‹ La Scarlatine PuerperaleChapitre 19 sur 27 · ERUPTION · texte numérisé non relu

ERUPTION

L'éruption comporte, comme dans la scarlatine ordinaire, un énanthème et un exanthème.

1° L’énanthème, qui précède de quelques heures l’apparition de l’exanthème, peut faire croire, par sa localisation bucco-pharyngée, à l'existence d’une angine, d'autant qu'il s'accompagne de rougeur et de sécheresse de la gorge, mais un examen attentif permet la différenciation en montrant, de l’énanthème, que c’est une rougeur uniforme, vineuse, framboisée, s'étendant sur les piliers, les bords libres du voile, la face interne des joues ; sur ce fond se détache un pointillé rouge plus foncé. Il ne s’agit pas d'une amygdalite, la dysphagie est peu marquée ou nulle, l’adénopathie sous maxillaire est légère, bien qu'il puisse exister un léger enduit pultacé sur les amygdales. À ce moment la langue est blanche au milieu, rouge vif à la pointe et sur les bords.

2° L’exanthème apparaît bientôt.

Il débute par un érythème pointillé à la base du cou et sur la poitrine, puis s'étend sur le tronc, sur les membres, en gagnant de proche en proche pour être généralisé au bout de quatre à cinq jours. L'aspect de. la malade est alors caractéristique.

L'éruption apparaît sous forme de larges placards : érythémateux d'une rougeur diffuse, sur le fond de

laquelle se détache un pointillé plus foncé, formé de minuscules papules. On peut voir,en outre des éléments asseznettement morbilliformes (Lucas Championnière) et des vésicules miliaires ayant l'aspect d’éruptionsudorale.

Par ailleurs, les caractères topographiques, les signes de Filato, de Pastia, de Hecht, se retrouvent dans la scarlatine puerpérale comme dans la scarlatine ordinaire. Ils ont d’ailleurs assez peu de valeur au point de vue diagnostique. Par contre, la langue est absolument caractéristique et présente un gros intérêt diagnostique. Elle est framboisée, dépapillée, vernissée tout comme dans la scarlatine ordinaire.

Les signes généraux sont d'intensité variable. Le plus souvent la température oscille entre 39 et 40, le pouls est rapide, à 120-130, la soif est vive, la peau

brûlante. Les malades sont prostrées, ou au contraire, agitées et délirantes ; les vomissements ont cessé mais par contre apparaît souvent de la diarrhée, d’un fâcheux pronostic. Les urines sont rares, foncées, albumineuses.

On observe fréquemment le pseudo-rhumatisme scarlatin. À ce moment peuvent également apparaître des angines secondaires, à streptocoques le plus souvent, quelquefois diphtériques, comme dans notre observation II.

Du côté des voies génitales, il est intéressant de remarquer la rareté des signes d'infection ; le plus souvent toutsemble normal. Quelquefois seulement peut-on noter un peu de fédidité des lochies dont l'écoulement est augmentée, un utérus un peu gros et sensible (Maliatti, Braxton Hicks, Mac Clintak, Devraigne, Baize et Mayer.

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