ANGON
et qui lui rappelaient que sa cathédrale n'était qu'une cathédrale provisoire; mais il voyait aussi les pots de fleurs sur le bord de la fenêtre ; il n'avait qu'à étendre la main pour les toucher et transporter dans son oeuvre leur âme parfumée.
Madame de Chantai vint à lui, de même que Madame de Charmoisy. Elle aussi, elle avait fait un mariage d'amour et vécu huit années heureuses, organisant son existence comme si elle et les siens ne devaient jamais mourir. Le dernier de ses six enfants avait à peine quinze jours, quand elle perdit brusquement son mari, tué à la chasse par son ami, M. d'Anlezy, dans un mouvement de maladresse et d'inadvertance. Il faut aller à Bourbilly, prés de Dijon, pour interpréter le château de Thorens ; il faut voir la vallée retirée, mais non rétrécie, la demeure nobiliaire avec ses grandes salles, ses vastes cheminées, ses larges croisées, la chapelle qui sert aujourd'hui de grange, le petit bois où le baron de Chantai tomba mort, les allées où sa femme se promenait dans son costume