‹ La Scarlatine PuerperaleChapitre 26 sur 27 · PRET AE · texte numérisé non relu

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de ne pas s'accompagner de desquamation et de ne pas être contagieux.

Mais comme ces éxanthèmes n'accompagnent pas toujours une infection Puerpérale bien Caractérisée, et que, d’autre part il existe des formes frustes de Scarlaline, on saisit toute l'importance diagnostique de la recherche du phénomène d'exlinction de Schultz et Charlton,

La plupart des travaux consacrés à la scarlatine puerpérale laissent dans l’obscurité la plus complète le nouveau-né. C’est que, depuis longtemps l’opinion est faite et bien établie que l'enfant, au moins dans ses six premiers mois est à l'abri des maladies éruptivés et notamment de la scarlatine. Comme preuve à l'appui, nous rappellerons l'opinion de Weill et Péhu qui disent que « les maladies éruptives, rougeole, scarlatine, variole, sont exceptionnelles dans les premiers jours et même dans les six premiers mois de la vie. Le nouveau-né placé en contact intime et prolongé de sa mère atteinte de scarlatine, ne contracte pas la maladie. Enfin dans les cas positifs rares, ces affections sont peu graves, à symptômes atténués ». Or ces données classiques sont peut-être sujettes à . révision.

Au cours des recherches que nous avons dû pratiquer pour écrire notre thèse, nous avons été frappés de la fréquence, somme toute assez grande, avec laquelle certains auteurs relataient des cas de scarlatine du nouveau-né transmises par la mère.

Senn, dans sa thèse de 1825, dit que les uouveaunés, bien qu'’isolés, contractent la scarlatine.

Sauvé écrit « la scarlatine ne respecte aucun âge » et cite Bernoulli qui en rapporte deux cas. De Baillon parle de plusieurs cas de scarlatine congénitale. Blache et Guersant rapportent cette observation de Pottier en 1844, que nous résumons.

Il s'agissait d’un enfant nouveau-né dont la mère présenta, le lendemain de l’accouchement, des symptômes de scarlatine ; l'enfant, isolé immédiatement du sein maternel n'en contracta pas moins la maladie qui fut très inteuse et qu il supporta bien tandis que la mère mourrait le 15° jour.

Boha: rapporte qu'on a vu 17 cas de scarlatine congénitale. Legendre dans sa thèse de 1881 relate un cas de scarlatine puerpérale transmise au nouveau-né dont voici l'observation succincte : 3 jours après le début de la scarlatine puerpérale de la mère, l'enfant qui avait continué à prendre le sein,présente un exanthème généralisé de coloration ‘uniformément rouge sur lequel apparaît un pointillé saillant sous le doigt. 2 jours après apparaissent de petits vésicules.

La maladie se termine par la guérison. Le mème auteur présente à la Société Médicale des Hôpitaux en 1895 un cas de scarlatine congénitale chez un nouveau-né isolé de sa mère scarlatineuse. Lemarquand dans sa thèse de 1906 prétend que l'allaitement maternel empêche l'enfant de contracter la maladie et relate un cas de scarlatine chez un enfant âgé de quinze jours, terminée par la mort.

Plus récemment nous avons trouvé quelques renseignements dans la thèse de Thouveny où, sur 14 obser-

vations, nous en trouvons 7 où il est fait mention de l'enfant. Sur ces 7 observations, 3 décrivent des troubles pathologiques du nouveau-né.

Obs. IL. — L'enfant présente 2 jours après l’éruption de la mère différents phénomènes pathologiques, notamment une diarrhée forte et une élévation thermique à 40e, l'allaitement au sein a été interrompu, mais l’enfant non isolé.

Obs. IV. — L'enfant présente des troubles légers, diarrhée, léger érythème sans fièvre, allaitement interrompu, puis rétabli.

Obs. V. — L’enfant présente des troubles pathologiques mal définis, température à 38.

Dans nos cinq observations, l’enfant isolé, n’a présenté en aucun cas, de troubles pathologiques.

Mais dans lé cas du nouveau-né comme dans celui de l’accouchée, il est évident que se pose la question de savoir si cette éruption ou ces troubles pathologiques légers relèvent de la scarlatine ou de toute äutre cause. On peut d'autant plus en douter que le nouveau-né, sauf des cas bien rares, n’a jamais présenté que des phénomènes pathologiques légers,rarement accompagnés d’érythème, plus rarement encore de desquamation, en dehors de la desquamation physiologique des nouveaunés.

Dans les observations que nous venons de relater, nous ne pouvons citer en faveur de l’existence de la scarlatine du nouveau-né, que les affirmations déjà anciennes de Senn, de Sauvé, de de Baillon ; l’observation de Pottier, celles de Bohn. Plus récemment nous ne

MB \ trouvons guère de faits probants, hormis les deux

observations de Legendre et une observation de la thèse de Lemarquand qui semble démontrer la réalité de la scarlatine du nouveau-né puisque c’est celui-ci qui transmet la maladie à sa .mère. Les 3 observations de Thouveny ne nous permettent pas, par leur brièveté, d'affirmer qu'il s'agissait bien de scarlatine du nouveau-né, cependant ces troubles pathologiques nets relevés chez des enfants en contact avec leur mère scarlatineuse, peuvent logiquement être mis au compte d'une scarlatine fruste modifiée par les anticorps fournis par le lait maternel.

Il serait donc intéressant, dans le cas d'érythème du nouveau-né de rechercher le phénomène d'extinction. Mais nous n'avons pas connaissance que cela ait été fait et nous n’avons pas eu l’occasion de la faire.

En résumé, il semble, que dans certains cas, l’immunité naturelle du nouveau-né ne suflise pas à le protéger de la scarlatine maternelle, mais cette atteinte parait, lorsqu'elle existe, légère. Dans le doute, il semble qu’on soit autorisé à isoler les enfants pour leur éviter la possibilité du contage maternel. |

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