nous avez parlé souvent de la partie nutritive des aliments, quelle est-elle ?

Les principes nutritifs peuvent se résumer à trois : la graisse et la fécule que nous connaissons et les substances albuminoïdes qui sont composées de la caséine du lait, de la fibrine des végétaux et des viandes, de l'albumine des œufs (blanc d'œuf), etc.

Tous ces principes servent-ils à la composition de notre corps ?

Non. Les uns forment nos tissus et les autres de la chaleur, et nous donnent la température qui nous est nécessaire.

Comment ces trois principes nutritifs sont-ils absor bés?

Les matières grasses sont liquéfiées par le suc pancréatique, la bile et les sucs intestinaux ; la fécule est dissoute d'abord par la salive et ensuite par le suc pancréatique et les sucs intestinaux ; enfin les matières albuminoïdes, viande, etc., sont attaquées par le suc gastrique.

RÉFLEXIONS

Quels sont les aliments que nous pouvons digérer plus facilement : voilà une question qui s'adresse souvent au médecin. La réponse est facile. Ce sont ceux qui sont le plus facilement dissouts par les sucs de la digestion, soit de l'estomac, soit des intestins. La nature n'est pas également la même chez tous ; c'est ce qui explique que tel aliment qui fait du bien à celui-ci est nuisible à celui-là. Une personne qui a peu de salive sera fatiguée par les féculents ; une autre, dont l'estomac sécrète peu de fluide gastrique,

ne supportera pas la viande ; enfin une troisième, dont le fluide pancréatique est en petite quantité, souffrira de l'usage des aliments gras. Il convient donc de bien se connaître afin de bien régler son régime de vie, d'après les exigences de notre organisation. Chacun doit être son juge dans cette affaire. Néanmoins, l'on peut établir d'une manière générale que les aliments qui possèdent des principes très-solubles comme la viande, le poisson, le lait, etc., se digèrent vite ; taudis que les graisses, les huiles, etc., ralentissent le travail de la digestion. Mais tout dépend surtout de l'état de nos organes et des sucs digestifs.

7° Digestion du gros intestin ou défécation. — Qu'estce que le gros intestin ?

Le gros intestin est la continuation du petit intestin et s'étend de l'ileum à l'anus. On le divise en trois parties : le cœcum qui est très-court, le colon qui est la partie la plus longue, et le rectum qui est la dernière partie. Dans le colon, il y a la partie ascendante à droite, transversale en haut, en-dessous de l'estomac, et descendante à gauche.

Que remarque-t-on à l'entrée du gros intestin ?

Une espèce de porte mobile, appelée valvule de Bauhïn, qui empêche le passage trop continu des aliments du petit intestin dans le gros.

A quoi sert-il ?

C'est une espèce de réservoir qui sert de séjour au résidu de la digestion et qui empêche son expulsion trop prompte.

De quoi est composé ce qu'on trouve dans le gros intestin ?

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i)e tout ce qui n'est pas assimilable.

RÉFLEXIONS

Il est bon d'avoir une heure régulière pour aller à la garde-robe ; cette habitude seule est suffisante bien souvent pour prévenir ou guérir une constipation fatiguante. Nous avons dit tout à l'heure que chaque individu a sa nourriture plus ou moins indigeste : la connaissant il n'est pas mauvais de s'en servir pour agir sur des intestins qui ne fonctionnent pas assez ; c'est un purgatif tout naturel qui en vaut bien d'autres.

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