IT DE LA MENOGE
haie de coudriers indiquent une rivière, et toute cette campagne d'un vert tendre s'avance et se recule en rythmes harmonieux, estompant au loin ses limites grises dans un horizon bleuâtre et vaporeux, au fond duquel un pont met son arche de pierre blonde. L'Arve coule, rapide, active, taisant tourner des moulins, animant des tanneries, des fabriques dissimulées heureusement par quelque magnifique végétation ; pardessus un îlot d'arbres, un épi de terre vernissée révèle la présence d'une gentilhommière, les toits d'un village se pressent autour d'un clocher qui semble réunir les maisons sous les ailes débordantes de ses auvents, et la rivière couleur de plomb ressemble à un ruban dont les sinuosités brillent çà et là en brusques miroitements. LA TOUR uE BELLEcoMBE Quelques pas encore, et le château se dé-
tache sur un fond de taiUis. Au seizième siècle, c'était en quelque sorte le poste avancé du duc de Savoie, une sorte de gîte pour soldats embusqués, et il menaçait si fort les Genevois, qu'ils s'en emparèrent en 1589. Il a subi le sort rural réservé aux demeures qui ne correspondent plus à la vie d'aujourd'hui. Ses trois tours, percées de fenêtres étroites, maintenant des colombiers dont les toits écaillés de tuiles brunes ont revêtu la bure et la mousse, s'harmonisent avec les