OBSERVATIONS
Obs. I, II, III. — ALBAN KôxLER (de Wiesbaden)., Une maladie fréquente, paraissant jusqu'ici inconnue de quelques os des enfants. (< Münchner Med. Wochens », 15 sept. 1908, p. 1923-1925).
Il s'agissait de garçons âgés de 5-10 ans. Le cas [ provient d'une famille sévèrement chargée de tuberculose, le cas III, provient de parents en apparence bien portants, le cas II également de parents bien portants, cependant le père déclare qu'avant d'engendrer l’enfant il avait eu une blennorrhagie.
Tous les trois suiels se plaignaient de douleurs plus ou moins violentes dans la région de la moitié interne du dos du pied, particulièrement dans la région du scaphoïde. Les troubles se manifestaient particulièrement pendant le jour et la marche, mais également assez fort la nuit. Pour le cas III en plus des troubles du pied, et ceci sur les deux pieds, signalons des douleurs aux deux genoux, dans la région de la rotule. Avec une pression modérée avec la main à plat, les douleurs semblaient soulagées.
Le cas I est le plus jeune, le cas II le plus âgé, le cas III le plus jeune des frères et sœurs.
Les sujets avaient une apparence saine, on ne constatait pas de signes d’un rachitisme passé ; les parents d’ailleurs affirmèrent que les enfants n'avaient pas commencé à marcher tardivement. Le cas 11, de même, n’a fait aucune maladie. La forme du pied malade était variable, là se rapprochant davan-
tage de la forme du pied plat, ailleurs du pied creux. Les pa tients furent amenés à Kühler de six semaines à plusieurs mois après le début des troubles, qui forçaient les enfants à une légère claudication ; on les radiographia.
Les patients paraissaient parfaitement bien portants et bien développés, même celui originaire de la famille tuberculeuse.
Aux endroits douloareux du dos du pied et aux genoux chez l'un des enfants, on ne put constater ni extérieurement ni par l'inspection ou la palpation rien d’extraordinaire. Avec une forte pression du doigt sur la région du scaphoïde, les douleurs devenaient des plus manifestes.
La radiographie révéla un aspect tout à fait particulier et identique sur les trois sujets ; le scaphoïde seul est altéré, tandis que les autres os du pied présentaient un aspect normal. Le scaphoïce était modifié dans ses dimensions, sa forme, son architecture et son contenu en chaux. Les dimensions allaient du quart à la moitié de la normale ; la forme était tout
à fait irrégulière, avec un contour bosselé, dentelé.
La corticale et la spongieuse étaient confondues l'une avec l’autre et on ne constatait plus aucun détail de l’architecture normal?.
Le contenu en chaux était, d'après l'opacité de l’image radiographique vraisemblablement doublé ou même quadruplé.
Dans un des cas (le cas III) on notait les altérations des deux scaphoïdes, et des deux rotules,
Un examen microscopique ou bactérivlogique de l’os malade ne put être fait, car les troubles, grâce au repos, s’amendèrent promptement pour disparaître complètement.
L'évolution de l'affection dura de 2 à 3 ans et ne fut troublée par aucune complication. La guérison survint non seu lement dans le sens clinique, mais aussi, comme le démontrèrent les radiographies, dans le sens anatomique.
Le pronostic de l'affection est par conséquent favorable,
vote
Obs. IV. — Dogiscx A. — Sur l’étiologie de la maladie osseuse de Kühler (<Münchner, med. Woch », 3 nov. 1908, p. 2285",
Un garçon de trois ans fut atteint de crises douloureuses progressivement croissantes dans la région des épiphyses inférieures des deux tibias, puis ultérieurement des deux genoux. Les crises se produisaient après une marche prolongée, après une course ou des sauts, ces douleurs étaient très violentes, diminuant par le repos au lit et des enveloppements tièdes au bout de 2 à 3 heures, si bien que le jour suivant le garçon pouvait marcher à nouveau.
Durant deux ans les crises se renouvelèrent de une à trois semaines d'intervalle. À part la douleur à la pression, on ne consfatait rien de particulier à l'endroit malade. La maladie se termina au bout de deux ans ; actuellement le garçon âgé de 9 ans est fort, bien constitué.
Sa mère, de constitution délicate, est cependant bien portante, elle fut infectée par le père du garçon de blennorrhagie, alors qu'elle était enceinte ; elle eut une arthrite gonorrhéique grave du genou avec ankylose articulaire consécutive.
Après l’accouchement de cet enfant, la femme avorta au cinquième mois.de sa gestation, puis elle eut encore trois garçons qui sont vivants et ne présentent aucune affection analogue à celle de leur frère.
La radiographie n’a pas été pratiquée, D... suppose que la cause des douleurs scaphoïdiennes est dans l'infection blennorrhagique de la mère.
Obs. V. — F, HAENisCcH (de Hamburg). — Considérations étiologiques sur une maladie fréquente des os des enfants paraissant jusqu'ici inconnue (< Münch. med. Woch, », 17 nov. 1908, n° 46, p. 2377-2379).
Fillette de 5 ans sans antécédents héréditaires ni personnels, pas de tuberculose, ni de syphilis ou de blennorrhagie).
Ce 1 LE
À sa naissance l'enfant était petit et misérable. (Hémorragies au cours de la gestation ; placenta praevia ; énorme hémorragie intra partum ; version, extraction), Dans les premières semaines l'enfant était impuissant à téter et il fut allaité avec du lait aspiré de la nourrice ; aussitôt qu’elle put prendre le sein, elle se développa fort bien ; cependant elle apprit à marcher tardivement.
En dehors de la rougeole, pas de maladie grave. Entre 1 et 2 ans, traces de rachitisme, A partir de un an, ganglions au cou et à l'aîne.
3 Janvier 1906. Trauma de la face dorsale du pied gauche sans qu'on ait noté à ce moment une lésion quelconque. (Chute d'un cadre sur le dos du pied gauche).
En 1907 apparut à deux resrises dans l’espace de 2 à 3 mois une brusque tuméfaction de la face dorsale du pied gauche, sans douleur particulière. On ne put en déterminer la cause, la tuméfaction régressa chaque fois sans suites notables et assez rapidement. Léger pied plat des deux côtés, mise d'une semelle.
En déc. 1907, réapparut une tuméfaction de la face dorsale du pied gauche et cette fois-ci plus marquée que précédemment ; en outre actuellement pour la première fois rougeur de la peau au-dessus du scaphoïde. Aucune douleur, mêine à la palpation. Cependant l'enfant évitait nettement de s'appuyer en marchant à gauche ; sans ressentir des douleurs particulières elle ne pouvait « poser le pied correctement ».
La première radiographie fut faite le 16 déc. 1997. Les deux pieds furent radiographiés aussi bien de profil que de face. On note que le scaphoïde du pied gauche est notablement plus petit que du côté sain. Les contours sont estompés et irréguliers, la structure spongicuse fait défaut. [a corticale et la spongieuse ne $e laissent pas différencier, l’ombre est beaucoup plus épaisse que normalement. Rien sur les autres os du pied, à part peut être une très légère atrophie.
Une deuxième radiographie faite le 19 février montra au-
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tour du noyau sombre l'apparence d’une légère coquille qui paraissait être de l’os nouveau apposé.
Une troisième radiographie le 9 mai 1908, montra une tendunce de l'os à revenir à l'état normal bien que son volume fut encore plus petit.
Enfin sur une quatrième radiographie, le 29 août 1908, le scaphoïde a repris ses dimensions presque normales, ainsi que sa forme et sa structure primitives.
Obs. VI. — Beau. Maladie isolée du scaphoïde du pied chez les enfants comme signe d’un trouble de croissance(« Fortschritte a. d. Geb, d. Rontgenstr », t. XIV, 1909-1910,pp. 262- 264).
Il s'agit d’un garçon âgé actuellement de 7 ans 1/2, qui avait commencé à marcher à 15 mois. Léger rachitisme à ce moment. Il y a un an, entérite qui dura presque une année.
Le père, étant enfant, avait souffert de certaines manifestations scrofulenses pendant longtemps. A mentionner aussi que l’enfant a eu de nombreuses bronchites et des bronchopneumonies et qu’à plusieurs reprises (environ 12 fois) on lui fit une paracentèse du tympan (otite moyenne).
Au mois de mai de cette année, l'enfant a fait beaucoup d’exercices physiques et entre autres jeux, il avait pratiqué le tricycle : les parents s'aperçurent qu’il boitait. Il déclara qu’en appuyant et en soulevant le pied droit il ressentait des douleurs sur le dos du pied. Le père qui était lui-même médecin, trouva une légère sensibilité à la pression du scaphoïde, et ne lui attribua pas d'importance. Comme les douleurs n'avaient pas disparu mais au contraire avaient tendance à s’exagérer, l'enfant fut envoyé à B... vers la fin d’août. Pied droit quelque peu aplati et de la sensibilité à la pression scaphoïdienne droite.
La radiographie du pied droit révéla que le scaphoïde présentait la modification décrite par Kôühler et Haenisch : rien au pied gauche.