ÉGLISE DU BOURGET : HAUTS-RELIEFS
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étaient moins enchaînés à leur souverain, puisque le duc de Savoie était roi de Sardaigne et que, depuis le commencement du siècle, il avait quitté sa capitale de Chambéry pour celle de Turin. De la colline
de Tresserve aix : hotel-ue-ville (ancien château de la famille de seyssel)
jusqu'aux
tours de Chignin, les châtelains de Buisson-Rond, de la Bâtie, de Monterminod, de Bressien, de la Croix, de ChafFardon, de Montagny, de Candie, de Pingon, de Bissy, de Servolex, de la Serraz, du Bourget, des Marches, du Bourdeau, qui autrefois avaient les yeux fixés sur leur duc, tournèrent leur regard vers l'image du philosophe qui herborisait et se penchait vers les plantes. Autrefois, il y a bien longtemps, ils observaient du haut de leurs tours les oriflammes qui flottaient sur le château du Bourget ; plus tard, après
le treizième siècle, quand les comtes de Savoie eurent quitté le Bourget pour Chambéry, ils vinrent chercher leur mot d'ordre dans ce nouveau château. Maintenant, un peu détachés de la cour, ils s'efforçaient, non pas de ressembler à ces seigneurs de Versailles qui portaient leurs mouHns sur leurs épaules, mais de vivre sur les genoux de la nature.
On s'acharne aujourd'hui, dans les systèmes politiques et les gros manuels de « littérature », à opposer à Rousseau ceux qu'on est convenu d'appeler les hommes de l'ancien régime. Persister dans cette distinction, c'est se figurer ce dix-huitième siècle, où tout respirait le bonheur de vivre, sous les couleurs tragiquement outrées qu'on donne d'habitude au moyen âge, c'est mettre des oubliettes dans les châteaux fleuris de « ne m'oubliez-my », c'est méconnaître le charme