ANATOMIE DESCRIPTIVE DES MUSCLES SCALENES
Les muscles scalènes, nés des apophyses transverses des vertèbres cervicales, descendent sur la partie antéro-latérale du rachis, formant dans leur ensemble une masse musculaire irrégulièrement triangulaire, située au fond du creux sus-claviculaire ; ils se terminent sur les deux premières côtes.
À leur origine, ils semblent constituer une masse charnue unique, d’où la conception du scalène unique de Riolan, Dionis, Chaussier, reprise par M. Sebileau (1891). Depuis, Livini (1908) a insisté sur leur complexité, montrant combien il est difficile d’isoler des faisceaux distincts.
À leur terminaison, ils sont clivés par le passage de l'artère sous-clavière et du plexus brachial en une masse charnue antérieure qui s’insère sur la première côte, et une masse charnue postérieure qui se termine
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en partie sur la première côte, en partie sur la seconde.
Ceci nous ramène à la conception classique de Sabatier, Sommering et Meckel, reprise par Poirier, de 3 scalènes superposés d’avant en arrière ; l’antérieur se terminant sur la première côte en avant de la gouttière de l'artère sous-clavière ; le moyen se terminant également sur la première côte, mais en arrière de cette gouttière ; le postérieur se terminant sur la deuxième côte.
Le muscle scalène antérieur naît des tubercules antérieurs des apophyses transverses des troisième, qugtrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales, par quatre languettes tendineuses grêles et cylindriques, parfois aplaties. L'insertion se fait, pour Theïle, au sommet et au bord inférieur du tubercule ; pour Gilis, à la face externe et postérieure de ce tubercule. Pour Poirier, il naîtrait assez souvent, par quelques fibres charnues et tendineuses, du fond de la gouttière intertuberculeuse et, plus rarement, par une ou deux languettes tendineuses très grêles du tubercule postérieur, insertions accessoires qui avaient déjà été décrites par Bourgery et Cruveilhier. Il prend quelquefois une origine supplémentaire sur la septième apophyse transverse.
Aux tendons font suite quatre faisceaux musculaires qui se réunissent en un corps charnu légèrcment aplati d'avant en arrière et dirigé obliquement en bas, en avant et un peu en dehors. Les fibres de
celui-ci vont se perdre à la face profonde d’un tendon
demi-conique, épais, brillant et nacré, par lequel le scalène antérieur se fixe à la face supérieure de la première côte. Il se termine sur le tubercule de Lisfranc ou tubercule du scalène antérieur, éminence osseuse en forme de pyramide triangulaire, située sur la face supérieure de la côte, à 2 ou 3 cm. de son extrémité antérieure. Il sépare deux gouttières creusées sur la face supérieure de l'os : l’une, antérieure, dirigée en dehors et en arrière. répond à la veine sousclavière ; très visible vers le bord interne de l’os elle s’élargit et disparaît le plus souvent avant d'atteindre le bord externe ; l’autre, située en arrière du tubercule, répond au passage de l’artère sous-clavière et du plexus brachial. Les deux gouttières ne sont pas parallèles, mais convergent vers le bord externe de la côte. Parfois, la gouttière postérieure est divisée ellemême par une crête mousse en deux gouttières secondaires : l’une, répond à l'artère, l’autre aux troncs nerveux du plexus.
Le tendon du scalène antérieur s’épanouit sur le tubercule de Lisfranc, sur la partie adjacente de la face supérieure de la côte et sur son bord interne ; parfois même les fibres empiètent quelque peu sur la face inférieure de l’os. Quelques fibres internes s’épanouissent sur le dôme pleural, donnant des fibres antérieures et des fibres postérieures plus nombreuses qui, obliques en haut et en arrière, se continuent avec le système du petit scalène. MM. Maurer et Cordier ont attiré l’attention sur cette insertion pleurale du muscle (77).
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D'autre part, par son bord externe, le scalène peut détacher des fibres qui renforcent le premier muscle intercostal externe. On l’a même vu descendre jusqu’à la deuxième côte (Theïle).
Muscle scalène moyen. —— En arrière de l'artère sousclavière et du plexus brachial, descend la masse des muscles scalènes moyen et postérieur.
Le scalène moyen, le plus grand des trois, placé en arrière et en dehors de l’antérieur, naît des apophyses transverses des six dernières vertèbres cervicales. Ses origines transversaires se font en haut par des languettes tendineuses, en bas par de petits faisceaux charnus au bord externe et à la concavité Me la gouttière transversaire ; elles se prolongent en avant jusqu’au voisinage du tubercule antérieur, en arrière jusqu’au tubercule postérieur. On a vu le muscle scalène moyen remonter jusqu’à latlas et même à l’apophyse jugulaire de l’occipital.
Les tendons se continuent par autant de faisceaux musculaires qui s’unissent et forment un corps charnu qui descend, oblique en bas et en dehors ; accolé en haut au scalène antérieur, il s’en éloigne progressivement de haut en bas.
Le muscle scalène moyen se termine par des fibres tendineuses sur la face supérieure et le bord interne de la première côte, en arrière de la gouttière de l’artère sous-clavière. Les fibres les plus externes descendent fréquemment jusqu’à la deuxième côte, se confondant avec le muscle intercostal externe, beaucoup plus rarement jusqu’à la troisième.