Acte V. Dimisit
Hugo.
Dans un discours à la Société des gens de lettres, V. Hugo disait : « Dans confrère, il y a frère. — Oui, mais le reste ? répliqua quelqu'un qui se trouvait là.
A l'Académie française. M. Cousin : « La décadence de là langue française a commencé en 1789. » Victor Hugo : « A quelle heure, s'il vous plaît ? »
0 Hugo, jusque-z-où huchera-t-on ton nom ?
Justice enfin rendue que ne t'a-l'on ?
Quand à ce corps savant, qu'académique on nomme, Te verra-t-on monter de roc en roc, rare homme !
C'est un sot que Lebrun Tassa.
— Hélas ! oui, mais le pauvre hère Se fâche quand on lui dit ça.
— Il est donc toujours en colère î
François Génin avait prêté les premiers tomes d'un livre rare cl les ayant vainement réclamés, il envoya à son débiteur les tomes complémentaires en lui écrivant : « Comme cela. Monsieur, du moins un de nous deux aura l'ouvrage complet. Ce sera vous puisque vous ne voulez pas que ce soit moi, ce qui cependant m'aurait paru plus naturel. »
Lamartine disait de Dumas qu'il était le roi de la blague : « Si j'en suis lo roi, il en est l'ange, dit-il. »
Lors de son procès avec Maquet, à un déjeûner, Dumas s'était njonlré étincelant d'esprit, comme d'habitude ; il dit : « Vous croyez p^t-étre que c'est moi, Alexandre Dumas, qui viens de parler î Pas du tout, c'est Maquet. »
Un sot lui demanda s'il était vrai que son père fût nègre: « Oui, Monsieur, mais mon grand-père était singe. »
Témoin dans le procès de Beauvallon, devant la cour de Pouen, Alexandre Dumas, interrogé sur sa profession, répondit . « Auteur dramatique si je n'étais dans la patrie de Corneille... — Ah ! Monsieur Dumas, ajouta le président, il y a des degrés. »
Selon Mme de Bassanvillc, Adolphe Dumas aurait dit devant Alexandre Dumas : « On dira plus tard que le xix* siècle eut ses deux Dumas, comme le xvii* siècle eut ses deux Corneilles. — Adieu Thomas ! répondit Alexandre Dumas en lui tendant la main. »
Dumas venait de déjeûner chez un ministre et, comme on lui demandait s'il était content de la réception : « Sans moi je me serais fort ennuyé. »
De Dumas iils, sur son père, après une des fredaines de sa vieillesse : « Que voulez-vous ? Mon père est un grand enfant que j'ai eu étant tout petit. »
De Balzac, dans sa dernière maladie :
« Qu'on aille me chercher Bianchon ! lui me connaît bien. »
Sainte-Beuve avait appelé Dubois, qui était de la Loire-Inférieure : « Dubois de la Gloire inférieure. » On se battit au pistolet. Le dufel fut épique ; il pleuvait. Sainte-Beuve ouvre son parapluie, en disant: « Je veux bien être tué, mais je ne veux pas être mouillé. »
Roger de Beauvoir écrivit ainsi à Véron : A Monsieur Véron Dans sa cravate
à Paris.
A son arrivée à Paris, Mistral vint chez Barbey d'Aurevilly : «[ Comment, s'écria Barbey, vous êtes Mistral, vous ? — Moimême. — Mais, alors vous n'êtes pas un berger. — Hélas ! non. — Vous avez reçu de l'éducation ? — Hélas, oui. — Vous êtes bachelier, peut-être ? — Je suis bachelier. » Barbey redresse la tête et darde sur l'auteur de Mireille, un regard farouche: « Mon-
sieur, quand on s'appelle Mistral et qu'on habite la Crau. on ne porte pas des gants ; on s'habille de peaux de bouc, on garde les brebis et l'on se nourrit d'olives sur la montagne — ou bien, l'on avertit le public dans une préface. »
Pour se venger d'Alphonse Karr, qui s'était moqué d'elle, Louise Colel l'attendit un jour, un couteau à la main. Karr la désarma facilement et accrocha le couteau dans son cabinet de travail avec l'inscription :
« Donné à Alphonse Karr
Par Madame Louise Colet
dans le dos. »
Walewski avait demandé conseil à Alphonse Karr, pour une pièce de théâtre qui ne réussit pas. Il fut s'en plaindre à Karr qui lui dit : « Je vous avais cependant recommandé de mettre beaucoup d'esprit au second acte. »
A la bibliothèque de la rue Richelieu, un jeune homme présentait un bulletin au conservateur : « Monsieur, lui répondit celui-ci, la bibliothèque ne donne pas de romans. — Eh mais ! répliqua le quémandeur, vous venez bien de donner devant moi les Girondins de Lamartine. »
GEXS DE LETTRES. 427
Sur Ponsard :
Il élail à la fois de Pontoise el de Rome. Il balança Corneille el surpassa Prudhomme.
Texier.
Un auteur dramatique s'était fait une règle de n'opposer qu'une dédaigneuse indifférence aux attaques de ses détracteurs. Comme un de ses amis lui demandait s'il n'était pas las de recevoir tant de pierres dans son jardin: « Bah ! laissez donc, lui répondit-il, les tas de pierre, c'est le commencement du piédestal. »
Un jeune poète se présenta à M... pour savoir de lui, auquel des deux sonnets qu'il venait de faire, il donnait la préférence. Il lit le premier : « J'aime mieux l'autre », dit M... sans vouloir en entendre davantage.
Duruy, ministre de l'Instruction publique, avait établi, en novembre, une feuille de présence pour les employés de son ministère. On fît circuler le quatrain anonyme suivant : Bravant de la nature les ordinaires lois, Une feuille nouvelle a paru dans nos bois. Lève-toi, vent du Nord, et, dans ton vol sinistre, Au diable emporte-nous la feuille et le ministre. Var.,, avec le cuistre.
Il paraît que cela eut du succès dans les bureaux. Signe des temps
On parlait devant un Hongrois, de la difliculté d'apprendre sa langue : « Cela est vrai, dit-il, nous aimons tant notre langue que nous avons voulu la garder pour nous seuls. »
A Veuillot :
0 Veuillot, plus immonde encore que sinistre,
Laid à faire avorter une ogresse ; vraiment
Quand on te qualifie et te nomme cuistre,
Istre est un agrément.