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CÉAPITER EN
Bases physiologiques
|l° PHYSIOLOGIE DES MUSCLES SCALENES
Les muscles scalènes, quand ils prennent leur point fixe sur la colonne cervicale, ont un rôle physiologique double sur la cage thoracique :
— un rôle tonique ;
— un rôle moteur proprement dit.
L'action tonique s'exerce sur le sommet du thorax. La masse du scalène antérieur et du scalène moyen soutient énergiquement la première côte et, par son intermédiaire, le dôme pleural.. Le scalène postérieur maintient directement la deuxième côte. Par l’intermédiaire des deux premières côtes, les scalènes suspendent donc toute la partie supérieure de la cage thoracique.
L'action motrice proprement dite des muscles scalènes se traduit par l’élévation inspiratoire des côtes supérieures et par conséquent du sommet du thorax.
Cette action inspiratoire s’exerce-t-elle dans la respiration normale ou seulement dans la respiration forcée ? La question est encore discutée.
On sait que dans le mécanisme respiratoire normal, il existe un double.jeu : le jeu costal et le jeu diaphragmatique. Le jeu costal a pour effet d'augmenter le diamètre antéro-postérieur et-le diamètre trans-
versal du thorax. Dans la respiration l’articulation
Ne 6 A, 6931 to-8-1354 , A | F1G. 6. — Calque de la radio ci-contre. Aspect normal
quant au mouvement des côtes. Caverne du sommet gauche. (Malade alcoolisé par le Docteur Olivier Monod).
costo-vertébrale est le siège de deux mouvements : mouvement de glissement qui porte la côte en dehors, élargissant le thorax dans le sens transversal et mou-
vement de rotation ou de charnière qui porte la côte
en avant et augmente le diamètre antéro-postérieur du thorax. Le mouvement de glissement est éxécuté surtout par les côtes inférieures. Le mouvement de
F1G. 7. —— Radiographie en double impression faite avant l’alcoolisation des nerfs intercostaux. ,
Temps de pose : Inspiration forcée : 8 milli-ampères seconde. Expiration forcée : 12 milli-ampères seconde.
La caverne se dilate à l’inspiration : son contour est flou.
rotation, surtout par les côtes supérieures, Ces mouvements sont commandés par les muscles intercostaux
et par les muscles scalènes. Le jeu diaphragmatique
pois
a surtout pour effet d'augmenter la hauteur du thorax.
Ces deux jeux.sont associés, mais suivant que l’un ou l’autre prédomine, on distingue deux types respiratoires :
F1G. 8. — Calque de la radio ci-contre. Paralysie des muscles intercostaux gauches, de 2 à 8 inclus.
— l’un supérieur, avec prédominance du jeu costal ;
— l’autre inférieur, avec prédominance du jeu diaphragmatique. |
Il est remarquable de constater que les femmes ont
surtout une respiration du type costal, ou thoracique supérieure ; alors que chez les hommes, c’est le type
inférieur ou diaphragmatique qui domine.
F1G. 9. —— Radiographie en double impression chez le mème-malade, après a!coolisation des 2°, 3°, 4°, 5°, 6°, 7° et 8° nerfs intercostaux. Paralysie des espaces correspondants. La caverne se dilate moins à l’inspiration. Temps de pose Inspiration forcée : 12 M. A. $S. Expiration forcée : 8 M. A. S.
En cas de type respiratoire thoracique supérieur,
l’action des muscles intercostaux et des muscles sca-
lènes est donc importante dans la respiration nor-
BEUZART 3
oyie
male, alors que dans le type inférieur, l’action du diaphragme est prédominante et celle des scalènes très accessoire.
On peut par la radioscopie et surtout par la radiographie vérifier quel est le type respiratoire. On peut enregistrer, avec un fiim, le degré d'expansion respiratoire du sommet, par la méthode de la radiographie en double impression, mise au point par M. Tobé. Il suffit d’'impressionner deux fois le film coup sur coup en inspiration et en expiration. Certaines précautions sont à prendre : il faut faire respirer le sujet à plusieurs reprises devant soi et lui apprendre à rèspirer profondément sans soulever les épaules et sans déplacer verticalement vers le haut l’ensemble du thorax.
La radioscopie permet, certes, à un œil exercé de voir si une expansion respiratoire est forte ou non, mais elle ne donne qu’une impression subjective. La méthode de la double impression permet d'obtenir un document ayant une valeur objective (fig. 6 à 9).
La phrénicectomie, en supprimant le jeu diaphragmatique, ne laisse persister que le jeu costal, qui devient le type respiratoire exclusif de l’hémithorax opéré. L'expérience montre qu’après phrénicectomie, en quelques semaines, le jeu costal supérieur se développe, constituant une expansion inspiratoire supplémentaire du sommet. Il y a en quelque sorte augmentation compensatrice dans la ventilation du sommet pour suppléer l’immobilisation respiratoire de la base.
Les muscles scalènes, ainsi que les muscles intercostaux supérieurs, jouent un rôle important dans le développement de cette expansion respiratoire du
sommet.