‹ La Saskatchewan: essai de monographie provinciale canadienneChapitre 47 sur 59 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Industrie et Commerce

Il y a peu de pays où les capitaux puissent facilement trouver un emploi plus rémunérateur que dans cette magnifique province. Des millions d'acres de terre arable sont déjà en exploitation, d'autres milliers attendent de nouveaux occupants qui s’installeront sur leurs homesteads, moyennant le minime versement de $ 10. ” °

Partout des villes nouvelles sortent de terre, le long des nouvelles voies ferrées, eb se développent avec une rapidité merveilleuse. Ce sont des centres nouveaux pour les affaires qui appellent des « business men ». Là où, il v a peu d'années, n'existait que la terre vierge, des banques ont été édifiées et autour d'elles des commerçants se sont installés; des hommes de toutes les professions sont venus contribuer au développement des cités naissantes.

Pour la construction des habitations nécessaires à cet afflux de population il faut une grande quantité de matériaux, parmi lesquels le bois tient le premier rang. ‘

Le bois est une des grandes richesses de la Saskatchewan. Il est surtout exploité dans la zone forestière au nord de Prince-Albert. Là se trouvent d'immenses étendues de cônifères : épinettes blanche et noire, mélèze ou tamarack, pin jack, et d'arbres à feuillage caduc : tremble ou peuplier blanc, baume ou peuplier noir, bouleau blanc. C'est l’épinette blanche, atteignant souvent un grand diamètre, qui est le plus employée, en Saskatchewan, pour le bois de charpente. Il y a des troncs qui mesurent de 2 pieds à 30 pouces de dia- . mètre à la base, mais généralement la moyenne se tient au dessous de ces chiffres. L'épinette noire n'atteint pas une grande épaisseur, 7 ou 8 pouces pour les arbres ordinaires. Le pin jack se trouve sur les terres légères sablon- . neuses et dans les-forêts les plus anciennes les arbres ont de 12 à 18 pouces de diamètre à la base. On l’a surtout employé, jusqu'à présent, pour en faire des traverses de chemin de fer..

La zone des forêts contient d'äbondantes réserves d’excellent bois et, avec: de bonnes précautions contre le feu, elle pourra donner une très grande quantité de bois de charpente pour les années à venir. On a coupé, en 1909, 87.340 millions de pieds estimés à $-1.448.079 (1). Des scieries bien installées se

(1) Saskatchewan, minister of agriculture, 1911.

trouvent à Prince-Albent el dans les environs. Le bois y est spécialement travaillé pour la construction des charpentes et des portes et fenêtros. Il y avait en 1911, dans toute l'étendue de la province de Saskatchewan, 11 établisso-

ments pour les produits des billots, représentant un capital de 8 1.976.850 et

une production de % 763.630 ct 13 établissements pour le bois de construction représentant un capital de $ 564.019 et une production de $ 654.346 (11. Ces industries du bois réunies donnent un total de production à peu près égal à celui dé la minoterié, la première industrie de la province.

Six entreprises de construction de maisons représentent un capital de $ 84.850 et donnent comme produits $ 209.300 (2).

L'argile propre à la fabrication des poteries, des tuiles et des briques se trouve dans toutes les parties de‘la Saskatchewan. De l'extrême sud à l'établissement le plus septentrional il y en a des milles et des milles carrés. L'argile à brique est exploitée partout et la production peut à peine suffire aux demandes qui s'accroissent rapidement. A Roche-Percée existe une argile convenant à la fabrication des tuiles et de la poterie. Une couche de dix pieds d'argile réfractaire a été découverte sur des veines de charbon près de Rouleau. En 1911, 15 établissements pratiquant l'industrie de la briqueterie, de ja tuilerie et de la poterie opéraient en Saskatchewan représentant un capital de 8 451. 968 et 5 274.07 5 de produits (3).

Comme on peut s'y attendre, dans une province où les richesses agricoles présentent un bien plus grand développement que les autres, l’industrie de la minoterie a pris une-extension considérable. Il y avait, en 1914, 21 établissements représentant un capital de $ 1.174.000; la production donnait $ 1.459.478 et n'était dépassée par aucune autre industrie dans la province (41.

Les exploitations minières jouent un rôle encore peu important en Saskatchewan; toutefois les mines de charbon ontatteint un assez grand développe-

ment, en raison des facilités de transport qu'elles ont trouvé. D'après Ja . commission géologique du Canada, il y a en Saskatchewan 7.500 milles car-

rés de charbon ou 20 billions de tonnes de lignite. Les dépôts de lignite se trouvent principalement au sud de la province, dans les limites d'une ligne partant de la frontière des Etats-Unis et se dirigeant sur Oxbow, puis de là sur Lampman, Weyburn, Forward, Avonlea, le lac Jonhston, le lac des Rivières, le lac des Douze Milles, pour finir à la Montagne Boisée. Une étroite bande s'étend de la Montagne Boisée vers l'ouest, et une autre d'un endroit proche du lac Jonhston vers le nord-ouest.

() 6° recensement du Canada, bulletin I.

(2) 5° recensement du Canada, bulletin I.

(3) 5° recensement du Canada, bulletin I.

(4) 5° recensement du Canada, bulletin I.

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D'autres dépôts ont été découverts dans les collines des Cyprès ct sur le Coteau. \.

« L'endroit le mieux connu est le voisinage d'Estevan où des mines sont exploitées depuis plusiburs:années. Dans une grande partio de ce district, chaque section représente au moins 7.000.000 de tonnes de lignite d'une exploitation profitable. Huit townships du voisinage contiendraient donc environ 2,000.000.000 de tonnes. » (Voir le rapport de la commission géologique du Canada par M. D. B. Dowling).

La formation Belly-River, au nord-ouest de la province, s'étend le long de la frontière de l'Alberta, de Walsh (environ 20 milles à l'ouest de Maplecreek), dans le sud, à environ 18 milles au nord de Macklin, dans le nord. La limite orientale va de Walsh jusqu'à la Saskatchewan du sud, environ 15 milles à l'est'de Saskatchewan Landing, puis elle atteint le lac dé l'Ours Blanc, se rapproche de Perdue, Wilkie et Swinburn ct tourne alors à l'ouest vers l'Alberta. Toute cette étendue comprend environ 1.500 milles carrés et les. dépôts de lignite ont été évalués par M. Dowling à environ 3.000 millions de tonnes.

D'autres dépôts ont été étudiés, dont l'étendue dépasse probablement ceux - Que nous avons indiqués (1). .

Les principaux centres pour le lignite sont Estevan, Rouleau, Dirt Hills, Brock, Roche Percée, Pinto, Bienfait et les endroits avoisinants. Les dépôts y sont exploités et la production est expédiée vers le sud-est de la Saskatchewan et le Manitoba. Le Coteau qui représente un des traits distinctifs de cette. partie de la province est l'escarpement oriental et, en mème temps, la limite de la troisième steppe de la prairie; tout le long de la chaîne des collines le lignite apparaît en de nombreux affleurements qui indiquent la grande richesse du sous-sol. Là il y avait 30 mines en exploitation en 1910 employant 376 personnes et donnant une production de 208.902 tonnes (2). En 1912 elle s'éleva à 258.722 tonnes (3).

Le sel existe dans différentes parties de la province. M. W. Me Innis, de la commission géologique, a vu une petite source salée dans Îes collines Pasquia, à l'est de Prince-Albert. A d'autres endroits, le long de la partie occidentale de la province, des sources salées et sulfureuses ont été repérées. C'est à côté de la ligne de séparation avec l'Alberta qu'est située, dans cette dernière pro vince, à Fort Mc Murray, une mine de sel d'une importance considérable.

L'or, l'argent, le cuivre, le cobalt, le fer, le mica, la tourbe, l'ocre et le gaz naturel se trouvent dans des parties variées de la province.

4) The Public Service Monthly, february, 1913. (2) Saskatchewan, minister of agriculture, 1911. .. (3) Annual report of the Department of Public Works, 1911-1912.

Valour de la production minérale de la Saskatchewan en 1940 et 1911 (1)

Pour cent Pour cent

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La réparation des wagons de chemin de fer occupait en 1911 un nombre d'ouvriers plus considérable que n'importe quelle autre industrie, soit près d'un millier; les matériaux nécessaires à ces travaux représentaient $ 429.S01

et la production de cette industrie: Ÿ 1.228.415 (2).

Les autres industries de la province sont, par rang de production : beurrerie et fromagerie pour une valeur de $ 385.205; lumière (3) et force motrice électriques, $ 339.351; imprimerie et publicatons, $ 283.553; liqueurs, malt,

$ 224.589; eaux gazeuzes et minérales, $ 113.128; produits des fonderies, -

$ 101.000; les diverses autres industries représentent une production de $ 296.062 (4).

La valeur des fourrures cxportées depuis l'occupation du Canada atteint de nombreux millions de dollars, aujourd'hui, cæs exportations continuent toujours en montrant une sérieuse augmentation, quoiqu'il ÿ ait, certaines années, rareté d'animaux. Parmi céux-ci, le castor paraissait destiné à une rapide disparition. On trouve,.en effet, en maints endroits des prairies qu'ils ont désertées, mais ces intéressants quadrupèdes sont restés assez nombreux, grâce à une protection suffisante. La valeur des fourrures exportées de la Saskatchewan, en 1909, fut de $ 192.942 (5).

On ne peut trouver nulle part ailleurs qu'en Saskatchewan meilleurs poissons que ceux de ses lacs et de ses rivières; ils sont, de plus, en quantité telle qu'ils peuvent servir à nourrir des millions d'habitants: jusqu'à présent, l'exportation n'a pu se faire en raison du manque de chemins de fer au nord de la rivière Saskatchewan; diverses stations en reçoivent cependant de grandes quantités pour être expédiées vers les villes. Il est certain que dans un temps

(4) Canada Year book, 1811.

(2) 5° recensement du Canada, bulletin I.

(3) Il y avait, en 1911, en Saskatchewan, 12" compagnies fournissant la lumière électrique, alimentant 423 lampes à arc et 77.137 lampes à incandescence (Canada Year Book, 1911). .

(4) 5 recensement du Canada, bulletin I.

(5) Saskatchewan, minister of agriculture, 1911.

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