‹ La Saskatchewan: essai de monographie provinciale canadienneChapitre 8 sur 59 · — 92 — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

— 92 — CHAPITRE V

Hydrographie de

. La province de Saskatchewan est traversée, d'ouest en est, par deux cours d'eau importants, la Saskatchewan et la Churchill, et parsemée, comme ‘les autres-provinces canadiennes, d'innombrables lacs. Elle est comprise, presque entièrement, dans le bassin de la baie d'Hudson Dans le sud, il est

- à peine besoin de parler de la mince bande de: terrain comprise entre la . frontière des Etals-Unis et la ligne de Partage des eaux qui suit le cours de la ‘rivière Whitemud ct contourne les sources de quelques-affluents du Missouri. ‘Au nord-ouest, un district plus important envoie $es eaux dans le bassin de l'Océan Arctique. Ja ligne de séparation commence à la frontière occidentale de la province, près de la Clearwater, se dirige vers le lac Cree, redescend ensuite, vers le sud, pour suivre, à peu près parallèlement, le cours de la .Geikie, traverse le lac Wollaston et remonte enfin droit au nord. Apart ces deux régiôns, la province est donc tributaire de la baie d'Hudson. ‘

Lacs Un ysjoù les lac et les marais ahondent possède, en général, un réseadfi vial imparfait. C'est le cas de tout le Canada, comme, en Europe; de la Scañdinawié et de l'Allemagne du Nord. La simple inspection d'une carte de la Saskatchewan montre d'ailleurs, par le nombre et la disposition des lacs, que les eaux courantés ne sont pas encore arrivées à déblayer tous . les obstacles qui s'opposent à leur écoulement.

Quelques mots de géologie ne seront pas inutiles pour bien faire comprendre le régime lacustre du pays qui nous occupe. Len,

Avarit ou pendant l'époque glaciaire,.il paraît y avoir eu un itnmense affais sement de la région septentrionale du Canada central. La pente générale des terrains, dirigée jusque là vers le sud, s'inclina désormais vers le nord, Par ‘suite, la bordure de la couche de‘glace, reculant vers le nord, élevait un bar-

- rage arrêtant les eaux. Il en résultait la formation temporaire de grands et de petits lacs, dans lesquels se déposaient quelquefois d'épais sédiments. Certains de ces lacs furent très étendus, comme le lac Agassiz, qui avait 100.000 milles carrés. L'action de la glace pendant cette période géologique modifiæ profondément le régime des eaux préexistant. D’immenses dépôts de débris glaciaires comblèrent; en beaucoup d’endroits, les anciens lits des rivières, leur tracèrent un nouveau parcours, en laissant ça et 1à d'innombrables nappes d'eau. Plu- .

‘ sieurs régions virent ainsi leur système changé, soit partiellement, soit entièrement, en un régime nouveau où toutes les imperfections s'accusèrent par des lacs, des rapides et des chûtes.

Les lacs de la Saskatchewan sont surtout nombreux dans la moitié nord de la provincé; partout, malheureusement, on en rencontre 4yant une eau telle- . ment alcaline qu'elle n'est utilisable ni pour l'homme ni pour les bestiaux. Ce défaut, d'ailleurs commun à d'innombrables criques et rivières, provient de ce que les eaux de ruissellement se sont chargées de sels en passant sur les roches et parmi les détritus végétaux. { ‘

La partie du lac Reindecr située en Saskatchewan représente la plus grande étendue d'eau de la province, soit 1.473.120 acres; la surface couverte par ie lac Athabaska (1) suit de près avec 1.152.480 acres. Le lac Wollaston (580.000 acres) offre eetle partiqularité d’être coupé par la ligne de partage des caux, se déversant tout à la fois par la Cochrane et la Thlewiaza dans la baic d' Hudson et, par la rivière de la Pierre, le lac Athabaska, la rivière de l'Esclave,

dans ] "océan Glacial. ne , TT Les autres lacs de moindre importance, par leur étendue, sont ensuite RCE * lacs Cree (260.000 acres), la Plonge {245.000 acres), la Ronge (220.000 acres), Buffalo (180.090 acres), Doré (155.000 acres), Ile à la Crosse (120.000 actes), . Cumberland (106.000 acres), la Plume (104. 000 acres).

Les lacs plus petits situés au sud de la rivière Saskatchewan : Manitou, Dernière Montagne, Johnston, Chaplin, lac des Rivières, Willcwbunch, sont pour la plupart alcalins. Notons, en passant la disposition particulière de écr-

” tains lacs qui accompagnent le cour de quelques rivières et criques et qu'Elisée Reclus a très bien décrite pour les lacs Fishing, sur la Qu'appcelle, en les représentant comme « les tronçons épars d'un fleuve dont les eaux auraient été soudain immobilisées » (2).

L'ensemble des étendues d'eau de la province atleint 8.318 milles carrés 4).

Sources

On sait que sur les terrains imperméables, les rivières ruissellent à la surface. Au contraire, dans les terrains fissurés, les eaux s’infiltrent en grande partie, Leur circulation souterraine s'arrête au contact des couches imper-.. méables et quand celles-ci affleurent elles sont ramenées au jour. Autant les sources sont nombreuses, mais faibles, dans ces derniers terrains, autant elles sont rares, mais abondantes, dans les premiers. On peut dire que, dans son ensemble, si la Saskatchewan est un pays de lacs elle n'est pas un pays de sources. Déjà, dans sa monographie de l'Alberta, M. Guénard écrivait ceci : « Bien qu'adossée à une chaîne de montagnes, l'Alberta n’est pas un pays de sources. Cela tient à l'imperméabilité du terrain. Les eaux ruissellent sur les pentes et ne filtrent pas sur ce sol argileux. De plus, comme la nature des roches est en général homogène, il se forme des lignes de suintement et une nappe produite par la saturation. Or, cette saturation est un fait assez rare puisque la précipitation est faible et qu'elle se produit sur un laps de temps très court. » Ce qui est vrai pour l'Alberta l’est encore beaucoup plus pour la Saskatchewan. . .

ou es ro a « . ?

(1) Appelé Avn-Baska par les sauvages, à cause des grandes herbes qui en.couvraient ! a les bords. Les voyageurs en ont fait Rabnska. Les Anglais l’appelèrent aussi Lake of the Hills que les Canadiens Français ont traduit par lac des Buttes. (Cloches de Saint-Boniface, 15 décembre 1910).

(2) Voir plus loin, dans ce chapitre, la partie consacrée aux fleuves.

(3) “Pour la description des principaux lacs, se reporter aux chapitres des districts dans lesquels ils se trouvent. ; °

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De même aussi, dans les deux provinces, des-sourcès alimentent des criques ou des lacs aux eaux fortement alcalines.

r Remerquons enfin qu'aucune grande rivière ne prend naissance en Saskal- . chewan; toutes les sources n'alimentent que de petites criques ou 1 des rivières qui, comme la Carotte, sont de peu d'importance.

Cours d'eau

Les deux Saskatchewan, artères principales de la province, se réunissent à quelques milles en aval de Prince-Alhert. Pour ce qui est de leur cours supérieur, en Alberta, il scra encore bon de se reporter à la monographie, citée plus haut, de M. Guénard. Nous ne nous occuperons ici que de ce qui a.trait à leur passage dans la province qui porte leur nom (1).

La Saskatchewan du nord, en rentrant dans la province, décrit de grands méandres et prënd la directon nord-ouest sud-est. Un peu avant son confiuent avec la rivière à l'Anglais la vallée est montueuse et profonde; les versants ont une hauteur de 200 à 250 pieds, avec un écartement de mille pieds aux sommets. À partir de cet endroit le cours de Îa rivière est presque rectitigne jusqu'au coude qu'elle fait près de Langham. A l'endroit où elle reçoit le rivière Bataille, ellè traverse un sol plutôt sahlonneux. C'est près de là que se

trouvent North Battleford et Battlefow, au centre d'un district excellent pour la culture et très bien colonisé.

Klle recoit ensuite, à dr oite, le crique de l'Aigle au moment où elle va pren-

dre Ja. direction sud-ouest nord-est ct couler presque parallèlement à la Saskatchéwan du sud!

Près de Wingard, un peu avant de longer la réserve forestière des Pins, le

. fond de la vallée’est environ 200 pieds plus bas que la contrée environnante. C'est dans ces parages que l'on trouve de l'or et du platine, dans les sables de

la rivière. Au township 48, rang 28, quelques milles en amont de Prince-Albert,

de superbes prairies bordent. la Saskatchewan qui a, à cet endroit, de 15 à 20

- chaînes de large, 6 pieds de profondeur et un courant donnant une vitesse de 3 milles à l'heure, .

Dans les environs de Prince-Albert même} la rivière coule entre des rives de hauteur variée, boisées d'épinette, de tremble, de peuplier et de bouleau. Trois affluents de belle dimension ( la Shell, la Petite Rivière Rouge et Ja Sucker) viennent du nord et apportent, des « limites » éloignées, les bois qui D vont aux scieries de Prince-Albert. Quoique la Saskatthewan et ses tributaires ‘ aient un fort courant, la contrée est pauvrement drainée, près de la moitié de

la surface consistant en lacs, marais et muskegs. | La Saskatchewan a 1.000 picds de large à Prince-Albert. Dans les environs \ de cette ville et particulièrement en aval, le poisson abonde, mais il diminue ï malheureusement beaucoup depuis quelques années. La rivière Shell et la

\ Petite Rivière Rouge en sont complètement dépourvues depuis le transport des bois.

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(1) Saskatchewan est un nom indien qui veut dire « rivière qui court vite ».

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