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Lorrain, Lucas-Championnière, Mackness, Doléris, concluent à la nature puerpérale de l’érythème des nouvelles accouchées. Pour tous ces auteurs il ne s’agit pas de scarlatine, en raison des arguments suivants :
10 Pas de contage originel, absence de contagiosité (nous avons vu que ce dernier argument est controuvé);
20 Absence presque constante de l'angine, symptôme fondamental de la scarlatine ; caractère souvent morbilleux de l’éruption (Lucas-Championnière) ;
3° Coïncidence des épidémies de fièvre puerpérale et de scarlatine puerpérale (A. Guéniot) ;
4° Mortalité qui est plus celle de l'infection puerpérale que de la scarlatine ;
50 Début après l'accouchement, comme l'infection puerpérale, contrastant avec l'immunité de la femme enceinte.
IL. Mais ces arguments sont réfutés par les nombreux auteurs qui défendent la théorie scarlatineuse. Olshausen, Thomas, Litten, Hervieux, Raymond, Maygrier, Siredey, Legendre, Léopold Meyer, Renvers et surtout Bergé qui font observer :
19 Que, dans la scarlatine ordinaire, bien souvent on ne retrouve pas le contage originel et que d'autre part les cas de transmission de l'affection sont d’observation assez courante ;
20 Que l'absence d’angine s'explique fort bien dans les conceptions de Bergé qui invoque l'existence d’une porte d'entrée utéro-vaginale, équivalent de la porte d'entrée pharyngée normale, argument que renforce la notion de scarlatine d'origine chirurgicale, donc avec
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porte d’entrée extra-pharyngienne (Offa, Zulzer, Legendre, elc.).
30 Que la coïncidence des épidémies de scarlatine et de fièvre puerpérale prouve seulement que le streptocoque joue un rôle Majeur dans l'étiologie de ces deux affections ;
4° Que l'apparition de la scarlatine à date fixe après l'accouchement comme la fièvre puerpérale ne signifie pas identité des deux affections, mais montre seuiement que l'accouchement joue un rôle essentiel dans la production de l'une et l’autre maladie.
IL. Mais,depuis Colson (1877) quelques auteurs soutiennent une théorie plus éclectique.
Colson admet en effet une pathogéaie double et distingue les scarlatines vraies survenant accidentellement dans le post-partum et les fausses scarlatines qui sont des érythèmes puerpéraux. Lesage, Durand,Bernard concluent de façon analogue. M. Teissier émet également une opinion semblable. Cette dernière manière de voir nous paraît cadrer admirablement avec les faits cliniques et” avec les résultats que nous apporte la recherche du phénomène d'extinction.
Parmi toutes les maladies qualifiées scarlatines puerpérales, il convient donc de distinguer :
a) Des scarlatines normales, classiques évoluant accidentellement chez une accouchée (variété amygdalienne de Bergé) ces scarlatines s’accompagnant d’angine typique et évoluant de façon tout à fait normale. Elles sont, à notre avis, extrêmement rares, le contage survenant par hasard au moment de l'accouchement ou même
‘pendant la grossesse, l'apparition des symptômes morbides ayant été alors retardée jusqu’à l’accouchement par l’immunité supposée de la femme enceinte,
b) Mais les véritables scarlatines puerpérales forment une autre classe. Ce sont vraisemblablement de beaucoup les plus nombreuses et elles répondent à ce que Bergé appelle la variété utéro-vaginale. L'existence en est désormais inconiestable et, pour la prouver, on peut s'appuyer sur la série de faits suivants:
4° La date d'apparition, 2 à 5 jours après l’accouchement, toujours la même, précisément égale à la durée d’incubation moyenne de la scarlatine ;
20 L'identité clinique, à l’angine près, l’absence de ce symptôme s’expliquant admirablement ;
30 La présence du phénomène d'extinction de Schultz et Charlton ;
49 La possibilité et l'existence incontestable de faits de transmission reproduisant la maladie typique chez des personnes de l'entourage, scarlatine normale avec angine.
Ces deux derniers faits signent, à notre avis, la nature scarlatineuse d’un exanthème puerpéral.
Cette interprétation repose sur les conceptions de la pathogénie et de l'étiologie de la scarlatine que Bergé a exposées dans sa thèse (1895) reprenant les idées anciennes de Playfair et de Renvers. Pour Bergé, la scarlatine est dûe à un streptocoque qui, localisé en un point de l'organisme diffuse ses toxines dans l’économie, produisant de la sorte l’exanthème et les signes majeurs de la maladie ; cette conception rappelle les idées ac-