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« Il est maintenant généralement admis que le Marquis est la moilleure variété de blé pour presque toute la Saskatchewan, le centre et le nord du Manitoba et de grandes superficies de l'Alberta. Il serait difficile d'apprécier exactement sa valeur pour ces provinces. La demande de somence dépasse de beaucoup l'approvisionnement, et presque tous les stocks disponibles ont été vendus à de bons prix avant le milieu de l'hiver dernior. Il n'existe pas de chiffres exacts sur la superficie de Marquis cultivée l’année dernière, mais
tout indique que ce blé forméra la variété principale dé la Saskalchowan au bout d'un petit nombre de saisons. I] a fait de rapides progrès. On 8e souvient en effet que les premières plantes dont le Marquis est descendu ont été ‘lécouvertes à Ottawa en 1903.
« Le céréaliste du Dominion s'occupe actuellement de propager, pour la distribuer, une variété extrêmement hâtive de blé à laquelle il a donné le nom de « Prélude ». Ce blé a été essayé au Manitoba et en Saskatchewan de même qu'à Ottawa. Dans la Saskatchewan il mûrit deux semaines avant le Marquis; sa paille est un peu plus courte que celle de ce dernier; son grain est rouge, son poids au boisseau très élevé, .et il produit une farine d'une excellente valeur boulangère, mais dont la couleur ne vaut pas celle du Marquis ou du Red Fife. Le Prélude ne doit pas remplacer le Marquis. On ne peut s'attendre à ce qu'il donne d'aussi fortes récoltes mais il est probable qu'il se montrera très utile dans ces districts où l'on ne peut compter sur le Marquis pour müûrir avant les gelées. Le Prélude est une variété hybride
d'une généalogie plutôt complexe; il a été produit à Ottawa par le céréaliste. » (1)
Comparaison entre les principales variétés de blé (expériences de quatre années Indian-Head (2) '
NOMBRE NOMBRE de jours VARIÉTÉS ur
arriver à maturité de Rod Fa
Preston . . . . . . . . 127 Huron, . . . . . . . . 435 Stanley . . . . . . . . 138 Red Fife . . . . . . . . 134 Marquis . . .:. . . . .|: 15
L'avoine était cultivée en 1912 sur une étenque de 2.421.932 acres, soit 229.126 de plus que l'année précédente. Avec un rendement moyen de 44,4 boisseaux, par acre, la production totale fut de 107.619.948 boisseaux, ou 8.943.678 de plus qu’en 1911.
(1) Rapport du ministre de Pagriculturr du Canada, 1912.
(2) Srventh aunuul report of île department of agriculture of the province of Saskatchewan, 1911.
Production do l'avoine en Saskatchewan de 1899 à 1942 (1)
RÉCOLTE PRODUCTION moyenne à l’acre
HUPRRPICIRS cnsemencées
acres boisscaux boisseaux a.491.032 ‘| 107.619.948 2.192.805 98.078.270 2.082.607 63.318.905 2.210.000 | 105.465.000 1.772.976 48.979.898 801.810 23.924.003 369.873 23.965.528 449.936 19.213.085 346.530 30.756.350 280.096 9.164.007 193.300 6.975.796 123.351 5.817.866 1.604.561 2.518.248
L'orge, en 1912, occupait une superficie de 267.139 acres, soit 22.146 acres de plus qu'en 1911. La production totale était de 8.319.584 boisseaux ou 1.439.780 boisseaux de plus que l’année précédente, ce qui donnait un rendement moyen de 31,1 boisseaux par acre.
Production de l'orge en Saskatchewan de 1899 à 1912 (2)
RÉCOLTE PRODUCTION moyenne par acre
SUPERFICIES ensemencées
acres boisseaux boisseaux
(D) Bulletin n° 36, Final report on grain crops and live stock of the province of Saskatchewan, 1912.
(2) Bulletin n° 35, Final report on grain crops and live stock of the province of Saskatchewan, 1912.
La récolte de lin donne un pourcentage d'augmentation plus important, À la fois pour la superficie ensemencée ct la production, que n'importe quelle autre récolte de grains.
La superficie cultivée en 1912 fut de 1.111.651 acres contre 932.408 l'année . précédente; la production atteignit 14.171.214 boïisseaux, soit un rendement moyen de 12,7 boisseaux par acré.
La Saskatchewan produit, à peu près, les 3/4 du lin récolté dans la Puissance et 90 % de cette production proviennent des terrains situés dans un rayon de 100 milles autour de Regina,
Production du lin en Saskatchewan de 1899 à 4942 (1)
SUPERFICIES RÉCOLTE ANNÉES - FRODUCTION moyenne ensemencées à lacre
acres boisseaux boisseaux : 4.414.651 14.174.914 42.7 932.408 10.377.701 11.3 396.230 3.044.138 319.100 &.448.700 , 264.728 2.580.364 128.528 1.364.716 +76.005 710.689 25.315 398.399 45.917 166.434 31.684 285.697 16,694 153.709
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On remarquera, d'après ce tableau, l'importance considérable que tend à prendre la culture du lin et l'irrégularité du rendement moyen par acre.
Le lin est surtout cultivé pour ses graines, mais l'emploi de ses tiges comime liens se généralise de plus en plus dans la culture, au détriment de la ficelle; jusqu'à présent, cependant, les tiges servent surtout comme aliment et combustible : comme aliment pour le bétail, particulièrement quand elles sont encore vertes, et comme combustible pour les charrues automobiles et autres instruments de culture; à Grayen on les emploie comme combustible pour le moulin. Elles sont transformées en ficelles dans une manufacture de Saskajoon.
La culture des grains, en général, est vraiment favorisée par le climat de ‘la Saskatchewan. Les chutes de pluie ont lieu au temps le plus favorable pour la croissance des récoltes, la neige ne tombe pas en abondance et le total-des précipitations atmosphériques, pour l’année entière, n’atteint pas celui de
() Bulletin n° 35, Final report on grain crops and live stock of the province of Saskatchewan, 1912.
LS bien d'autres régions. Puis quand nous cofipar s los rendemonts de la récolte à ceux des autres parties du Canada et des Etats-Unis, nous sommes amonés à conclure que,non seulement la précipitation est exactement celle qui convient, mais que les autres facteurs nécessaires à la croissance : jours d'été chauds et ensoleillés, sol extrêmement fertile, existent à un degré suffisant pour donner les résultats qui ont fait la juste réputation de l'Oucst-Canadien.
C'est en mai, juin, juillet et août qu'ont lieu, habituellement, l'ensemencement, la croissance et la maturité des grains. Les semailles les plus précoces eurent lieu le 22 mars, en 1894, et les plus tardives le 1t mai, en 1907. La moisson do 1894 commença exceptionnellement le 24 juillet. La date moyenne, depuis 1899, du commencement de la moisson à Indian-Head est, pour l'orge le 47 août, pour l'avoine le 20 août, pour le blé le 21 août. En 1944, la moisson était générale dans la provinec le 28 août pour le blé, le 3 septembre pour l'avoine, le 28 août pour l'orge et le 11 septembre pour le lin. Le temps moyen s'écoulant entre les semailles et la récolte donne les résultats suivants à Indian-Head : orge 107 jours, avoine 114 jours, blé 129 jours, lin 103 jours. ‘
La culture du blé et des autres céréales, de la facon dont celle est pratiquée sur ces vastes étendues, est vraiment une industrie: on fabrique ici du blé comme ailleurs des locomotives ou des chaussures. La province n'est qu'une sorte de vaste usine où grondent les moteurs, soit qu'il s'agisse de « casser » le sol, soit qu'on en récolte les produits. Les méthodes de culture employées par ces hommes, qui se rapprochent plus de l'ingénieur cnfiévré que du paisible laboureur de la vieille Europe, s'améliorent tous les jours. ‘
Le cassage de la prairie et l'ensemencement se font de manières différentes. Le fermier qui débute et ne possède que des moyens limités se contentera d'abord d'un attelage de bœufs, coûtant de $ 150 à $ 250 jusqu'à ce qu'il puisse s'offrir le luxe de plusieurs chevaux. Ceux qui possèdent de vastes domaines et labourent de grandes surfaces se servent de machines à vapeur, ce qui leur donne un prix de revient, pour les travaux de culture, variant entre $ 2,50 et $ 3,50 par acre.
La méthode de la culture du sol par la jachère d'été a donné d'excellents résultats dans tout le sud de la Saskatchewan et sa valeur a été pleinement démontrée par les expériences faites à la ferme expérimentale d'Indian-Head. Parmi ses nombreux avantages les suivants peuvent être mentionnés : conservation de l'humidité du sol, destruction des mauvaises herbes, préparation du sol pour la culture du grain quand il n’y a pas d'autre travail pressant, possibilité d'ensemencer la terre de très bonne heure au printemps et d'autres
rats de moindre importance. Voici comment se pralique cette jachère
« Un propriétaire a 300 acres de terre qu'il désire mettre en culture. Il divise cette superficie en-trois champs d'environ 100 acres chacun; deux de ces champs qui ont été préparés sont ensemencés de grain, l’autre est laissé en jachère d'été, c’est-à-dire en jachère nue sans récolte, la jachère est labourée vers la fin de juin, au moment des grandes pluies du printemps, le sol humide est retourné et sa structure capillaire est divisée, ce qui empêche la perte d'une grande partie de l'humidité. En outre, par ce traitement, on enfouit des mil-
lions de potites mauvaises herbes qui servent à enrichir le sol. Plus tard dans la saison, quand le sol est devenu plus ou moins campact, on passe un cuitivateur spécial qui détruit la dernière récolte de mauvaises herbes et pulvérise la surface formant une couche de terre meuble sur le sol humide. Un troisième'binage est généralement nécessaire avant la fin de la saison. La terre est alors on excellent état d'amoublissement, prête à recevoir la semence le printemps suivant aussitôt qu'il sera possible de la mettre. Dès que le sol est dégelé à uno profondeur de six pouces on enterre la semence à environ deux pouces de profondeur. Dans ce sol humide, reposant sur la terro gelée, la graine germe promptement, et, à mesure que le reste de la terro dégèle, les racines se développent rapidement dans le sol frais et humide: dès qu'elles ont pris un développement satisfaisant, un équilibre favorable se maintient entre la racine et la tige ct il en résulte généralement une récolte bien fournie. On fait généralement une deuxième culture de blé sur le chaume; le seul instrument que l'on fait passer sur le sol est la herse à disque qui coupe la surface à trois ou quatre pouces de profondeur. L'année qui suit l'enlèvement de cette deuxième récolte de blé, on met de nouveau le terrain en jachère et ainsi le cultivateur qui a trois cents acres de terre n’en cultive qu'environ deux cents chaque année, le reste étant laissé en jachère d'été. Grâce à ce traitement Je cultivateur a, chaque année, cent acres de terre dans le meilleur état possible pour la culture du blé, une terre qui a retenu la plus grande partie de l'humidité de la saison précédente et qui peut être semée de très bonne heure au printemps. Les cent acres de blé qu'il a semés sur chaume sont loin de lui donner un rendement aussi considérable que la terre mise en jachère. Il en obtient généralement de 20 à 25 boisseaux par acre tandis que la jachère d'été Jui donne 30 à 35 hoisseaux, mais la préparation de la culture n'exige que peu de frais. Jusqu'ici c'est ce mode de traitement de la terre qui a donné les meilleurs résultats; il y a bien quelques objections à la jachère d'été; on ne peut nier que la jachère nue n'occasionne une perte plus ou moins grande de la fertilité du sol, mais c'est, semble-t-il, le seul moyen rar léquel les mauvaises herbes peuvent être enrayées et qui permette d'augmenter l'humidité du sol. Depuis bien des années on fait des expériences à Indian-Head et Brandon dans le but de chercher à remplacer la jachère d'été nue par une culture Tégumineuse comme trèfie, les pois et la vesce mais jusqu'ici ces efforts n'ont. pas été très h IX. Jusqu'à l'heure actuelle, malgré les pertes occasionnées par la jachère d'été, on la recommande toujours comme le meilleur traitement pour obtenir une succession de bonnes récoltes. C'est par ce traitement que la ferme de Indian-Head a pu obtenir de très fortes récoltes en ces vingt dernières années, et le.district entier, stimulé par l'exemple de la ferme expérimentale, est devenu une des meilleures localités à blé du Nord-Ouest. » (1).
Après les labourages et les semailles, les céréales poussent vite, le soleil vient dorer rapidement les épis et c'est le moment de récolter le fruit des labeurs du printemps et de l'été. « À la moisson, sous le ciel pur, des fumées
() Rapports des fermes expérimentales, 1910.
des machines montent des flots d'or, ct les moissonneuses passent en groupe, fauchant de larges espaces où s'amoncetlent les gerbes par milliers de tas. Bientôt, en un bourdonnement rythmé, la hatteuse vient les engloutir, laissant échapper un flot incessant do paille, résidu jugé négligeable ou dont on se sert comme combustible pour alimenter le foyer. Le travail sc poursuit sans interruption, en une telle hâte que les hommes ne savent plus ni les jours ni les dates, prenant à peine le temps de manger ct de dormir. Les sacs s'em-." plissent si vile qu'il faut de l'habileté pour les présenter à la machine sans que le grain se répande au dehors. Ou bien l'on écoule le grain dans de vastes charriots qui le portent à la station de chemin de fer la plus proche. » (1)
Les problèmes les plus difficiles à résoudre pour la culture, sont ceux qui. se rapportent au cassage de la prairie vierge, avant la mise en valeur, la conservation de l'humidité, la production des plantes fourragères, la conservation ou l'augmentation de la fertilité du sol ct l’extirpation des mauvaises herbes. Cette dernière question est l'objet d'une attention toute spéciale de la part du gouvernement et des inspectéurs municipaux. Débarrasser la terre de toutes les plantes parasites qui nuisent à la croissance des céréales cest, en cffet, une nécessité pour le fermier. Mais ce nettoyage n'est pas toujours aisé à opérer et les indications les plus pratiques sont fournies aux fermiers pour les aider ‘dans ces travaux spéciaux.
Le transport et la vente du blé ont particulièrement attiré l'attention du gouvernement fédéral et du gouvernement provincial en 1910-1911. D'après ie « Dominion grain act » une commission -indépendante de trois membres fut nommée pour administrer les élévateurs des stations terminales. Elle a des
: pouvoirs aussi étendus, en ce qui concerne le transport, l'inspection et l'ern- ‘magasinage des grains, que ceux de la « Railway commission » pour les * chemins de fer. Ils prennent toutes décisions intéressant les élévateurs terminaux et peuvent, avec le consentement du gouvernement, affermer, acheter, exproprier les dits élévateurs existants ou en construire de nouveaux. Des peines sévères sont appliquées à ceux qui pratiquent le’ mélange et des délits similaires contraires au « Grain act ».
Les diverses ranipulations que subit presque tout le grain de la Saskatchewan ont lieu par le moyen des élévateurs intérieurs, Quelques-uns de ceux-ci sont la propriété des fermiers, mais la plupart se trouvent entre les mains des marchands de grain et des minoteries. Tous les marchands de grain de la provincé doivent être patentés et solidaires, garantissant ainsi
aux fermiers l'immükité contre les pertes provenane de leur déloyauté ou de leurs embarras financiers.
Presque toutes les stations de la Saskatchewan poséèdent un ou plusieurs élévateurs. En 1911, Indian Head, sur la ligne principale du C. P.R., en avait 9 en opération, d'une capacité totale de 327.000 boisseaux, et Yorkton 8 pouvant contenir 265.000 boissesux. Un fermier peut livrer son blé à l'élévateur
(1) Le Canada et la France, 1886-1911, » prié par la Chambre de commerce française de Montréal. = DE CR ‘
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