‹ La Saskatchewan: [extrait d'une conférence]Chapitre 15 sur 22 · POINT DE VUE RELIGIEUX · texte numérisé non relu

POINT DE VUE RELIGIEUX

‘ Nous devons coloniser l'Ouest parce que, au point de vue religieux, ce sont des hommes de

.hatre religion et ‘de notre sang qui l’ont décou-

vert. Ce sont.des prêtres de notre race qui l'ont évangélisé et ses premiers colons étaient des Cana-

diens-français ‘catholiques. Le Canadien-français, avec cet esprit missionnaire qui caractérise sa. ” race, est fait pour ce genre d’apostolat. Que n’ont pas fait Mgr Provencher, Mgr Laflèche, MM.

Thibault, Belcourt, Dumoulin et tant d’autres qui, .venus.après eux; continuent, non parmi les sau- ”

vages, aujourd'hui relégués dans -des réserves,

mais parmi les blancs, l'œuvre de civilisation et. -

de colonisation dont l'Eglise catholique, fidèle à

‘ sa mission, a de tout temps, été la pionnière en 7

. quelque partie du mondé que ce soit.

Notre mission ne remonte-t-elle pas aux pre- . miers temps de la colonie? Faire de ce pays du

. Canada un pays catholique était l'idéal de ses NH fondateurs et par notre émigration aux Etats. :

Unis, nous en.gvons fait un pays, en majorité pro- … testant. Comme premiers colons, ont été choisis. des hommes de foi et des femmes d’une gran- :

: de müralité et d’une haute conception de:leur de-. Le LE voir. “Nos pères. et nos inères ont’ compris a: gran- as

l — 28 — } 2 | deur du rôle qu’ils étaient appelés à jouer sur de continent américain et même au delà de ses limites. - puisque de nos” jours, nous voyons les fils-et les : filles de! l'Amérique française répandus jusqu'au continent noir africain. Des pères et des mères “de familles ont -donné leurs fils et leurs filles, l pour qu'ils aïllent-j “jusqu” aux extrémités de la ter- -.re être les témoins” ‘de Dieu. Ainsi Dieu ‘le veut. Comme autrefois pour nos mères françaises, Il était bin coûteux de traverser les mers sur des ‘batéaux--à voiles, quittant la‘ belle F rance “pour's’en venir au ‘lointain ‘Canada établir dans . les larmes et le‘sang un peuple ‘ qui devait être le peuple de Dieu dans cette Amérique; qui aurait dû être l xpariage exclusif des catholiques

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Vs. «124

si fagleterre était. restée fidèle-à Ja foi de ses pèrés, à la croyance'séculaire de “T Île des\ Saints: »

N’allons: pébidire “L/Ouest, c’ 'est trop loin.” Nous avons” né“mission: à. ‘remplir, nous /devons être les témoins ‘de Dieu, sürtout dans nôtre propre pays. Au point de vue religieux, nous - devons donc nous implanter danè l'Ouést: canadien. Cesser de le coloniser serait rélrograder et faillir à notre mission. ° . L

CONCLUSION | | | Avaht de terminer cet article qui, - à certäins

4 égards aurait pu. être plus complet, - — car. en som-. SR

= 29 —me je n’ai parlé que de la Saskatchewan et non pas de tout l'Ouest, — je tiens à dire que les condi- . tions de la vie sont nécessairement différentes dans lès districts éloignés. C’est absolument com-

me dans l'Est. Pour "nous, l'Est, c’est Québec,

Ontario et les provinces maritimes ; évidemment dans ces provinces les conditions varient. Ce qui est vrai pour une partie peut ne pas l'être pour une autre.

. Certes, la grande ressource de la province est F agriculture, mais avec l'augmentation de la population fermière est venue l'augmentation des affai- res. Notre peuple a assurément, dans son ensemble, ja vocation d’agriculteur; sa destinée n’est

pas de passer sa vie dans les filatures des:

Etats-Unis; cependant, individuellement, tous

ne sont pas appelés à faire des agriculteurs. Comme nos Canadiens colonisent par groupes, ils ap-

-. portent avec. eux,: où du moins veulent avoir avec:eux, leurs hommes de‘profession et leurs

hommes de métiers. L'organisme paroissial éom- |. porte naturellement les uns et les autres. S'il a - besain de prêtres, d’instituteurs, de médecins, d’a: | vocats, de dentistes, de pharmaciens, d’opticiens, etc, il requiert aussi. ses. charpentiers et ses :me- : nuisie ses. forgerons et ses voituriers,:ses, bar-

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‘agricoles, ‘de bois, de fer, ses épiciers, se

marchands généraux, etc.

Le développement du pays entier ouvré la yôie

à tous ceux qui veulent's engager dans le/<ommerce du grain, du:charbon, commerce n grôs, manufactures du pays tels que minoteries, ou moulins à farine, ou les industries concernant les animaux, le commerce de la viande, maisons de salaisons. II semble bien que les positions de télégraphistes, de téléphonistes, d'employés de chemins de fer et dans tous les autres services publics sont également ouvertes, aux Canadiens.

rage, de l'énergie, ‘de la bonne.conduite et qui ont à

cœur d'améliorer! leur situation actuelle tout en °°”

augmentant le nombre de leurs frères de l'Ouest.

Le Bureau. Fédéral de Colonisation a organisé :

et organise encore des comités paroissiaux dans Québec, afin de s’efforcer de garder les Canadien; chez eux, dans la province de Québec, mais il veut aussi former de ces comités aux Etats-Unis pour rapatrier ceux des nôtres qui là-bas sont

malheureux, vivent au jour le jour et n’ont: pas”

trouvé en pays. étranger les avantages qu'ils eñ

“attendaient pour eux et pour leurs ‘enfants, Il-.

—,31 — | Ml est bon, j je crois, que vous sachiez ces choses et que vous connaissiez notre oeuvre. C'est pourquoi je Vous: “parle de ces questions qui peuvent vous iinté-

resser, quañd bien même ce ne serait qu 'indirectement. . . T

«Les Canadiens des Etats-Unis ne nous en vou- : dront pas-d’aïlleurs si nous essayons de les ra- ! mener, ou du moins quelques uns d’entre ‘eux, : au Canada, rapatriés choisis parmi nos frères, nos parents, nos amis, pour qu’ils améliorent leur É sort nous aident à grossir nos rangs et obtenir la part d'influence qu’en pays démocratique donne le nombre. Peut-on Hlâmer un père de fämille ” qui s'efforce de garder ses enfants auprès delui ou s'ingénie à les ramiener s'ils ont été forcés.de : quitter le toit paternel? D'un autre côté, les Cana- . diens de la province de Québec seront les der- s. -niers à nous blâmer si nous leur demandons le trop plein de leurs paroisses : et si nous les invi- ‘tons à diriger leurs fils et-leurs amis vers l'Ouest. canadien, plutôt que de les voir aller aux Etats- Unis. D'autre part, combien de pères de famille anxieux de vôir leurs enfants s'établir, se voient dans l'impossibilité de le faire, parce que les vieilles’ terres de a province de Québec coûtent"

trop cher ou que les enfants ne sont pas des . bücherons pour: Aller s établir sur des. terres en . .… ‘bois. debout, : CE ge ra cotes eue LE

SL le ge TU I a . ‘ - : .

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dierf; noûs en avons ‘un pressant besoin pour. cori-

Les terres des vieilles paroisses valent en moy-

enne $100.00 l’arpent ; tandis que dans la Saskat- |

chewan, ellès. valent actuellement une moyenne de $22.00 l'arpent. Et ces terres sans engrais,

‘sans rigoles, rendent 25 minots de-blé l’âcre.

Dans une ‘seule. année une terre de $20.00 lâcre

pousse en grain le prix qu ’elle coûte.

Nous voulons des colons pour l'Ouest cana-

| solider nos positions tout en. amélioranit le ‘sort-

Ÿ de” ceux qui le veulent sincèrement.

port

Nous faisons appel aux Canadiens des Etats- Unis. Je vous prierai de nous donner l'adresse

…de.v@s: parents et amis. quifauraient exprimé le

désir de revenir au pays et quand même ils n'au-

aient pas exprimé ce désir, nous nous mettrons EUONS

en communication avec eux. En même temps, nous faisons un appel pressarit aux Canadiens de la province de Québec, à ceux seulement qui sont dans les conditions mentionnées plus haut. Encore :

‘une fois ñous ne voulons pas affaiblir les: centres

ruraux,. <ela soit” dit. pour les sourds, qui ne

veulent rien entendre.et prétendent à ‘tôrt que .

nous voulons dépeupler Québec.

NS

Prévenons l'exode aux Etats-Unis: gardoné tes. nôtres au Canada, dans PEst où .dans. POuest:’.

ee - - ° Xe

Canada, nous n’aurions .jamais eu la question

‘eu la législation mesquine de 1905, lors de l'or. -ganisation. des deux provinces de la Saskatchewan:

ces

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