CHATEAU UE MOLLARD DE MAISTRE
CHATEAU DE RONJOUX *
ce fétiche n'était-il pas le vrai et le seul vocable sous lequel on pût placer cette demeure ? N'était-elle pas un ermitage, et Madame de Warens et Jean-Jacques, en y venant, ne cherchaient-ils pas ce que nous cherchons tous pour prier, aimer ou étudier, et que nous appelons une retraite parce que nous nous retirons en nous-mêmes pour mieux poursuivre un idéal de contemplation, d'amour ou de travail?
A quoi bon raconter de nouveau cet épisode de la vie de Jean- Jacques ? Le cachet de M"' de Warens représentait un amour, tenant un doigt sur la bouche, avec ces mots en exergue : Muet, mais toujours tendre. Elle pressentait sans doute que Jean-Jacques n'obéirait pas toujours au geste de silence que font les moines de Fra Angelico, et que répètent les amoureuses, en disant : « Au moins, soyez discret ! » Les Confessions ressemblent, avec leur mélange de gravelure et de moralisation, à ces estampes du dix-huitiéme siècle, où l'on voit une jeune femme en chemise dans un lit en désordre et, au bas de la planche, les armes du seigneur et tous les titres de noblesse du grave personnage à qui elle est dédiée.
A quoi bon décrire les Charmettes, que Jean-Jacques a si bien décrites ?
Pourquoi ajouter un témoignage à tant d'autres ? Evidem-
* C'est au château de Ronjoux que Buloz, fondateur de la Revue des Deux Mondes, né à Vulbens (H** Savoie) en i8o3, mort à Paris en 1877, passait tous ses étés. Il est infiniment remarquable que la demeure de prédilection de l'homme qui sut discerner avec un goût très sûr le mérite des écrivains romantiques soit précisément entourée des grands paysages romantiques.
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