‹ La Scaphoïde TarsienneChapitre 16 sur 30 · SANTE NE · texte numérisé non relu

SANTE NE

Obs. VII. — Kay SoHarrer (de Copenhague) — La maladie osseuse de Kühler. (<Münch. med. Woch. » 1910, n° 29, p. 1548),

Garçon de 5 ans ; il est le 4° de 5 enfants ; les autres sont bien portants ; ni tuberculose ni syphilis dans la famille. L'enfant n’a pas de rachitisme.

En septembre 1907 ies parents remarquèrent que l'enfant, jusque là très vif, était fatigué et déprimé ; il n’avait plus aucun plaisir à jouer, avait un sommeil agité, ne se plaignant cependant pas ; la température semblait quelque peu au-dessus de la normale. Après un repos au lit de trois jours, il boita en marchant et il se plaignait de douleurs lancinantes dans le pied droit, qui était gonflé sur sa face dorsale. En le questionnant il répondit que deux jours avant de tomber malade, il avait reçu sur le dos du pied une pierre, exactement à l’endroit dont il souffrait. La douleur disparaissait au repos ; la radioscopie montrait une condensation du scaphoïde, qui paraît diminué et sclérosé ; mais à contours nets. On dirait un noyau fortement ombré au milieu d’une mince coquille, qui semble correspondre aux limites normales du scaphoïde. Les autres os et le pied gauche sont tout à fait normaux.

12 octobre 1907, il est admis à l'hôpital ; il paraissait resplendissant de santé. Atrophie nette de la musculature du mollet. On prescrit : Repos au lit, enveloppement avec de lacétate d’alumine, stase de Bier deux fois par jour 1/2 heure. Le 23 octobre l'enfant commence à marcher avec des béquilles, et peu après il court librement, sans se piaindre, boitant toujours un peu, et jusqu’au 3 janvier 1908 on put observer du gonflement de la face dorsale du pied. Sous l'effet du massage l’atrophie s’améliora et le 4 avril 1908 il n'existe plus rien d’anormal, qu'une minime atrophie de la jambe. Réaction de von Pirquet négative.

Une radiographie du 7 août 1909 — soit deux ans environ après les premiers symptômes et un an après la guérison clinique — montre un scaphoïde normal.

At Obs. VIII. — STUMME. — Fracture par compression du scaphoïde du tarse.(« Fortsch a. d. G. d. Rongenstr. », 1910-11, t. XVI, pp. 342 315).

A. H., 5 ans, fut adopté à 6 semaines dans un état misérable par ses parents actuels ; aussi les antécédents familiaux font-ils défaut.

A 6 mois on lui donna de l'huile de foie de morue ; àun an il put courir ; à 1 an 1/2 il eut un catarrhe gastrique grave A 2 ans il fut traité pour du rachitisme à la mer, plus tard pour de l'anémie à la campagne.

L’appétit était toujours très irrégulier et il en est encore actuellement ainsi.

Son affection actuelle débuta en 1909 au printemps. Les parents remarquèrent le 30 mai brusquement que l'enfant boitait fortement du pied gauche ; en même temps il se plaignait de doulcurs dans le pied, en marchant, moins au repos. Le pied était tuméfié, un peu plus chaud que l’autre. Il n’y avait pas de fièvre.

Ultérieurement les parents apprirent par un voisin que l’enfant boitait déjà depuis deux jours, et qu'en jouant avec d'autres enfants, il était tombé d’un chariot,

Comme, pendant un temps prolongé, l’état resta stationnaire, les parents demandèrent à leur médecin une consultation ; celui-ci employa au début des badigeonnages de teinture d’iode, puis des pansements et comme l’amélioration ne se produisait touiours pas, il diagnostiqua avec réserve : « Tuberculose » et envoya l’enfant à la radiographie.

L'examen pratiqué le 24 août révéla les faits suivants :

Enfant de constitution délicate, quelque peu anémié : cœur

et poumons sains. Aucun signe d’un rachitisme passé ou présent.Pas d’adénite.

L'enfant boite légèrement en marchant du pied gauche. La région scaphoïdienne est notablement tuméfiée, la peau brillante et livide. Il y a une légère sensibilité à la pression, de

pe ve

même dans les mouvements de rotation passifs du pied. Les mouvements de l'articulation médio-tarsienne sont libres. La voussure du pied paraît normale.

La première impression fut en faveur d’une tuberculose du tarse au début. La radiographie nous révéla que nous avions affaire au même syndrome morbide que celui de Kühler.

Les radiographies furent faites des deux côtés du cou depied. Le noyau osseux du scaphoïde présente une modification dans ses dimensions, sa forme et sa structure.

1° Il cest rétréci dans sa dimension capitale, c’est-à-dire aplati, en même temps il est étalé dans le sens horizontal et le sens vertical.

2° En opposition à la forme normale presque sphérique du côté droit sain, la forme du scaphoïde gauche présente des contours tranchants, aplatis avec des dentelures irrégulières.

L’aplatissement, sur la radio de profil, a gagné presque régulièrement tout l’cs,tandis que la radio prise de face montre un ap.atissement de la moitié interne surtout.

3° La structure est considérab':ement modifiée ; le côté droit présente une corticale lisse à contours nets et une spongieuse apparente ; le côté gauche par contre a une corticale doublement contournée avec absence presque complète du dessin trabéculaire de même qu’un épaississement du centre.

L'agrandissement radiographique donne l'impression qu'on a affaire à un épaississement par déplacement des travées spon-

gieuses.

Au pôle supérieur c'est-à-dire sur la face dorsale, il y a un fragment de corticale écailleux, soulevé et oblique, auquel correspond une cavité du noyau.

En plus de ces altérations du noyau osseux même, on constate également une modification de la position des noyaux osseux voisins.

S... estime aprèsces constatations qu'il s'agit ici d'une fracture par compression du noyau du scaphoïde.

de

Il y avait dans les antécédents un trauma (chute du chariot sur le pied fléchi dans la plante du pied), et la poids du corps appuyé sur le talon avait agi comme compresseur sur le scaphoïde.

Etant donné l’origine traumatique du cas, on le traita comme une fracture ; un bon appareil plâtré en position à angle droit en ayant soin de bien modeler la voûte plantaire de façon à éviter un déplacement du scaphoïde vers la plante du pied.

Après enlèvement du plâtre un mois après, on pratiqua de. légers massages pendant 4-5 semaines, en même temps on plaça des semelles dans la chaussure jusqu'en avril 1910.

Depuis février 1910 le sujet ne se plaint plus du pied. À la radiographie on apu suivre l’évolution du processus de guérison :

24 septembre 1909 : Le noyau osseux présente du côté plantaire un développement net, le fragment osseux libre est soudé avec la masse principale.

2 février 1910. La corticale est actuellement presque lisse. La structure spongieuse dans la moitié plantaire est lisse. A l'endroit du centre épaissi on note un éclaircissement caractéristique avec un sommet plus foncé.

25 mai 1910. La structure spongieuse est vue presque complètement par transparence ; seulement par ci par là on la voit parsemée de taches isolées plus foncées. La forme et les dimensions se rapprochent considérablement de celles du scaphoïde sain.

Pour nous il n’y a aucun doute, que les autres cas de syndrome de Kôühler ayant comme le nôtre un traumatisme dans les antécédents, notamment ceux de Haenisch et de Schaeffer ont été la conséquence d’un traumatisme direct.

Obs. IX et X. — GEORG. PREISER. — Sur la question des troubles de nutrition des os courts de la main et du pied nettement d'origine traumatique. (« Forts. a. d. Geb. d. Rôntgenstr »,t. XVII, 1911, pp. 360-363).

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