LA §4PH
-r- Partez po^r l-on4rei5, ajquta lady Cwpb^U en y^n^nt lui spfrer la mam, monsieur Pallier et moi nous arraug^rons les choses ici, aJQut^-t-elle i^vec Impatience ; n^ais partes i^^ns I4 revoir, Qenriette vous aime.
— Kadame» murmura Richwd, u'ei^ige? pas,,.
— Je n'exige pas, mon fils. Je prie.
L0 jôupe hpn^pie baissa la tète. Lady Campbell se ieys^ eu disant :
^- J'ai votre parole, u*est-ce pas? Vous partirai dans une b^uTP* Allez vous préparer, je vais aller rassurer monsieur Pallier» il dit que sa fillp mour* rait de cbagriu i\ elle devait rènoucer à vous. .
Richard s'inplina et sortit eu piaûdiss^nt sa tifuidite et sa faiblesse.
— Je partirai» murmura-t-il, mais je veux lui écrire que si je ue puis T^pouser je ne me marierai pas, je ue reviendrai que lorsque tout sera roppu.
Comme il prenait une plume pour écrire, son domestique entra et lui remit la prétendue lettre de Uarie. H put % peine en croire ses yeux ; il relut plusieurs fois ; Marie, répéta-t-U, Marie, est-ce bien elle qu| ut'^^^nt ce}a ? à quoi donc tenait sou amour pour moi puisqu'elle me quitte sans rpgret?
Si étrange que lui parût cette lettre, il ne pouvait avoir un doute sérieux sur son origine | ft Marie ne lui ^vait jamais écrit, la pauvre ^le avait donné tout son temps 2|.u travail ; elle savait, écrire, mais si mal qu'elle n'aurait jamais osé en-
voyer une ligne à Richard ; il y a des femmes qui ne savent pas que le mot : je t'aime, peut s'écrire de toutes les manières. Richard resta longtemps immobile, puis il poussa un profond soupir en se disant :
—Il vaut mieux finir comme cela, je ne chercherai même pas à la revoir, c'est elle qui l'aura voulu, je partirai.
Monsieur Pallier ne parla pas à lady Campbell de ce qui s'était passé pendant la nuit, il attendait avec impatience le résultat de l'effet produit par la lettre ; il respira à pleine ppitrine quand Richard vint lui serrer la main en lui disant :
— Je pars, vous m'excuserez auprès de mademoiselle Henriette, mais ma mère m'a chargé d'une affaire qui n'admet aucun retard, je reviendrai le plus tôt possible.
— Je ne vous quitte pas, cher ami, s'était écrié mon* sieur Pallier, je veux vous mettre en chemin de fer*
En effet, il ne s'éloigna qu'après avoir vu partir le convoi.
Lorsque Richard fut seul, il pleura en relisant la lettre de Marie. Il éprouvait une vive douleur en s'éloignant; pendant le premier mois qui suivit cette séparation, vingt fois il fut sur le point de revenir. Pour la première fois de sa vie il fit preuve . de courage en restant à Londres.
Monsieur Pallier avait tout confié à Rosalie, seulement il ne lui avait pas dit que Marie avait été séduite, abandonnée; selon lui c'était une intri-^
gante qui avait fait tout cela pour se faire épouser ; la vieille fille le tenait au courant de ce qui se passait chez madame Laurent et àThospice.
Monsieur Pallier avait de la peine à cacher sa joie quand la gouvernante lui disait en rentrant :
— La demoiselle est toujours dans le même état, le délire ne la quitte pas, on n'a rien pu savoir d'elle, on assure qu'elle ne peut aller longtemps.
— Bien I disait monsieur Pallier en se caressant le menton.
— Et la mère?
— J*ai vu madame Smith, elle m'a dit que depuis )â disparition de sa fille, madame Laurent se laissait mourir de chagrin; elle est restée huit jours et huit nuits sans vouloir se coucher, elle croit que Marie s*est sauvée avec monsieur Richard ; elle a pris le lit et nd lé quittera plus parce qu'elle est^ insensible à tout; elle a regu une lettre de son fils Pierre dans laquelle il lui [annonce son prochain retour ; c'est à peine si elle Ta lue; madame Smith prétend que c'est un mauvais signe .
— Diable, fit monsieur Pallier, voilà un frère qui arrive bien mal à propos.
— Ah I vous avez du temps devant vous, il parle de deux mois à partir du jour où l'on recevra la lettre.
— Dans deux mois il sera trop tard, pensa monsieur Pallier.
— S'il ne s'agissait pas du bonheur d'Henriette, murmura timidement Rosalie, je vous prierais de...
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-: Be qfloi? iaterropjpit br}italei)[>e»)t ïp,pi}5ifigf
Pallw-
— Ne vous fâchez poiflt, répondi); Rosalje avec douceur, si ^'on pouyait san$ danger pour ma chère Henriette réupir ces deu?: pauyries créatures qiji voBt fliourjr lo^a Tune de Taujre? SI yous si^yiez ce qii^e cette je|iin|Bgl|^ ^ spufferti Peux {qis sa }^lessure s'est refermée, il a f^iu la rouvrir et sonder la pl^fe. Certes, ijn cprp^ qm aurait eu la pM^l^dre sensibilité n'aurait pu supporter ces douleurs. Elle ne se souvient de rien.. .
— pile est mieux soignée là qu'elle ne l'aurait été chyez ^11^, reprit nu^ja^jeur Pallier, craignapt qiie JEtQSj^Jie pe se laissât entraîner par up bon mouvement; il faïut attendre encpre quelques joijirs; que jdi^blp op p^ n^eurt pa^ 4p chagrin ! si Richard apprpniift tout ce qui s'est passé il refuserait mon Henriette, et vous s^vez si elle l'aime 1...
Rosalie l)aissa )a tête sans ajouter un niot.
ï.e lendepi^in, le docteur qui ayait toujours donné ses soins à madame ]Lauren]tj disait à madamie Smith qp^ s^mglojtait :
— Voyons, ma pauvre femme, il faut du courage, que voulez-vous, pous sompies tous mortels ; quand op aime les gens e); qu'on les a vus souffrir conime elle souffrait depuis quelque temps, il jfaut se dire qu'ils sont bien heureux d'être morts ; puis il ajouta : Ces); sa fille qui Ta tuée.
^ 4jbi I Aï ift^dame Smith len eçsuyjanj; des larmes '
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qrië d'autres suivaient, M Tâccusez pas la pautre enfanf , Éà ibèté m'a totit cdhlë^ c'était un angèi comme ma Léondre, le malin èspHl Fa emportée. Je ne lui ai janlàls dit ce que je pensais à ma pauvre amie, mais jd suis bien sûre que si Marie n'était pas morte, elle aurait au moins écrit à sa mère.
— Coriimeiit est mdrte médaille Ldùrent î Avaitelle sa connaissance f demanda le médecin.
— ' Oui, docteùl", hier àd feoîr je lui ptitMii de Pierre qtit allait reveiiir, elle ine répondit eti secouant la tête : il arrivera trop tard, je l'attendrai là haut à côté de Jacques, Marie et de sôii père/ car elle est morte nôtre pauvre MâHe, pUis elle se tUt A deux heut'ës du matiii je m'étais eîidorraie dans le fauteuil, elle m'a appelée et m'a dft : Si Marie n'est pas morte, c'est qu'elle est enfermée; si' elle revenait ufi jour, ëHibrassez-la pour moi, diles-lui que ma dernière pensée, ma dernière prière à été pour elle. Appi-ochéz-vous, ma pauvre amie, je Vous regrette aussi, mais Hé pleurez pas, vous êtes plus à plaindre qlié faioi ; il Vôtis fatit encore lutter contre les misères de cette vie; ayei du courage : les heureux de la terte sôtit cet»* qu'elle retodvrë. Elle retomba en arrière en me priant d'uÉie vdix éteinte de idi lire quelques pages de la bible; je croyais qu'elle m'écoutait, ses yeux étaient totirnéft vers moi, mais tout était fini.
— AlloilS, 4it le docteur^ il fatlt songer à lui rendre les détniers devoirs; Vous étiez son amie,
cela vous regarde ; il glissa deux pièces d'or dans la main de madame Smitk et sortit pour se dérober aux marques de sa reconnaissance.
Vingt fois madame Smith approcha un miroir des lèvres de madame Laurent dans Tespérance de retrouver un souffle, mais elle était bien morte ; elle Tembrassa, prit son plus beau drap, un bonnet de mousseline brodé par Marie, et après l'avoir ensevelie elle se mit à genoux pour prier.
Elle perdait beaucoup cette pauvre femme I elle s'était fait une famille de ses amis. La joie n'était jamais entrée dans cette maison que comme une ombre, mais elle avait partagé leurs chagrins ; pour certaines natures, la misère, l'infortune c'est un droit sacré à la tendresse.
— Pourquoi ne m'as-tu pas attendue? disait-elle à la morte, nous sommes du même âgei Pourquoi t'en vas-tu sans moi?
A neuf heures on apporta la bière, les sanglots de madame Smith se mêlèrent au bruit du marteau ; à onze heures le convoi se mit en marche; elle le suivit en marchant avec peine, elle n'avait plus la force de pleurer, elle était abîmée dans sa douleur. Elle ne vit pas Rosalie qui la montrait du doigt à monsieur Pallier en disant :— Vous voyez que j'étais bien informée, madame Laurent est morte; cette femme qui pleure c'est la voisine, madame Smith.
Monsieur Pallier avait vu ce qu'il voulait voir. Cependant il fit un signe de mécontentement en
murmurant tout bas : — La petite va un peu mieux, mais dans quinze jours Henriette sera mariée.
Madame Smith en rentrant alla trouver le propriétaire et le pria de faire mettre dans un grenier les meubles et les effets que madame Laurent avait laissés et qui appartenaient à ses enfants. Déménager le rez-de-chaussée, placer Fécriteau, fut l'affaire de quelques heures. Quand madame Smith rentra dans sa petite chambre, son cœur se serra si fort qu'il lui parut impossible d'y rester ; elle sortit ne sachant ce qu'elle allait faire^ elle lut sur une affiche qu'on demandait une servante et elle courut se présenter. Elle avait une figure si honnête, qu'elle intéressa la personne chez laquelle elle se présenta et elle fut acceptée de suite.
Lady Campbell écrivit à son fils de revenir. On lui avait appris la mort de madame Laurent, elle ignorait que Marie fût à l'hôpital , elle croyait n'avoir plus rien à redouter.
^Lorsque Richard arriva, sa première pensée fut pour Marie, il passa sur le quai, il vit des rideaux blancs, des fleurs sur l'appui de la fenêtre.
— ^Allons, pensa-t-il en soupirant, ma mère m'a tenu parole, on a l'air plus heureux dans ce pauvre réduit.
Lorsqu'il arriva chez lady Campbell, on se garda bien de lui rien dire de tout ce qui s'était passé pendant son absence.
Monsieur Pallier touchait enfin à la réalisation de son vœu le plus cher ; pourtant il était préoccupé du
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chdtigëtnent qui s'Opëralt ddns le Cteul* déLéonie : elle était devenue matissade^ acariâtre ; depuis le jour où le mariage de sa scëtif àvâlt été décidé, elle se croyait riiystiflêei et Toulafcit se défendre du ridicule^ elle raillait sattl^ cesse | pour cachel* soi! dépit, elle fit semblant d'àirtlèr son cousin ; ce fut un nouveau genre de tyrâhftie. Moiisieur Pallier signifia à Paiil qu41 épouserait Lêonie et le félicita de son bonheur.
Paul , à cette noiitelle, laissa tomber son cigare : boh I péhsa-t-il, je lie réchapperai pas ; qtie diable ont-elles toutei^ à th'aimer ainsij moi qui croyais si bien échappët au mariage ? Oh I mon cher oncle, si je ne dépeilddis pas de vous ^ comme je vous enverrais prométiet tous et vos filles, surtout cette capricieuse de Léonie, enfin I
Senriette formait un contraste frappant avec i^a sœiir : elle était belle de sa beauté, belle de son bonheuï*. Tout était prêt : une semaine encore et elle allait être heureuse pour la vie.
Depuis le jour où madatne Laurent avait été eiitèrtée, monsieur Pallier eilt tant à faire qu'il ne s'occupa plus de Marie. Deux hommes étaient venus la voir tous les dimanches après TofiBce ; l'un apportait une livre de sUcre, l'autre une douzaine de biscuits , qu'ils déposaient près de la malade, puis se retiraient discrètement. Ces deux hommes étaient Jérôme et Thomas.
DU reste, Marie e:icitait une vive sympathie : liialàdes, médeciiiSi filles de salle, tout le monde l'ai-
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ihiiit ; êë$ t^hevedx. étaient soignés par Tune , ses mains layée^ , ses ongles coupés par Taùtre. Les passants s'arrêtaient et Id regardaient atec ititérèt;
Un dimanche, ïhomàs et Jérôme arrivaient < comme à Tordipaire ; séuletùetlt cette fois il y aydit un chângemëtit : c'était Jérôme qili portait les biscuits et Thomas le sticre ; le jedne liomme avait réclamé. Le médecin, qai se trouvait auprès du lit, lui dit en souriant :
— ^ D est encore trop tôt, mon garçon , elle lie te dii^a pas inerCi pour ton beau sucre blanc; mais patience, va, d'un instant à l'autre ses yeux verront les Choses telles qu'elles sont. !Pour le tnoment je* puis t'àsstirer qu'elle est sauvée ; elle vivra et ne sera pas fdlle.
— Oh I répondit Tom en rougissant i je ne lui dotide pas mon sUCre pottr qu'elle me dise merci.
Le docteur lui tendit la main. N'était-ce pas la plus belle des récompenses à dontier à ce pauvre garçon?
— Td éâ ud bon enfant, lui dit Jérôme en lui frappant sdr TépaUle, tu As beau être dn anglais , je t'aime tdUt de mêdie.
— Voyei-Vbds, mdniSiedr lé docteur, quand elle ira tout à fait bien, nous ne viendrons plus, moi du moins, ajouta Jétôme. Car c'est moi qui lui ai fait cette vilaine blessure dont elle a failli mourir ; c'est bien drôle qde personne ne l'ait réclamée ; voyezvdus, si elle était morte j'aurais eu un gros poids sur là cdiisciencë \ car isànë ce maudit croc de fer,
avec lequel j'aurais bien pu lui .crever le cœur, elle n'aurait pas été malade huit jours. On ne meurt pas pour avoir bu un peu d'eau salée. Nous, ça nous altère, voilà tout C'est pas de ma faute, cette nuit-là il faisait noir comme dans un four.
. — Elle ne vous en voudra pas, mon brave, répondit le médecin, vous auriez tort de ne pas revenir; avec cette douce figure on doit avoir une bonne et belle âme ; elle vous sera reconnaissante.
L'heure de la visite était écoulée, les deux hommes partirent en disant : Nous reviendrons dimanche prochain.
Les médecins et les internes de. l'hôpital soignaient Marie avec une sollicitude toute particulière, ils voulaient voir arriver l'éclair de raisçn que la fièvre allait laisser passer en s'éloignant, entendre ses premières paroles ; car tout était mystère autour de la jeune fille, et puis elle était belle, elle portait avec elle ce charme inséparable de la jeunesse ; la sympathie, la charité, la science, la curiosité épiaient son regard et son moindre souf&e ; elle fut soignée aussi bien que la reine eût pu l'être dans son palais, moins le luxe, mais qu'est-ce que cela pour les ma- ' lades ouïes morts?
Un matin qu'on entourait son lit, à l'heure de la visite, Marie sembla se réveiller d'un long et profond sommeil ; elle leva la tète, puis après s'être assise sur son lit elle toucha ses mains, son front, ses cheveux, elle sembla regarder en elle-même ;
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sa mémoire obscurcie ne put rien lui rappeler ; à ses yeux le passé était une ombre impénétrable; elle toucha ses draps, regarda encprfe autour d'elle, puis tendit ses deux mains à ceux qui l'entouraient, comme une femme enterrée qui voudrait qu'on Taidât à sortir de sa tombe ; le docteur prit une de ses mains^ la serra doucement en lui disant avec douceur: Là... là... mon enfant^ pas d*émotion, du calme, vous êtes entourée d'amis.
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