‹ La Savoie (volume 3)Chapitre 58 sur 63 · MAISON DE JAQUES BALMAT · texte numérisé non relu

MAISON DE JAQUES BALMAT

de Cluses, « apparaît tout à coup à son balcon et salue son peuple de montagnes d'une façon affable et majestueuse » ; et enfin, accoutumée insensiblement à la vue des montagnes, elle arrivait par un chemin bordé de rochers dans cette vallée qui devait lui rappeler Lauterbrunnen. C'est une vallée longue, encaissée, au fond de laquelle la route et la rivière d'Arve tracent un liséré blanc, jalonné de maisons accroupies comme des fileuses, barré de ponts, contrastant avec les sommets arrondis en larges ondulations blanches. Des nuages légers comme de gros flocons détachés semblent marquer la limite entre la neige et les forêts qui s'élèvent les unes au-dessus des autres et qui s'abaissent successivement sous les yeux à mesure que l'on monte. Un glacier déroulant sa spire d'argent descend comme un vaste fleuve jusque dans la plaine, et les montagnes sont si hautes, que le soleil ne peut l'éclairer entièrement qu'à son midi, et que les journées se mesurent à sa course brève entre les deux horizons. Aussi son séjour à Chamonix,

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