I-,a perle que l'enfer y fait
N'est pas telle qu'on pense, Car tout mallôlier, tel qu'il soit,
Est au diable d'avance.
Un mallAtier gourmandait des manœuvres
Qu'il avait fait travailler à son fief
Pour élever poteaux et hautes œuvres,
Croyant par là se donner du relief.
« Par saint Mathieu, pareille massepierre,
S'écria-t-il, ne durera vingt ans !
Ah ! Monseigneur, lui repart maître Pierre,
C'en sera là pour vous et vos enfants. »
Ferrand.
20 GENS ET CHOSES d'aRGENT.
Sur Law :
Law, ne devais-tu pas attendre A faire ta conversion Que la justice te fît pendre Pour imiter le bon larron ?
Vous nous ôtez nos usages Nos coutumes et nos lois ; Ma foi, vous n'êtes pas sage :
Car, en nous faisant anglois, Redoutez le sort sinistre Et craignez tout à la fois Ce qu'ils font à leurs ministres Et ce qu'ils font à leurs rois.
Veux-tu savoir en quoi diffère De Mazarin le ministère Et de Law, le futur pendu ?
L'un ne f... que la régente Et par l'autre tout est f..., Le régent, l'État et nos rentes.
Je n'ai plus dans mon gousset Qu'un pauvre petit billet.
Au porteur il est payable, Maïs le porteur est au diable.
GENS ET CHOSES d'aRGENT. 21
Sur Texil du Parlement :
Il n'y a que sept lieues de Paris à Ponloise. Il n'y a que sept lieues de Pontoise à Paris. Pour ne pas vouloir vivre à rKcossaise, En partant, le Parlement dit :
Il n*y a que sept lieues de Paris à Pontoise. Il n'y a que sept lieues de Ponloise à Paris.
Lundi, je pris des actions, Mardi, je gagnai des millions, Mercredi, je pris équipage, Jeudi, j'arrangeai mon ménage.
Vendredi, je m'en fus au bal, Et samedi, à l'hôpital.
Avec maintes duchesses, Parut Madame Law ; Villars léchait ses fesses, Guiche baisait ses pas El Roquelaure, enfin (ce n'est pas un mensonge) Décrottait ses jupons.
Rrissac avec Brancas, Nettoyaient son éponge.
22 GENS ET CHOSES n*ARGE\T.
(( Ce qu'ont fait cinq ou six dames de qualité est vraiment scandaleux ; elles avaient saisi M. Law au moment où il était dans son appartement, et comme il les suppliait de le laisser aller et qu'elles s'y refusaient opiniâtrement, il leur dit : « Mesdames, je vous demande mille pardons, mais si vous ne me laissez aller, il faut que je crève, car j'ai un tel besoin de pisser que je n'y puis tenir davantage. » Elles lui répondirent : « Eh bien ! Monsieur, pissez, pourvu que vous nous écoutiez. » Il le fit pendant qu'elles étsiient autour de lui. C'est une chose affreuse, et lui-même en a ri à se rendre malade. Vous voyez à quel point la cupidité est venue en France. »
Princesse Palatine.
Un laquais avait tant gagné dans la rue Quincampoix qu'il put acheter un équipage. Quand on lui eût amené le carrosse, il oublia qu'il en était le maître et monta derrière. Son laquais s'écria : « Eh ! Monsieur, que faites-vous ? Le carrosse est à vous ! — Ah ! c'est vrai, dit le laquais, je l'avais oublié. »
Le cocher de M. Law, ayant fait un gain considérable, demanda son congé. Son maître le lui donna, à condition qu'il lui procurerait un autre bon cocher. Le lendemain, le valet enrichi se présenta avec deux sujets en disant qu'ils étaient bons tous les deux ; que M. Law n'avait qu'à en choisir un et que, pour lui, il prendrait l'autre.
Princesse Palatine.
Quand mon fils demanda une duchesse pour accompagner ses filles jusqu'à Gênes, quelqu'un qui se trouvait chez lui lui dit : « Monsieur, si vous voulez avoir le choix des duchesses, envoyez chez Mme L^fw, vous les y trouverez toutes rassemblées. »
Princesse Palatine.
En prenant congé de mon fils (1720) Lavv a dit : « Monseigneur, j'ai fait de grandes fautes : je les ai faites parce que je suis homme, mais vous ne trouverez ni malice, ni friponnerie dans ma conduite. »
Princesse Palatine.
Lorsque Law tournait la tôle à toute la France par son système de billets de banque, l'abbé Terrasson, qui s'était enrichi à la faveur de ce système, prit un carrosse. Un de ses amis ayant trouvé que toute cette opulence ne lui avait pas tourné la tête, et lui en ayant témoigné sa surprise. « Mon ami, lui dit Terrasson, je réponds de moi jusqu'à un million. »
Après la banqueroute de Law :
Venez nous guérir de la peste.
Saint Roch, notre unique soutien !
Mais n'amenez pas votre chien.
Nous n'avons pas de pain de reste.
De Victor Amédée, duc de Savoie, à Law qui lui imposait son système : « Monsieur, je ne suis pas assez riche pour me ruiner. »
Le duc de Bourbon montrait à un courtisan des actions du système de La^v : « Monseigneur, deux actions de votre aïeul valent mieux que toutes celles-là. »
Canillac, Tun des familiers du Régent, disait à Law : « Vous m'avez volé mon système. Moi aussi, je fais des billets ; je les passe et je ne les paie pas. »
Une compagnie de traitants proposant à Rouillé une grande entreprise dans Tintérôt de l'État, lui fit entendre qu'elle partagerait avec lui les bénéfices. « Fort bien, monsieur, mais si je partage avec vous, comment pourrai-je vous faire pendre ? »
Grâce au bon roi qui règne en France,
Nous allons voir la poule au pot.
Celte poule est la Finance
Que plumera le bon Turgot.
Pour cuire cette chair maudite
Il faut la grève pour marmite
Et l'abbé Terray pour fagot.
GENS ET CHOSES d'aRGENT. 25
L*abbé Terray était détesté à cause des mesures arbitraires qu'il avait prises à son arrivée au ministère. Il avait sur son escalier un gros perroquet qui criait sans cesse : « Au voleur ! — On voit bien, disait-on, qu'il a l'habitude d'annoncer son maître. »
Les retenues qu'il avait faites sur les billets des fermes avaient considérablement diminué les revenus de Voltaire qui le détestait. On connaît la poésie de Voltaire : « Quand Terray nous mangeait. »
Mme Paulze, nièce de Terray, possédait une terre dans le voisinage de Ferney. Elle fit annoncer sa visite au philosophe. « Répondez à Mme Paulze, dit Voltaire en furie, qu'il ne me reste qu'une seule dent et que je la garde contre son oncle ! »
Il y avait à Paris une petite rue près de la place de Notre-Damedes-Vicloires qu'on appelait la rue « Vuide-Gousset ». Un jour on trouva le nom effacé et on y avait substitué : « rue Terray ».
Terray ayant paru à l'entrée de l'hiver avec un superbe manchon, Mlle Arnould dit : « Qu'a-t-il besoin d'un manchon? Il a toujours les mains dans nos poches I »
On racontait des histoires de voleur. Quand vint le tour de Voltaire, il dit : « Il y avait une fois un fermier général... ma foi, j'ai oublié le reste. »
26 GENS ET CHOSES d' ARGENT.
Le médecin Colladon voyant le père Tronchin prier Dieu p-lus dévotement qu'à l'ordinaire, lui dit : « Monsieur, vous allez faire banqueroute, payez-moi. »
Damis obtint le mois passé
Un gros emploi dans la finance
Et, faisant l'homme d'importance,
Comme s'il eût été placé
Par son mérite et sa science.
Disait : « C'est sans protection
Que j'ai celte commission ;
Sans voir ni monsieur ni madame,
Je n'ai pas bougé de céans.
Il est pourtant vrai que ma femme
S'est donné quelques mouvements. »
Un jour le cardinal de Fleury en présentant au roi les fermiers généraux qui venaient de signer un bail : « Voilà, dit-il, les quarante colonnes de l'État. — Oui, dit le marquis de Souvré, ils soutiennent l'État comme la corde soutient le pendu. »
Inscription pour une estampe représentant des gueux
Rex fecit.
Voltaire.
GENS ET CHOSES d'arGFJnT. 27
Si le financier manque son coup, les courtisans disent de lui : c'est un bourgeois, un homme de rien, un malotru ; s'il réussit, ils lui demandent sa fille.
La Bruyère.
Sur le chancelier Maupeou :
On fait certains galons de nouvelle matière
Fort peu chers, mais fort bons pour habits de gala.
On les nomme « à la chancelière ».
— Pourquoi ? C'est qu'ils sont faux et ne rougissent pas.
Sur le chancelier Maupeou :
Le roi parlait de la disette des finances au maréchal de Biron. « Votre Majesté veut-elle gagner trois millions sans aucuns frais et en un seul jour, aux acclamations de tout un peuple, dit le vieux maréchal ? — Et par quel moyen ? — Que votre Majesté laisse élever luie potence au milieu de la plaine des Sablons et qu'elle y fasse pendre le Chancelier. A un écu par personne, la recelte ira vite à trois millions. »
On vantait, devant Mme Geoffrin, la magnificence du nouvel hôtel de Bourct, le fermier général. « Je n'y trouverais rien à redire, dit-elle, si seulement Bouret en était le frolteur. »
Î^S GENS El CHOSES d'aRGENT.
Sur le contrôleur général Maynon (1769) : Midas avait des mains qui changeaient tout en or ; Que notre contrôleur n'en a-t-il de pareilles I Pour TÉiat épuisé, ce serait un trésor. Mais, hélas ! de Midas, il n'a que les oreilles.
De la duchesse douairière de Chaulnes à propos du mariage de son fils, le duc de Pecquigny, avec la sœur du financier La Mosson (1740). « Mon fils, ce mariage est bon ; il faut bien que vous preniez du fumier pour engraisser vos terres ! »
Delphine à Pompadour a tenu ce propos : « Madame, désormais, si vous voulez m'en croire, Vous vous contenterez pour votre propre gloire De faire des fermiers, et non des généraux. »
0 temps ! ô mœurs ! ô siècle déréglé !
Où l'on voit déroger les plus nobles familles ! Lamoignon, Mirepoix, Mole De Bernard épousent les filles
Et sont les receleurs du bien qu'il a volé.
La vertu n'a qu'un jour, la beauté n'a qu'une heure ; Dans son mérite entier, l'argent lui seul demeure.
GENS ET CHOSES d'aRGENT. 29
C*esl rinfaîUible chef, ouvrant de toutes parts Conscience, scrupule, et pudeur et remparts ; Victorieux sultan de tous ses adversaires. C'est le nerf du crédit, Tentraille des affaires, C'est la têle de tout, principe, but final, Aussi Tentendons-nous nommer le capital.
De la Touche.
Richelieu avait mis en gage son crachat de diamant, d'où : Judas vendit Jésus-Christ Et s'en pendit de rage.
Rfchelieu, plus malin que lui, N'a mis qjie le Saint-Esprit En gage.
La Popelinière montrait à un de ses amis une maison qu'il venait de construire. « Au moins, on ne me reprochera pas de 4'avoir gagnée sur le peuple. — Patience, mon cher ami, elle n'est pas encore meublée. »
A un officier qui quittait l'armée pour entrer dans lès fermes Tu cèdes donc à l'amitié De ta jeune et tendre moitié ; Sa volonté devient la tienne ; Tu quittes Mars, Plulus t'emmène ;
Suis ce Dieu frais et rebondi Au visage long d'une aulne, Au col court, au ventre arrondi Qui répand le beau métal jaune, Oui, toujours richement couvert, Le front levé, marche à pas fermes.
Et qu'autour d'un long tapis vert On adore à l'Hôtel des fermes.
Lemierre.
Quand Louis XVI monta sur le trône, quelqu'un écrivit sur la statue de Henri IV sur le pont Neuf : « Resurexit ! » Le lendemain on trouva accroché ce distique :
« Resurexit I j'approuve fort ce mot.
Mais, pour y croire, il faut la poule au pot. »
Un jour, M. de Calonne étant à jouer au tric-trac, entendant M. le vicomte de Ségur qui fredonnait au coin de la cheminée, ce vieux couplet :
Voulez-vous savoir le souverain bien !
C'est de manger tout, de ne laisser rien, Voir les fillettes.
Boire du bon, Envoyer ses dettes A Colin tampon !
GENS ET CHOSES d'aRGENT. 31
« Vous me feriez plaisir, mon cher vicomte, de me donner l'adresse de ce monsieur-là ! »
Calonne fait la chattemitle Et nous promet la poule au pot.
Mais il demande double impôt.
Or comment profiter d'un présent hypocrite Quand chacun, pour payer, a vendu sa marmite ?
De Calonne à Louis XVI après un emprunt : « Maintenant, Sire, que nous avons trouvé de l'argent, il s'agit de le dépenser. »
On disait à Dufresnoy : Pauvreté n'est pas vice. Il répondit « C'est bien pis. »
« Je suis pauvre, et pour moi l'on n'a que du mépris ! » S'écriait l'autre jour le malheureux Fabrice. Quelqu'un lui dit : « Mon cher, pauvreté n'est pas vice. . — Ah ! répondit-il, c'est bien pis. »
Pons.
Le pauvre est un plus grand servage Car devenir riche, il ne peut ; Mais le riche a cet avantage De devenir pauvre, s'il veut.
Mermct.
32 GENS ET CHOSES d'aRGENT.
Tu veux ie défaire d'un homme Et jusqu'ici tes vœux ont été superflus.
Hasarde une petite somme, Prête-lui trois louis, tu ne le verras plus.
Gombaud,
Collé avait placé une somme d'argent considérable à fonds perdu et à dix pour cent chez un financier qui, la seconde année, ne lui avait pas encore donné un sou. « Monsieur, lui dit Collé, dans une visite qu'il lui fit, quand je place mon argent en viager, c'est pour être payé de mon vivant. »
Puis-je espérer qu'après deux ans Enfin je toucherai ma somme ?
— Attendez encor quelque temps.
Je paierai, foi d'honnête homme.
— Et parbleu, c'est trop m'éprouver ; Dès demain, je vous le déclare...
— Mais je n'ai point d'argent. — Tarare ! Je vous en ferai bien trouver.
— Quoi, vous ! — Oui, moi ! — Destin propice ! Mon ami, mon cher créancier !
Rendez-moi vite ce service ; Vous serez payé le premier. »
Pons.
Je donne à TinlérÔt, le litre d ubiquiste
El je crois franchement que ce nom lui va bien ;
Le monde est son séjour ; tout pays est le sien ;
Il est athée, il est déiste,
Mahomélan, juif et chrétien.
Panard.
Biaise, voyant à l'agonie Lucas qui lui devait cent francs, Lui dit, toute honle bannfe :
« Ça, payez-moi vile, il est temps.
— Laissez-moi mourir à mon aise.
Répondit faiblement Lucas.
— Ah, parbleu, vous ne mourrez pas Que je ne sois payé, dit Biaise. »
Un charlatan disait en plein marché Qu'il montrerait le diable à tout le monde. Si n'y en eut, tant fûl-il empêché, Qui ne courût pour voir l'esprit immonde. Lors une bourse assez large et profonde 11 leur déploie et leur dit : « Gens de bien Ouvrez vos yeux, voyez, y a-t-il rien ?
— Non, dit quelqu'un des plus près regardant.
— C'est, dit-il, le diable, oyez-vous bien, Ouvrir sa bourse et ne rien voir dedans.
Un usurier élanl à Tagonie, le curé qui Texhorlail lui mil un crucifix d'argent entre les mains, et le mourant le soupesant : « Mon père, dit-il, je ne puis vous prêter que deux louis làdessus. »
Un avare fut attaqué par des voleurs. Il mit la tête à la portière et dit aux voleurs : « Mes amis, je m'appelle un tel, si vous avez entendu parler de moi, vous devez savoir que mon or m'est plus cher que ma vie ; voyez si vous voulez me tuer. » Le voleur anglais ne tua pas, et l'avare conserva son or et sa vie.
Votre réponse, me dit M. de Monlamy, est celle que me fit un jour M. de Silhouette ; il n'était pas alors fort opulent. Le contrôle général était bien loin de lui. Tous ses souhaits se bornaient à trente mille livres de renies, et il s'écriait : « Si je les ai jamais, je serai bien plus honnête homme ! »
Diderot.
C'était un vieil usurier ; un prêtre lui avait juré qu'il serait ^amné s'il ne restituait ; il y était résolu, el, ayant fait appeler sa fille, il lui dit : « Mon enfant, lu as cru que je te laisserais fort riche, et lu l'aurais été en effet, mais voilà un homme qui va te ruiner ; il prétend que je brûlerai dans l'enfer à jamais si je meurs sans restituer. — Vous vous moquez, mon père, avec voire restitution et votre damnation ; du caractère dont je vous
GENS ET CHOSES d'aRGEXT. 35
connais, vous n'aurez pas élé damné dix ans que vous y serez fait. » Cela lui parut vrai, et il mourut sans restituer.
Diderot.
Sur le mur qu'on fait autour de Paris (1781) : Pour augmenter son numéraire.
Et rétrécir notre horizon, La Ferme a jugé nécessaire De nous mettre tous en prison.
Tournade.
Enfin, la poule au pot sera donc bientôt mise ?
On doit au moins le présumer, Car depuis deux cents ans qu'on nous l'avait promise.
On ne cesse de la plumer.
J'aime l'esprit, j'aime les qualités.
Les grands talents, les vertus, la science Et les plaisirs, enfants de l'abondance ; J'aime l'honneur, j'aime les dignités.
J'aime un ami, presque autant que moi même, J'aime un amant un siècle, et par delà ! Mais, dites-moi, combien faut-il que j'aime Le maudit or qui donne tout cela ?
Hoffmann.
36 GENS ET CHOSES d'aRGENT.
Dumarsais n'était pas flatteur. Un fînancicr chez qui il allait quelquefois ne put s'empêcher d'en témoigner un jour son mécon tcnlement. « Cela raisonne, dit-il à son voisin en parlant de lui, et cela n'a pas le sou. »
Un financier sortant d'un long repas Et d'indigestion pris, selon sa coutume, S'en retournait, pénétré d'amertume De n'avoir pu goûter à tous les plats. Un malheureux se jette à sa portière : « Ah I Monseigneur, vous paraissez humain. Daignez, hélas 1 soulager ma misère.
— Bonté du ciel, dit Rendon en colère, Que ces gueux-lù sont heureux d'avoir faim ! »
Colnet.
On répétait devant Marlainvîlle celte maxime : « Qui paie ses dettes s'enrichit. » — « Bah ! répondit-il, c'est un bruit que les créanciers font courir. »
De Montrond :
« Ils sont toujours à dire : les affaires, faire des affaires; qu'est ce donc que les affaires ? — C'est le bien d'aulrui. »
GENS ET CHOSES d'aRGENT. 37
L'n marquis dit à un financier : « Vous devez savoir que je suis homme de qualité. » Le financier répondit : « Et moi, je suis homme de quantité. »
On parlait devant Eugène Sue d'un homme discutable ; quelqu'un le défendant dit : « En somme, il est dans Tinduslrie. — Comment donc, s'il y est ! Mais il a même un grade, s'écria Eugène Sue, il en est chevalier. »
La pauvreté de Rotlischild :
L'autre jour, attendant vainement de l'argent
Oui me vient de Hanovre, Je pleurais de pitié dans la rue en songeant
Combien Rothschild est pauvre.
J^étais, sans sou ni maille, appuyé contre un fût
Ainsi que Bélisaire, Mais ce que je plaignais amèrement ce fut
Rothschildt et sa misère.
Il fait le compte de ses deux milliards,
Celle somme en démence, El si le malheureux s'est trompé de deux liards,