‹ La Saskatchewan: essai de monographie provinciale canadienneChapitre 23 sur 59 · CHAPITRE XVI PFrince-Albert · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI PFrince-Albert

Superficie, : 66.087.803 acres, le district le plus étendu de la province dont il représente plus du tiers, :

Limites : sud, 42 township de la frontière du Manitoba au % méridien (Mackenzie et Humboldt) ct 43 township du 3 méridien au 11° rang (Saskatoon): à l'ouest, 11° rang à l'ouest du 3% méridien (Battleford); nord, 60 parallèle (Territoire du Nord-Ouest); est, une ligne partant du 29% rang à l'ouest du 1e méridien et rejoignant le 2 méridien au Inc Kissipuk, puis le 2 méridien lui-même jusqu'au 66 parallèle. |

Population : 36.319 habitants en 1911 (0,35 habitants par mille carré); c'est la densité 1n mains élevée de tous les districts da la province; la population est concentrée autour de Prince-Albert et dans tout le sud, tandis que les immenses étendues du nord sont presque inhabitées; la population rurale (27.465 habitants) est disséminée en une grande quantité de petits centres, tandis que Prince-Albert, avec ses 6.254 habitants, absorbe la plus grande partie de la popiflation urbaine (8.854 habitants): population en 1911; 12.795 habitants. ‘ »

Cité : Prince-Albert; villes : Melfort; villages : Big River, Birch Hills, Duck Lake, : Hudson Bay Junction, Kinistino, Shellbrook, Star City,. Tisdale.”

Le district de Prince-Albert est le plus étendu de la province de Saskatchewan, mais la colonisation n'y a encore pris d'extension que dans le sud, principalement aux environs de Prince-Albert. Le nord est, pour la plus grañde partie, occupé par de grandes forêts d'épinettes, de tamaracks, de pins jack, de peupliers et de bouleaux. Au delà d'une ligne tirée entre le nord du lac Reinder et le sud du lac Athabaska, la végétation forestière devient .plus rabougrie et on ne trouve plus guère que l’épinette noire et le peuplier.

Dans les environs de Prince-Albert une grande étendue sablonneuse, peutêtre les bords d'un lac post-glaciaire, commence dans la réserve forestière des Pins, traverse la Saskatchewan du Nord, tourne vers l'est, passe près de Prince-Albert et s'étend encore environ 10 milles plus loin à l'est. Sa largeur varie de 3 à 6 milles. Il y a une étendue de terrain isolé, de caractère simifaire, au nord, sur la rivière Shell. Après une interruption d'environ 12 milles le sable reparaît sur une superficie beaucoup plus large, mais avec moins de pureté, des deux côtés de la branche unique de la Saskatchewan. Sur la rive sud on le trouve dans une série de hauteurs isolées, avec des muskegs parsemant la contrée boisée de peupliers; sur la rive nord il continue vers l'est avec des largeurs très variables et quelques interruptions sur une distance inconnue, puis il quitte la rivière près du Fort à la Corne et la rejoint près de l'île aux Bouleaux, environ 50 milles en aval. 5

Entre la région sablonneuse et les grandes étendues de marne argileusé du nord se trouve une chaîne ininterrrompue de marais et de muskegs. Les mus-

kegs isolés sont communs aux terrains sablonneux et les marais ou les lacs: spéciaux aux autres.

La contrée est un terrain de transition entre la prairie et la terre boisée at, quoique cette dernière prédomine, la’ prairie s'étend, sur de petites superfcies, tout à la fois sur le sahle et l'argile.

Dans l’est, la floro arborescente est typique : le pin jack se rencontre sur le sable, le tremble sur la marne argileuse, avec l'épinette blanche et le baume dans les endroits plus humides, l'épinette noire et le tamarack au bord des muskegs. Quelquefois il y a du bouloau à papier dans les endroits graveleux. Le pin jack est de qualité supérieure; il pousse très vite et se reproduit abondamment dans les endroits les plus arides. Il n'atieint pas de grandes dimensions, 14 pouces étant un diamètre exceptionnel.

Le tremble, dans les endroits favorables, atteint un diamètre dé 10 à 12 poucos; on s'en sert comme bois de corde, mais il pourra dans l'avenir convenir” comme bois de pulpe.

L’ épinette blanche, très commune près des cours d'eau, atteint un diamètre maximum de 36 pouces. Malheureusement les arbres de cette dimension ne se trouvent qu'isolés ou en petits groupes.

L' épinette noiro et le tamarack des muskegs sont rabougris là où il y a trop d'eau, mais au bord des rivières ils atteignent un diamètre de 10 à 42 pouces.

Le bouleau à papier est raro ot n’aiteint pas la dimension du hois de sciage.

L'herbe est rare dans les endroits secs, mais dans la région boisée de peupliers elle est abondante. Les muskegs fournissent du foin sauvage et les marais sont pleins de longs roseaux dont se servent les colons en guise de foin.

Le gibier est encore abondant. Les marais fourmillent de canards et les bois de grouses; l'oie sauvage s'arrête parfois dans le voisinage et on trouve du : lapin partout. Parmi le gros gibier, on a vu des orignaux et des daims à quelques milles de Prince-Albert et quelques élans au nord'de Fort à la Corne. Les coyottes approchent tout près des villes et font abover les chiens. Des traces d'ours et de loups de bois ont été vues dans les parties les plus éloignées.

Quelques bonnes routes, suivant généralement les anciens sentiers'indiens, ont été construites, mais ne sont guère praticables qu'en hiver. En été il est difficile de voyager, même à pied, excepté sur les routes principales.

Le sol de marne argileuse est le meilleur du district et s'adapte parfaitement à l'asriculture mixte, mais la simple culture des grains ne convient pas à la région. Les marais, quarid ils sont drainés, donnent du bon foin et ‘es récoltes de grains; les dépenses pour le drainage varient beaucoup, mais de rapides progrès sont déjà faits. La région sablonneuse n'attire naturellement pas de fermiers; ceux-ci ne veulent, non plus, à aucun prix, des muskegs qui ne produisent seulement que le foin de marécage.

La région ne convient pas à l'élevage des chevaux, mais les bêtes À cornes réussissent très bien. Les bœufs, en dépit des préjugés élevés contre eux, remplacent les chevaux dans de nombreuses fermes; quoique très lents, ils sont excellents pour les durs travaux du cassage et du labourage. Il y a quelques moutons qui paraissent bien venir. Lès marais sont peuplés de canards domestiques aussi hien que sauvages et l'élevage des poulets joue un rôle important dans la région sablonneuse.

Au milieu de la rérion que nous venons de décrire se trouve Prince-Albert. La cité est située sur la Saskatchewan du nord qui a, à cet endroit, plus de 1.000 pieds de large et coule suprès d'un Superbe district boisé et très pitto-

— 72 — , ’ resque. Le nombre ses hahilants ost passé de 1.000 on 1890 (1) à 1.785 en 1901, 3.005 en 1906 & 6.254 on 1911. Elle fut incorporée comme ville en 1835 ct comme cité en 1904. C'est le terminus de trois lignes de chemin de fer : CG. NOR. GT. Pet G. P, R., le contre du diocèse catholique romain de Prince-Albert et du diocèse anglican de la Saskatchewan, le quartier général de la police montée du nord et du cenfre de la province. On y. trouve de nom- - breuses maisons d'éducation, plusieurs écoles publiques, un institut collégial, un collège de dames anglicances, une école séparée et un couvent catholique.

Prince-Albert, comme toutes les villes de l'ouest, se développe rapidement, avec ses installations modernes, ses banques, ses hôtels, ses hôpitaux, ses Journaux. Le tableau ci-après, consacré à l’année 1911, en est le meilleur indice. (2) L

Page 1