ENTREMONT
sa mort. Le nom même de la rue nous rappelle l'admirable femme dont François d'Assise s'était conquis le cœur, et qui avait réalisé mieux que personne l'idéal conçu par cet homme ; il nous rappelle aussi l'exode des Clarisses qui avaient leur couvent à quelques pas de là... Cette nouvelle demeure, entourée d'un halo mystique, était bien faite elle-même pour plaire à François de Sales... Elle infléchit un peu sa lourde façade, en suivant la courbe de la rue et, comme les demeures voisines, elle s'appuie à des arches qu'elle déroule pesamment. Rien dans l'apparence ne nous fait pressentir les curiosités d'esprit, la recherche délicate et quintessenciée qui étaient en honneur à la fin du seizième siècle, et je m'étonne que cette maison ait pu être bâtie par Gallois Regard, évêque de Bagnorea, chanoine de Saint-Pierre de Rome, et que, revenu dans son pays natal pour y vivre « le reste de son âge », il n'ait pas rapporté de l'Italie des raffinements comme on en voyait au château qu'il s'était fait construire à la même époque, à Clermont, près de Frangy.
Dans la cour, des colonnes cannelées, un fronton triangulaire encadrent l'entrée d'un escalier voûté en croisée d'ogives, qui monte jusqu'au premier étage et nous conduit à une nouvelle porte, surmontée d'un entablement que soutiennent de part et d'autre deux colonnes. C'est là que le président Favre a vécu de 1608 à 16 10, qu'il a composé le Code Fabrien, que sa fille a refusé la main de Louis de Sales, que s'est réunie l'Académie florimontane, que François de Sales a écrit le Traité