PATHOGÉNIE
La nature de la scaphoïdite tarsienne des jeunes enfants reste encore assez obscure, et malgré le nombre grandissant des observations publiées, Paccord n’est pas fait sur l'interprétation pathogénique de la scaphoïdite, comme il l’est sur la description des signes cliniques et radiographiques. |
On peut affirmer que ce n’est pas une ostéite syphilitique ; les symptômes, laspect radiographique, l'évolution de la maladie et le plus souvent absence de commémoratifs sont contraires à cette hypothèse.
Ce n’est point davantage de Postéite {uberculeuse et l’observation, unique en son genre, de Nové-Josserand dans laquelle une ostéo-arthrite d'apparence tuberculeuse a compliqué une scaphoïdite typique ne nous paraît pas prouver d’une façon péremploire qu'il y ait des scaphoïdites de nature tuberculeuse ; il s’agit sans doute d'une coïncidence fortuite. Jamais, depuis qu'on utilise les rayons X, on n’a vu un foyer d’ostéite tuberculeuse revêtir l'apparence radiographique du scaphoïde dans la scaphoïdite tarsienne. La caractéristique dans la tuberculose c’est la décalcification ; dans la scaphoïdite, c’est la calcification excessive.
Théorie de l’anomalie de developpement. — Kohler, Abrahamsen et d’autres admettent qu’il s’agit d’une anomalie de développement du scaphoïde, sans nous expliquer le pourquoi de celte anomalie. Kobhler s’appuie pour soutenir son opinion sur ce fait que la lésion est assez souvent (?) bilatérale (ce qui est exagéré, la bilatéralité est plutôt rare), que le traumatisme est rarement observé dans les antécédents où que s’il y a traumalisme, ce traumatisme est tout à fait insignifiant ; il a précédé de trop longtemps les troubles fonctionnels pour jouer un rôle appréciable dans la production des lésions anatomiques décelées par la radiographie. Kôhler ajoute — mais là il va trop loin — que la maladie s’observe principalement chez les enfants qui ont été faibles et malades dans les premières années de leur vie,
Abrahamsen (de Copenhague) croit trouver dans une observation personnelle chez un garçon de 7 ans un argument en faveur de lopinion de Kôhler, mais, comme il ne nous parle pas de l’état du scaphoïde de l’autre pied qu’il ne paraît pas avoir radiographié, son observation est incomplète et perd la plus grande partie de sa valeur.
Theorie de la fracture par compression. — Une opinion soutenue principalement par Stumme, par Schultze, attribue la scaphoïdite à une fracture spéciale, fracture par compression, par écrasement, pouvant succéder à un traumatisme minime, fracture analogue à celles bien connues maintenant du semi-lunaire. Le scaphoïde y est prédisposé par sa situation de clef de voûte du pied, par