LE CHATEAU DE MAGNY, PRÈS DE REIGNIER
baptêmes et, départissant les qualités et les défauts, prodiguant aux uns les talismans, aux autres les malédictions, ressemblaient à ces vieilles demoiselles de province qui, n'ayant jamais eu d'enfants, prédisent aux enfants des autres un brillant avenir ou d'épouvantables calamités.
On s'explique qu'en un pays où elles étaient si nombreuses, il y ait eu beaucoup
de châteaux et de vieux murs LA CAUSETTE élégauts. On les voit générale-
ment de haut et de loin, mais de prés ils semblent se dissimuler derrière des bouquets de verdure, amoureux de solitude et craignant avec raison les contacts familiers. Comme toutes les maisons qu'on bâtissait autrefois, ils ont des manières à eux de surgir brusquement. Les arbres qui les précédent leur prêtent une physionomie fantastique et légendaire. Il semble, quand on les découvre, qu'on les ait déjà vus quelque part, dans la marge d'un conte peut-être. Il en est de plus humbles, plus proches de nos