‹ La Savoie (volume 3)Chapitre 46 sur 63 · LES RUINES DE FAUCIGNV · texte numérisé non relu

LES RUINES DE FAUCIGNV

rustre, surprenant au bain une jeune fille des champs, ne peut être que Perceval en extase devant Grisélidis. La magie du ciel prête à toutes ces aimables personnes des propriétés contraires aux lois naturelles : la fée Mélusine plongeant dans l'eau qu'illumine au couchant un dernier reflet rose se change en cyprin doré, l'enchanteur Merlin, avec son bonnet pointu, se déguise en clocher, et la sage Viviane elle-même, dans le corps d'un rossignol, accordant sa chanson avec le bruissement des feuillages, laisse tomber du haut des arbres des arpèges et des roulades.

Si toutes ces choses vous font sourire, mettez que je les aie lues en un livre dont les signets étaient des brins d'herbe, retrouvé par hasard dans une vieille armoire et que personne ne lisait plus ou ne savait plus lire. Aussi, je me complais à penser que ces fées apparaissaient plus volontiers au milieu des hommes qui vivaient lentement, dans une vallée prédisposée au surnaturel, et gardaient une sentimentalité assez fine pour ne pas brusquer leur évocation et ne pas rire aux éclats avant même qu'elles n'aient jailli du sol, comme les sources. Chacun sait qu'elles venaient aux

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