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son ossification tardive, la plus tardive, des os du pied (à 3 et même 4 à 5 ans).
La bilatéralité de l’affection n’exelut point cette hypothèse, attendu que les deux pieds sont pris l’un après l’autre.
Des expériences cadavériques de Schultze lui ont permis de ‘reproduire des fractures par compression du scaphoïde, dont l’image radiographique était identique à celle des cas de scaphoïdite. Aussi Schullze résume-t-il son opinion sous une forme lapidaire que nous ne pouvons reproduire qu’en allemand : «La maladie de KGhler = ENE fralilur ». A quoi Kôbler répond dans le numéro suivant des Archiv. f. lin. Chir. sous le titre : «La maladie de Kôühler = Kene Fralktur ».
Théorie de la dystrophie osseuse post traumatique. —- Preiser, Caffier (de Leipzig) admettent une opinion mixte : il ne s’agirait pas à proprement parler d’une fracture par écrasement, mais plutôt de troubles de nutrition de l'os, d’osteile trophique, résultant d'une déchirure de ligaments ou de vaisseaux nourriciers de l’os, causée par un traumatisme, même minime. Ce serait une ostéite post-traumatique, déterminant un tassement de l’os, comparable à celui qui se produit au scaphoïde et au semi-lunaire du carpe après un traumatisme du poignet, avec cette différence toutefois, ajouterons-nous, qu’au carpe les petits os dystrophiés après traumatisme ont simplement un aspect vacuolaire, tacheté, pommelé ; tandis qu’au tarse, le scaphoïde présente à côté de quelques vacuoles ou fissures un accroissement de sa densité,
une augmentation de ses sels calcaires, une opacité presque métallique tout à fait extraordinaire.
Behm (obs. XL) a prélevé dans une opération pour scaphoïdite un fragment de tissu osseux et l’examen microscopique lui a permis de trouver de la « nécrose anémique »,par irrigation vasculaire insuffisante de l'os.
Discussion des théories pathogéniques. — I faut avouer que les images radiographiques sont très impressionnantes et plaident fortement en faveur de la fracture, surtout lorsqu'on examine les radiographies successives prises chez le même sujet, au fur et à mesure de sa guérison anatomique : au début fracture, par tassement, condensation du tissu osseux, dépôt autour de ce noyau exagérément calcifié d’un tissu osseux de nouvelle formation peu dense dont la calcification va peu à peu en augmentant. Finalement réapparition de l’architecture normale de l’os qui reprend sa forme el son volume primitifs.
Les expériences cadavériques de Schultze sont d’autre part très troublantes et si l’image radiographique des fractures obtenues par lui à l’aide dela compression est vraiment identique à celle des cas de scaphoïdite, ces expériences acquièrent une valeur probante qui n’est pas négligeable.
Mais, comme le disent Mouchet et Rœderer, si létude de la lésion légitime l'hypothèse de fracture, la clinique nous oblige à la considérer comme une fracture pathologique. Outre que la bilatéralité de la lésion ne s’accorde guère avec l’idée d’un traumatisme, le traumatisme n’est ni assez constant ni assez prononcé pour jouer un rôle
prédominant dans la fracture ; celle-ci doit être préparée par un état spécial de l'os, congestif ou autre, par une dystrophie du scaphoïde. |
De quelle nature est cette dystrophie? Cest là le point obscur. Nous avons vu que la tuberculose et la syphilis semblent jusqu’à présent devoir être mises de côté. S'agit-il de troubles d’origine endocrinienne ? Peut-être, mais nous n’en savons rien exactement, Rœderer a publié un exemple intéressant de scaphoïdite familiale où le frère et la sœur avaient été pris lun après l’autre (obs. XLIV). Mouchet a vu la sœur d’un garçon atteint de scaphoïdite présenter des phénomènes de congestion épiphysaire aux deux genoux (obs. XXX VIT).
Sans avoir la prétention de déchirer le voile qui couvre encore la pathogénie de la scaphoïdite des jeunes enfants, nous nous bornerons à rappeler Panalogie qu'elle présente avec des dystrophies osseuses observées à l'adolescence comme l’ostéochondrite de la hanche ou la coxa vara.
Pourquoi, parmi tous les os du tarse, le scaphoïde estil seul atteint de cette dystrophie ? Peut-être parce qu’il est le plus tardif dans son développement, peut-être aussi et surtout parce qu’il est la clef de voûte du pied.