LE RELIQUAIRE DE SALLANCHES, XV' SIÈCLE
poutre laisse pendre sa corde ; une bicoque se penche en un regard curieux, tandis qu'en retrait un petit hôtel s'efface avec discrétion ; derrière une courette, la glycine grimpe avec sa double floraison de grappes mauves, et c'est deux fois l'été en ces vieux murs. Partout les escarpements semblent si abrupts, qu'il vous paraît que rien n'y puisse tenir; le coteau est penché comme les toits; tout monte, s'accroche et s'enlève avec le clocher qui ressemble au carocha de quelque fantastique nécromancien.
Ainsi La Roche est la ville la plus amusante qui soit, les rues s'en vont de-ci, de-là, avec la même fantaisie que la course d'un insecte en un jardin potager; ses petites venelles sont entourées de fleurs, les pavés entourés d'herbe forment autant de parterres. On y croise des enfants déguenillés, de vieilles femmes en bonnet plissé à petits tuyaux, ajusté aux tempes, qui recouvrent leur coiffure d'un chapeau de paille crème dont la passe est garnie de rubans noirs : avec le petit bonnet noir et le chapeau, elles rappellent tout ensemble l'hiver et l'été, et semblent aussi vieilles que les maisons devant lesquelles elles passent. Un chemin en pente rapide, coudée, dévale de l'autre côté du ravin, au-dessous d'un sapin qui déploie son ombrelle au mi- Ueu des taillis et suffit à donner à l'ensemble du paysage un air toscan, ^^^mmmc 41 ^ passe devant une
|1IH» ~~^^ maison qui avance
^^^^ - ^ son toit de berge-
jBBS— ?; ^J^ rie, enjambe l'eau
' .^ra-««.. . claire sur un pont
en dos d'âne, remonte avec lenteur, brisé par des barrages de cailloux, s'oublieet se perd en faisant l'école buissonniére. Quand vous regardez devant vous, presque tou-
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