DIAGNOSTIC
Le diagnostic de la scaphoïdite tarsienne des jeunes enfants ne peut guère être fait sans le secours de la radiographie ; c’est cette radiographie qui a permis d'identifier la maladie.
La symptomatologie est, comme nous l’avons vu, très menue : gonflement local, douleur à la pression sur le scaphoïde, mauvaise attitude du pied dans la marche, ce sont des signes qui permettent de penser à une contusion locale, à une entorse médio-tarsienne, s’il y a des commémoratifs de traumatisme. S'il n’y en à pas, ou s’ils sont trop anciens on pourrait penser à des phénomènes congestifs de croissance. Le scaphoïde est pourvu — dans un nombre appréciable de cas — d’un os surnuméraire, los «{tibial » ou «os libiale externum » de Pfitzner. Cet osselet anormal est uni au tubercule du scaphoïde par du tissu fibreux ou fibro-cartilagineux ; parfois même il s'articule avec lui et soit par suite de tiraillements, de petites entorses répétées, soit par suite de ces congestions osseuses de croissance qu'a bien décrites Froelich (de Nancy), il peut causer des phénomènes douloureux sur la nature desquels le praticien doit être fixé. Parfois aussi la présence de cet os
tibial entraine une attitude du pied en valgus, (Frælich, Mouchet) à un âge où l’on n’observe pas habiluellement le pied plat valgus douloureux avant la 12° année. Il va sans dire que la radiographie lèvera tous les doutes. L’image du scaphoïde aux rayons X est absolument caractéristique et «quand on l’a vue une fois, on ne l’oublie plus » (Mouche).
Nous sommes persuadé — avec MM. Mouchet et Rœderer — que la scaphoïdite tarsienne est moins rare qu'on ne le croit; les signes physiques sont si peu accusés, les troubles fonctionnels si mal définis que beaucoup de cas de ce genre doivent échapper à ceux qui sont chargés des consultations de chirurgie infantile, lorsqu'ils n’ont pas recours à l’examen radiographique.
La douleur sur le scaphoïde, l’œdème local, ne nous paraissent pas suffisants pour faire croire à la tuberculose et jusqu’à nouvel ordre, le cas unique de Nové- Josserand ne permet pas de conclure qu’une ostéoarthrite tuberculeuse puisse prendre l’aspect radiographique de la scaphoïdite tarsienne (obs. XLVIID) ; il s'agit vraisemblablement d’une pure coïncidence.