‹ La Savoie (volume 3)Chapitre 24 sur 63 · LE CLOITRE D ABONDANCE · texte numérisé non relu

LE CLOITRE D ABONDANCE

l'objet d'un pclcrinago ; ailleurs, en plein champ, n'importe où, une grande croix de bois, barrant le ciel d'un geste tragique, avec l'imprévu et la rudesse d'une prophétie; à ce tournant brusque du chemin, dans une petite niche creusée à même le roc, s'abrite une madone ayant devant elle la lampe que la dévotion entretenait et rallumait, chaque soir, au moment où s'épingle au ciel la première étoile. A deux pas de la Vierge, qui étend la main, prés d'un buisson de genêts qui jaillit en gerbes d'or, il faut côtoyer un ravin : la lampe, sinon la madone, devait être utile aux voyageurs... Je crois que l'âme populaire, en Savoie comme en Italie, a trouvé son langage dans cette dévotion presque humaine, dans ce culte naïf, qui ressemble plus à une prédilection sentimentale qu'à une religion. Un peu partout il y a, derrière une grille de fer, une madone

coiffée d'une couronne gothique, vêtue d'une robe bleue à franges d'argent, qui est vraiment, suivant une vieille prière, « la doulce dame du ciel et de la terre, la mère de pitié, la tontaine de tous les biens, la belle et très doulce dame » de cette race rude et résignée.

LE CIMETlkRE

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