‹ La Scaphoïde TarsienneChapitre 23 sur 30 · LES · texte numérisé non relu

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L'enfant est revue le 24 septembre 1923, soit trois ans et demi après la constatation première de la scaphoïdite (les douleurs primitives remontent au début de mars 1920). On note que le scaphoïde est un peu moins épais que celui du côté opposé et que sa forme reste modifiée : il est plus étalé dans le sens vertical et dans le sens horizontal et il est concave sur sa face antérieure, au lieu d'être convexe comme il doit l'être normalement.

Obs. XXXV. — LAURENT MOREAU (d'Avignon) présentée à la Société de Chirurgie, rapport de M. Albert Mouchet (< Bull. et Mém. Soc. de Chirurgie » t. XLVI, 1920, p. 766).

Un entant de 7 ans, fils de médecin, nous est présenté, parce qu'il se plaint de souffrir depuis quelque temps du pied gauche.

La douleur serait survenue à la suite d'un faux-pas qu’il fit et qui lui aurait légèrement tordu le pied. Depuis, ayant continué à marcher, la douleur et la gêne ont augmenté, et le dos du pied s’est un peu gonflé. Boiterie légère, port d’une chaussure pénible.

On constate, en effet, un gonflement net du dos du pied surtout marqué dans sa partie interne. La pression du scaphoïde éveille une vive douleur sur sa face dorsale et sur le tubercule scaphoïdien. Les autres interlignes palpables du pied ne sont pas douloureux ; la tibio-tarsienne est libre.

Rien à noter dans les antécédents. Pas de tuberculose dans la famille. Etat général de l’enfant excellent.

Une radiographie, obtenue en incidence latérale externe, bord interne du pied contre la plaque, révèle immédiatement un aspect tout spécial du scaphoïde. L’os est écrasé, aplati d'avant en arrière ; son épaisseur sur le cliché est à peine de quatre à cinq millimètres.

Sa tonalité est plus accusée que celle des autres os du tarse, qui sont transparents sans décalcification. Le tubercule scaphoïdien seul présente un contour normal, quoiqu’un peu flou,

et sa transparence est à peu près égale à celle des autres os. Le corps lui-même de l’os a une opacité très accusée, transparaissant en bas au travers du tubercule scaphoïdien. Au dessus du tubercule, ses bords sont nuageux, et l’on distingue en son milieu une zone claire punctiforme comme si l'os avait êté séparé en deux moitiés. Près de la face dorsale, les bords deviennent plus nets et l’on aperçoit en avant de l’angle antéro-supérieur comme une petite esquille libre. Sauf au niveau du tubercule scaphoïdien la trame architecturale a entièrement disparu.

Au pied opposé, la radiographie montrait un scaphoïde absolument normal.

Observation douteuse de scaphoïdite tarsienne non étiquetée en raison de l’absence de contrôle radiographique. Après la communication de M. Albert Mouchet sur la scaphoïdite tarsienne des jeunes enfants. (Obs. M. Cu. Levassorr « Bull. et Mém. Société de médecine de Paris » 29 mai 1920, p. 236.

J'ai été atteint entre l’âge de 9 et 10 ans de ce que l'on nommait à l'époque l’ostéite du scaphoïde. Vu par le Dr Barthez et le Prof. Gosselin je fus mis au lit sans aucun autre moyen de traitement. Je me souviens que le Prof. Gosselin

m’affirma la guérison qui devait se produire lorsque la croissance aurait permis aa squelette de s'adapter à l’hypertrophie de l’os malade.

Au bout de cinq mois je pus mettre le pied par terre sans souffrir et depuis lors je n’ai jamais ressenti aucune douleur à la marche ou dans la station debout.

Note de l’auteur de cette thèse. — Il y alieu de faire les plus expresses réserves sur la valeur de cette observation ; rien ne prouve, en l’absence d’une radiographie, qu'il soit ici question de la scaphoïdite tarsienne que nous étudions.

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Obs. XXXVI. — KoriTzinsky (Zentralblatt für Chirurgie, 18 septembre 1920. 47° année, n° 38).

Garçon de neuf ans, — La maladie dite de Kôühler est une affection du scaphoïde se manifestant chez les enfants âgés de 3 à 9 ans le plus souvent entre 5 et 6 ans, elle se trouve plus fréquemment parmi les garçons que les filles. La maladie est souvent bilatérale et, dans plusieurs cas, se combine en même temps avec une anomalie de l’os du tarse. Dans un cas on a constaté une insuffisance de développement des os du carpe. En général il s’agit de malades jeunes et bien portants,qui dans leurs premières années d'existence, ne montrent rien d’anormal. Plus tard en marchant et au repos se manifeste un point douloureux dans là région du scaphoïde,quelquefois avec coloration rougeâtre inflammatoire de la peau et une légère atrophie de la jambe. Les symptômes sont plus ou moins prononcés. Le pied montre une légère déformation. Le patient marche de préférence sur le bord externe du pied, de façon à mé-

nager le bord interne.

Ce n'est que la radiographie qui permet un diagnostic sûr. L'image montre une diminution et une destruction partielle du

scaphoïde avec disparition de la structure normale et teneur en chaux plus élevée. L'étiologie n’est pas encore tirée au clair.

Le pronostic est favorable : la guérison clinique se produit en quelques mois ; la guérison anatomique vérifiée par la radiographie après un temps assez long, un an et demi à deux ans et demi. Dans tous les cas, on a pu constater la restitutio ad integrum. Il n’est pas question de recourir à une médication spéciale ; la guérison se produit avec ou sans son concours. ;

Obs. XXXVII. — (due à M. Albert Mouchet qui présenta les radiographies à la Société de Chirurgie le 15 décembre 1920 ; le malade lui avait été adressé par M. Grégoire, chirurgien de l'hôpital Bretonneau).

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