‹ La Scandinavie vengʹee de l'accusationChapitre 6 sur 7 · XV · texte numérisé non relu

XV

Je n'oserai pas encore affirmer que Sigge Fridulfson fût Alain plutôt que Yisigoth ou Ostrogoth ; mais si des conjectures fondées el appuyées sur les données uniformes «des plus anciennes traditions ^ peuvent valoir quelque chose eti fait d'hisloire , je pencherais pbtiôl

à croire qu'il fut Alain , par la raison que ïe§ anciennes histoires Scandinaves parlem toutes de ^urs ancêtres , comme d'un peuple établi vers Tembouchure du Tanaïs, qu'elles appellent Vana^Qyislar ^ où se trouvait Tantique ville d^Âsgard qui , très - certainement est TAspurg de Strabon y la Tana du moyen âgç , et TAshof ou Azof de nos jours. Cette question sera au surplus discutée ex professa dans la troisième partie de ces recherches*

Quoi qu'il en soit, l'histoire de la marche de Sigge , telle que les anciennes chroniques nous la retracent, ne sera peut r être pas admissible dans toutes ses parties; mais elle n'est pas non plus aussi inexplicable que M. Pinkerton et d'autres sceptiques ont voulu le faire croire. Que le savant docteur écossais se contente de transporter les choses au siècle dont je parle , aux circonstances que j'ai rapportées , et à d'autres que je me prépare à développer , et nous ne saurons plus que faire de ses railleries sur le ridicule d'une migration exécutée au temps de César sans qu'il en eût connaissance, ni sur la nécessité de vaincre lès Sue ves qui surpassaient , dit-on , les dieux mêmes en valeyn

Les chroniques font suivre à Sigge une route

tout

(97 ) tout à fait diffi^rente , sur laquelle il pût même ne pas ^atendre parler , ni des Suèves ni des Gépides , autre nation également belliqueuse , et qui était plus voisine de sa route. Parti des bords du Don ou de ceux du Borystène , soit à la première apparition des Huns , soit après la défaite d'Athanarik^ il se dirigea, avec ses Ases y ou compagnons Asiates , vers la haute Sarmatie ou Moscovie actuelle, peuplée alors par les Roxolans et les Hamaxobiens , deux tribus de la grande nation slave, dont les derniers vivaient sur des chariots, comme une partie de la nation alane.

On me permettra de m'arrêter un peu plus sur cette partie intéressante de l'histoire de Sigge, afin de déterminer^ autant qu'il est possible, la marche qu'il a dû suivre. Pour le faire avec quelque espoir de succès, il décrient indispensable de présenter ici le tableau géographique des pays à travers lesquels cette marche fut dirigée , en y ajoutant quelques remarqués ethnographiques sur les différend peuples qui habitaient alors ceâ contrées. Je me flatte que les preuves que j'en déduirai seront satisfaisantes.

Personne ne me disputera que vers le milieu du quatrième siècle les Barsiles ou Uzes i les

(98) Kbazares ou Âcazîres , et les Âlains ou Alanes , ne fussent les principaux peuples des contrées situées entre le Don et le Caucase, le Pont- Ëuxin , le Volga et la mer Caspienne. Ces derniers , plus à l'occident que ks deux premiers , occupaient encore les côtes septentrionales des Palus Méotides ou mer d'Âzof y jusque vers les rives du Borysthène, où ils confinaient , au nord , avec les Roxolans , et à louest avec les Ostrogoths, dont ils étaient ou alliés ou sujets* Le royaume de ces derniers sous Hermanrik , avait pour limites le Borysthène , peut-être même le Tanaïs et le RhA ; le.Pont-Euxin , le Danube, les Alpes basierniques , la Yistule , la mer Baltique et la Duna^ comprenant ainsi les pays des Yisigoths , des Gépides, des Yénèdes, et d'autres peuples gothiques et sarmates. A Test des Roxolans vivaient les Antes , vers le Tanaïs où ce fleuve 3'approche le plus du Rhà ou Volga , et au nord les Hamaxobiens qui ne i^e distinguaient des Roxolans que parce qu'ils passaient leur vie sur des chariots ou dans des hutes portées sur des roiie^. Ces Hamaxobiens avaient au nord et au nord-est le grand et ancien empire des Tchoudes ou Finnois > nommé par la suite Biarmaland ou Permie , let à Test la grande

( 99 ) Ounnie ou Hongrie y peuplëlB pak* les Oïgours et les Bulgares qui , beaucoup plus tard , firent tant de bruit en Europe. L'empire Tchoude y appelé Tchoudskoe Czursiwo par les Russes du moyen âge y et connu pa)r les Scandinaves sous le nom susdit de Biarmialand y esistà jus* qu'en 1 236 ^ lorsqu'il fut eiivahî par les Mo-gholsy et réuni aux états du Captchac par Batou y petit-fils du célèbre Djenguyzkhàn« ' Les restes des Peukines> des Basternes et des anciens Daces ou Gètes qu'il ne faut jamais confondre avec les Goths y occupaient les sources du Dniesthr y du Theîss « du Boug et de la Yistule y dans les monts Carpathes » nommés alors Alpes basterniqués. Ces peuples avaient au nord les €répides » qui paraissent avoir occupé alors la plus grande partie dé la Pologne actuelle, et qui touchaient ,>ers le septentrion^ aux Lygièhs<ou-LiaîcUés et aux Vénèdes^ ou Vendes , qui les séparaient de$ Gothons> des Tchôudes et dçs Sarmales y de la Prusse et Lithuanie actuelles.

Au midi de la mser Baltique, demeuraient les Gothpns > les Rugiens , les Bourguignons » les Yarnes et lesJSaxons ; les Angles avec quelques restes des anciens Cimbres et dés Teutons occupaient le Slesvig de nos jours % et les Jotel

ou Gutes , le Jiuland et les iles danoises »

dont les habitans étaient dëjà Connus sous le nom de Daunskîr ou Daukiones. En Scandinavie ; il y avait des Gutes ou Jotes dans la Suède méridionale y et des Finnois dans les provinces septentrionales ; les Sitons et les Svions de Tacite n^ paraissent pas : mais le nom de Suethans dont parle Jordanes devait déjà être connu au quatrième siècle , puisque saint Augustin en parle dans ses commentaires sur FEcclésiaste. Les côtes orientales de la mer Baltique étaien4 occupées par les Esthiens (qu'il ne faut pas confondre avec les Esthoniens ) y les Scyres , les Kareotes ou Coures , les Hirres et autres peuples de race gothique et finnoise.* Tel était l'aspect géographique de la partie de l'Europe que Sigge a dû traverser dans son voyage. Il est surtout nécessaire de se rappeler ici que ni les Slaves 5 ni les Lettoniens n'étaient encore connus à cette époque. Les premiers habitaient cependant sous les noms de Vendes ou Yindes et de Sarmates, entre la mer Baltique et le Pont-Euxin , où ils étaient sous la domination des Goths. Plus à l'est et au nord ils obéissaient peut-être à l'empire des Tchoudes. Les Antes que nous avons déjà nommés , les'Roxolans , les Hamaxobiens » les Galindes ,

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les Stavanes, etc. étaiéot sans doute des tribas yendiques ou slaves , que les écrivains latins et grecs appelaient Sar mates, parce qu'elles occupaient des pays où les anciens géographes avaient placé des Sarmates , tout comme nos imitateurs modernes ont donné le nom de Vandales aux Slaves qui ont occupé Içs Con-* trées abandonnées par les Vandales. Mon compatriote, le professeur Thunmaun, dont' la mort prématurée fut une perte irréparable pour l'histoire et la géographie du moyen âge^ a prouvé jusqu'à l'évidence que les Venèdes ou Vinides d'Hérodote , de Pline , de Tacite , de Ptolémée, de Jordanes et du géographe anonyme de Ravenne, sont les ancêtres dé nos Slaves d'aujourd'hui, qui ne prirent ce dernier nota qu'au commencement du sixième siècle, et qui ne figurèrent comme peuple qu'au septième. Leur nom, ainsi que ceux des Goths,' des Teutons , des Kymres, etc. y veut dire homme ou peuple , ou , selon d'autres, il vient du mot sloi^o (parole) , et désigne une nation parlant le mém^ langage. Dans le dictionnaire étymologique de la langue russe, les mots slavenskie y adjectif, et slaviàniriy substantif, se déduisent de la racine slava^ qui signifie grandeur et gloijcçé Aussi les Vendes

ne prirent-ils te nom de Slaves que lorsqu'ils eurent acquis une certaine renommée.

Quant aux Lettons , c'est une nation moderne dont le nom paraît à peine dans l'histoire au sixième siècle. Je ferai voir tout à l'heure comment elle s'est formée du mélange des Goths j des Finnois et des Slaves.

Nous avons vu que Pythéas , Strabon j Pline ^ Tacite et Ptolémée placent des Gutes , Gothins ou Gothons dans la Prusse actuelle : tout k pays , situé entre ^ eux et le Pont-Euxin ^ était y au temps dont nous parlons , connu sous le nom de Gothorum provinciœ. Ce fut à travers ces provinces , ou du moins le long de leurs confins avec les Sarmates et vers le pays de ses parens de la Prusse , que Sigge dirigea sa marche.

Mais l'ethnographie de toutes ces coritrées venait d'éprouver des changemens terribles par l'irruption des Huns en Europe, la subversion de la puissaïK^e des Ostrogoths. , et le démembrement de la monarchie romaine. Il ne faut pas perdre de#ue l'agitation extraordinaire que ces événemens durent occasioner parmi les nations belliqueuses de l'Allemagne et de la Pologne actuelles. C'est d'ici que commencent les véritables migrations des grands

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peuples d'Europe. Les Rugiens ', les Lombards , lesBourguignons^JesYandales^ les Gépides,.les Yenèdes^ les Suèves^ les Allemands , etc. , se portèrent presque simultanëmeni vers le midi, pour suivre l'exemple des Âlains y des Ostro-* goihs et des Visigoihs du Pont-Ëuxin^ et se réunir aux Huns <et aux autres hordes barbares qui commençaient à se partager les dépouilles de la monarchie romaine*. A l'exception d^un très-petit nombre d'h'abitans restés en arrière , les bords de la Baltique et la Basse-Allemagne septentrionale ne présentèrent bientôt que l'aspect d'une solitude ; ces contrées furent si dépeuplées, que lorsque les restes de l'armée des Hérules, taillés en pièces par les Lom<^ bards dans la Haute-Hongrie, voulurent, un siècle plus tard, chercher un asile dans la Scandinavie , ils eurent à traverser de vastes désarts pour passer du pays des Slaves jusqu'à ceux des Varnes et des Danois.

Du coté de l'Orient , la même dépopulation avait suivi l'irruption des barbares de l'Asie. Ijes Roxolans et les Antes eux-mêmes , ainsi que toutes les peuplades slaves et finnoises de la Sarmatie européenne, qui avaient obéi à Hermanrik, furent entraînés par le torrent.

Peu de temps après seuleipent les Slaves com-

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mencèrent à se montrer comme peuple dans la Dacie et vers le Danube. Leurs premières demeures avaient été abandonnées y et les Bulgares^ les Ougres et les Awares ne tar-dèrent pas à s'en rendre maîtres.

Mais revenons à Sigge. En partant des bords du Pont-Euxin^ peut-être même de ceux du Don ou du Volga y ce chef des fuyards a dû se porter d'abord par les pays des Ântes et des Roxolans y vers les sources du Dniepr et de la Dûna. Cette marche , qui sort un peu de la ligne directe pour aller chez les Gothons y paraît prise exprès pour éviter les pays trop peuplés et surtout celui des Gépides y nation nombreuse et guerrière , qui gardait toujours une attitude imposante y et qui renversa , un siècle plus tard, la puissance des Huns.

Les chroniques septentrionales nous assurent que Sigge arriva jusqu'au lac Ilmen , et que ce fut là qu'il bâtit une nouvelle Asgard , ou ville des Ases y et qu'il y établit son fils Sigurlam à la tête des affaires. Il n'est pas impossible que cette nouvelle Asgard soit la ville de ISovogorod (de nos jours > dont Jordanes ait eu

( »o5 ) déjà quelque connaissance ; le nom de Nougard est indubitablement d'origine gothique , aussi bien que ceux de Holmgàrd et de Gardarike y donnés dans la suite au royaume des successeurs de Sigurlam jusqu'au neuvième siècle.

Ce séjour de Sigge dans le pays des Esthiens et des Finnois , et la tradition qu'il y fonda un état dont son ^h fut le chef, furent sans doute les causes qui inspirèrent au sage Gostomisl y lors de l'extinction de la dynastie de Sigurlam , le conseil d'appelé^ de la Scandinavie des princes descendus du fondateur du royaume.

Rurik , le premier de ces princes , et Oleg ou Olof son successeur , posèrent , au neuvième siècle ,. les fondemens de l'immense monarchie actuelle des Russes, dont l'indépendance et l'élévation politique furent l'ouvrage de l'immortel Iwan Wasiliewitch , surnommé avec raison le Grand, vers la fin du quinzième siècle.

Je rapporte ici cette observation sur l'origine des Russes , parce que l'opinion de M. Ewers , que le professeur Yater a voulu combiner avec l'opinion toute opposée, de Biorner, de Brocman , Schlozer , Adelung , MûUer et autres , savoir que les Warègues-Russes , peuple khazare ou tatâre , sont venus des bords du

i io6) Pont-Euxîn , me parait reposer sur des fon^ démens trop peu solides. Les Tchoudes ou Finnois » qui sont incontestablement les plus anciens habitans connus du pays , ont de tout temps donné aux Suédois le nom de Buotza on Rossa-Lainen y tandis que les peuples de la Russie ont constamment été et sont encore appelés par eux Wenhe ou Wena^Lainen , quelquefois même Wenet^Mies , ce qui vent dire Vende ou Slave. Ce sont là les véritables Yaaes des Sagas > avec lesquels les anciens Ases eurent si souvent des guerres ^ et dont ils reçurent quelques-unes de leurs divinités^ entre autres Sif^ femme de Thor , et Niordr avec sa fille Fréya , nommée pour cela Vana-^Dis , ou déesse vendîque. Le Tanaïs avait chez les Ases le nom de Vana-Qyisly rivière des Vendes. Au surplus , ^annaliste Nestor y après avoir dit que les Slaves de Novogorod passèrent la mer pour appeler les Russes - Warègues , ajoute , que depuis ce temps-4à les Novogoro* diens furent appelés Russes y tandis qu'auparavant ils étaient nommés Slaves* C'est un rapprochement assez singulier que le nom de Wenhe ou Wena-Lainen ; donné par les Finnois aux Slaves ou Vendes , signifie y dans la langue des premiers , naulonnier ou conducteur

( I07 ) de bateaux. Gomme de lemps immémorial les Slaves ëtaieat maîtres des parties inférieures et navigables àes grandes rivières de la Sar-« matie européenne y c'est-à-dire du Volga y du Kama y Au Don , du Dniepr y de la Yistnle et du Niémen , il est probable que ee nom là leur fut donné par les Tchoudes y parce qu'ils les voyaient arriver chez eux dans des barques. Le mot Tcboude signifie y dans les langues slaves 9 prodige ou chose extraordinaire'^ parce que les Finnois ont de tout temps été regardés comme des sorciers. Le nom de Lapp y donné aux Almagh ou Sabmes de la Scandinavie arctique , tient la même origine ; le Nord a été un pays de merveilles pour fius les peuples*

Quant à la nouvelle Asgard que , d'après les Sagas et les chroniques du nord, Sigge bâtit dans cette partie de la Russie , je pense qu'elle a dû se trouver plus près de la Dîina et de son embouchure. Les annalistes Russes disent que les plus anciennes villes de ce pays furent Staraïa'^Rpusa ou Vieux-Ru^ , Ladoga que les Scandinaves appelèrent Aldeyuborg, et Cholmogard ou Holmgard , surnommée la Sainte, à cause d'un temple vers lequel les princes et les peuples du nord faisaient des pèlerinages. Il est difficile de dire si les restes

( io8 ) àe cette dernière yitle doivent se retrouver dans le bourg de Khôl m ^ au sud de Staraïa- Rousa , sur la rivière de Msta ou Lovât , ou dans la ville de Kolmogorie , capitale de l'ancienne Biarmie y sur la Dwina y ou enfin dans les ruines de la ville finnoise ( Tchoudskoe goroditche ) , de Golmagar sur la Kolwa qui , d'après M. Moderach y fut la capitale de^ Tantique empire des Tchoudes* J'observerai ea passant y que i'étymologie du nom de Khôlmagar ou Golmagar peut également se tirer, des mots finnois Colme , trois y et Cûri , ro-. cher ou colline y et désigner une ville bâtie sur trois roches ou collines. Dans la langue rosse moderrie^VKnsi que dans tous les dialectes slaves y les mots de kholm et gorod ou grady Signifient aussi colline et cité y ou ville murée , en sorte que Kholmogorod n'est autre chose qu'une colline ou hauteur enceinte de murailles* Les Slaves, peuples originairement nomades y qui y comme les anciens Finnois »

n'avaient aucune idée de demeures fixes et encloses , ont reçu le nom de gorod y de la langue des Golhs qui , après avoir bâti des yilles dans la Russie , donnèrent à ce pays les noms de Gardar , GardavvœUde et Gardarike , c'està-dire royaume des villes ou demeures entourées

de murailles. Un passage de Jordaues , comme je Tai déjà dit , prouve que la ville de Nyg&rd ou Novogrod existait déjà dans lé si&ième siècle 9 et qu'elle était alors occupée par des Slaves.

De peur d'être accusé de Rudbeckîanisme , je ne dirai pas que le nom de la ville d'Isborsk, où Tryggve ( Truf'or)^ frère de Rurik, s établit en 862 , a quelque ressemblance avec celui d'Asbourg. Située au sud du lac Tchoudskoe que nous nommons Peipous y cette ville est pluà près de là Dûna , et c'est dans le voisinage de cette rivière y mais non sur ses bords y ni près dé la mer , que les chroniques septentrionales placent la ville fondée par Sigge. Schon*» ning et Suhm ont expliqué et commenté ces chroniques , en mettant hors de doute le séjour des Ases dans le pays qui nous occupe , ainsi que le règne des successeurs dç Sigurlam dans cette partie de la grande Russie.

Les bords de la Dûna y vers la mer ,. étaient alors habités par les Ësthiens , peuples très-* certainement gothiques , non-seulement parce qu'ils avaient été alliés de Hermanrik y mais encore parce qu'en 5io ils envoyèrent à Théodorik , roi des Goths en Italie , des ambassa* deurs y des présens et des lettres. On est tenté

( "o) de croire que c'est cbez eux que Sigge a d'abord pense à s'établir; les misérables Finnois qui demeuraient au nord n'avaient rien qui pût flatter sa convoitise , peut-^tre même s'opposèrent-ils à âes projets y et il pouvait , où il était alors, se croire pour le moment assez éloigné àb omni notifia harharorum.

Ce fut apparemment ici qu'il eut des aou-> velles des grandes migrations qui sé faisaient en Allemagne y des bords de la mer Baltique vers le midi de l'Europe. Accoutumé aU cli« mat tempéré des rives du Manitsch , du Kouban et du Terek , il devait naturellement trouver cehii de la Livonie un peu rude , et comme le pays était d'ailleurs extrêmement pauvre, il résolut de continuer son voyage , et de visiter les contrées que les nations germaniques venaient d'abandonner , afin de s'y établir si elles étaient mieux à sa convenance. Sachant, au surplus, qu'il y avait dans la Scandinavie des peuples d'origine gothique , et n'ayant apparemment pas les moyens d'y aller par mier , il se sera déterminé de s'y rendre par terre en côtoyant la mer Baltique.

Il partit donc des bords de la Duna , et en passant le Niémen il entra dans la Prusse ac** tuelle» alors occupée par les restes des Gothons,

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