LS
Le 10 octobre, les deux voyageurs quittent Fort Carlton pour pousser une pointe vers le nord, « dans un pays mêlé de bois et de prairies », où is “ieignent la rivière aux Coquilles et le lac du Poisson Blanc.
Puis, de retour à Fort Carlton ils repartent, en suivant la rive gauche de la Saskatchewan du nord, jusqu'à Fort Pitt où ils arrivent le 20 avril 1863. « Ce fort, semblable par la construction et par l'étendue à celui de Carlton, est aussi, comme lui, placé sur l’atterrissement plat qui est inférieur à l'aneienne rive élevée de la Saskatchewan. C'est 'e Fort Pitt qui fournit aux postes les plus éloignés des plaines la plupart du pemmican et de la viande sèche nécessaires à leur approvisionnement ». ‘
Milton et Cheadle résumaient ainsi leurs vues sur la Saskatchewan : « Nous avons déjà parlé des beautés et des ressources de cet admirable pays. Les riches prairies y ont un sol alluvial de 3 à 5 pieds de profondeur et n'attendent que la charrue, Elles offrent, à nos troupeaux domestiques, leurs herbages sans fin qui, dans les temps antérieurs, ont engraissé d'innombrables bandes de bisons. Les forêts, les lacs et les cours d'eau varient le paysage et promettent leurs bois de construction, leurs poissons et leurs millions de volailles sauvages... Cependant ce riche pays agricole n'est pour ainsi dire
qu'à un pas de nos champs d’or. C'est lui qui doit être le-grenier de la Colombie Britannique ». (2)
11 devait être mieux que cela : le grenier de l'Empire
Un homme, dont la mémoire est chère aux Canadiens Français et aux métis, eut aussi une part importante dans la découverte des territoires du Nord- Ouest, c'est Mgr Taché, archevêque de Saint-Boniface. « Ce qu'il a conçu, tenté, opéré pour l'amélioration morale et matérielle du pays, au temps où gouvernait la Compagnie de la baie d'Hudson, ce qu'il a dépensé d'énergie pendant et après les troubles occasionnés par l'annexion, pour maintenir sur le terrain de la légalité une résistance que des provocations insensées pouvaient, d'un moment à l'autre, faire dégénérer en lutte ouverte, tout cela demanderait, pour être exposé fidèlement, plus de place que n'en comporte ce
(1) Près de la réserve des Pins.
(2) Extraits du Voyage de l'Atlantique au Pacifique à travers le Canada et les Monfagnes l'ocheuses, Paris, 1866.
Ts
livre. Peu d'hommes coñnaissent aussi complètement que lui l'immense ré- + seau de forêts et de prairies dont se compose son diocèse et ceux de ses deux ns suffragants, l'évêque de St-Albert, sur la Saskatchewan, et le vicaire apostolique du fleuve Mackenzie. Le petit opuscule, d'une grande simplicité de forrne, qu’il a publié en 1868, sous le modesté titre d'Esquisse sur le Nord-Ouest de l'Amérique, est très certainement le recueil le plus complet et le plus exact
. de renseignements hydrographiques, ethnologiques, botaniques, zoologiques, sur cette vaste région, qui ait jamais été publié en langue française ». (1)
Mgr Taché avait pour collaborateurs des hommes d'un zèle et d'un savoir remarquables : Mgr Grandin, l'évêque de St-Albert, le Père Lacombe, auteur de travaux consciencieux sur les idiomes des diverses tribus indiennes, Mgr Faraud, vicaire apostolique de la rivière Mackenzie, le Père Petitot, lauréat de la Société de Géographie de Paris. ‘
Après les découvertes de ces hardis pionniers, l'acte de 1867 érigea en Confédération les provinces du Haut et du Bas Canada, la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau Brunswick, et les destinées des territoires du Nord-Ouest commencèrent à se dessiner.
En 1868, un acte était passé qui stipulait que « le Gouverneur et la Compa- ' gnie des aventuriers anglais faisant le commerce dans la baie d'Hudson » L remettraient au Gouvernement de sa Majesté tous leurs « droits, privilèges, libertés, franchises, pouvoirs, autorités » dans la terre de Rupert. L'admission dans la Confédération était prévue sur demande du Parlement canadien. Elle : ne se fit pas longtemps attendre. Le 23 juin 1870, une ordonnance. royale s admettait la terre de Rupert et les Territoires du Nord-Ouest dans l'Union. Le’ Canada devait payer 300.000 livres quand le transfert à la Confédération serait opéré. La Compagnie pouvait conserver ses ports des Territoires du " , Nord-Ojést, elle récevait le droit de disposer d'un vingtième des terres situées JE en Sas ‘#tchéewaïrfentre la frontière des Etats-Unis et la Saskatchewan Gu | Nord.et.pouvait cdhtinuer son commerce. .
h, - 1. ne: ‘ .i-W Le transfert des immenses territoires du‘Nord-Ouest à la Confédération ? fe V'avait pas été sans provoquer de résistance de la part des métis. Les passions: ‘ politiques s'envenimèrent outre mesure; c'est à ce moment que l'on rencontre Louis Riel pour:la première fois. Mais nous n'insisterons pas sur’ces insidents survenus au Manitoba et non dans la province qui nous occupe. ” :
Le 29 juin 1871, un nouvel acte était passé au sujet de l'établissement des provinces de la Puissance. Le Parlement fédéral pouvait établir de nouvelles provinces, en changer les limites, lériferer sur tout ce qui concernait les territoires non encore transformés en provinces. °
À la suite de l'incorporation du- Manitoba, :le lieutenant-gouverneur de cette province eut aussi la charge des nouveaux territoires. Un conseil exécutif, . “ LA rte } (D) Cing mois chez les Français d'Amérique, H. de Lamothe.
nommé pour l'assister, se réunit pour la première fois on 1873, à Fort Garry, pour s'occuper principalement du trafic des spiritueux, de la police ot des bisons, . -
Le premier « Conseil du Nord-Ouest » comprit d'abord M. William Laird, comme gouverneur, M. Forget, comme lieutenant-gouverneur et les juges du district. Il se réunit en premier lieu en 1877, à Livingstone, près Swan-River, jusqu'à ce quon eut choisi la capitale .La môme année le choix s'étant porté sur Battleford, le conseil s'y transporta; la première réunion dans cet endroit se tint en 1878. En 1881, l'acte fut changé. Un gouverneur fut nommé et un conseil déinq notables lui fut adjoint, dont quatre nommés et un élu. En 1882, le cünseil se transportait À Régina, la nouvelle capitale.
C'est cette même année 1882 qu'un acte du Parlement fédéral divisa les territoires du Nord-Ouest en quatre grands districts provisoires : l'Alberta, l'Assiniboia, la Saskatchewan et l'Athabaska. Nous ne nous occuperons que des trois derniers qui ont servi à former la province actuelle de Saskatchewan.
L'Assiniboia s'étendait de la frontière dés Etats-Unis au 52° parallèle nord, suit sur 205 milles; sa longueur, d’est en ouest, de la limite du Manitoba actuol à l'Alberta, représentait environ 450 milles. Mais l'Alberta n'atteignait alors’ que le 112° degré à l’ouest de Greenwich (1); Medecine Hat ct Bowell faisaient partie du district d’Assinihoia. ‘ ‘ .
Le district de Saskatchewan s'étendait de l'Assiniboia, au sud, jusqu'à une ligne tirée à quelques minutes au nord du 55° parallèle. Sa limite ouest était aussi l'Alberta, mais, à l’est, il touchait au lac Winnipeg et à la rivière Nelson, dépassant ainsi de beaucoup la ligne actuelle de séparation.
Le district d'Athabaska représentait enfin un immense parallèlogramme compris entre le 100 méridien à l'est et le 120° à l'ouest,"la ligne tirée près du 55° parallèle au sud et le 60° parallèle au nord. ;
Chassés du Manitoha par l'arrivée des colons, après les troubles qui accômpagnèrent l'incorporation de cette province, les métis envahirent vite les nouveaux districts. ÊËL quand les arpenteurs vinrent pour délimiter les terres affectées à la colonisation, sans tenir compte des droits des occupants, les mêmes difficultés qu'en 1869 se produisirent. ‘ ‘
« En septembre 1884, les métis, réunis à Saint-Laurent, formulèrent, comme autrefois leurs frères du Fort Garry. une déclaration de droits qui fut votée à l'unanimité et adressée ensuite au gouvernement fédéral. Ils demandaient la division en provinces des territoires du Nord-Ouest, Ia concession aux métis des bords de la Saskatchewan des mêmes avantages territoriaux reconnus à ceux du Manitoba; la délivrance aux habitants de titres de propriété; la vente de 500.000 acres de terre pour l'établissement d'écoles et d'hôpitaux et l'amélioration du sort des sauvages, leurs alliés par le sang. Pendant tout l'hiver, l'agitation continua et s’étendit chez les métis français au nombre de
. D) Aujourd’hui, c'est le 110 degré (4° da la cartogräphie-canadienne) qui forme În limite entre les deux provinces. °