NOUVELLES RECHERCHES DES GEOMETRES
pérature de 2,000 degrés (et la chaleur du globe a été bien plus grande), on rencontre un état qui est éloigné de nous d'un million de siècles. Que ces nombres n'effrayent pas l'imagination ; ils sont proportionnels aux dimensions de notre système planétaire. Que serait-ce si nous avions quelques idées de ceux qui règlent la durée, les phases et les révolutions des soleils et des systèmes de soleils! On comprendra ce que seraient les nombres du temps pour cesk^orps, par une observation de l'astronomie moderne : « Une étoile de la constellation du Cygne, dit H. Arago, se déplace tous les ans, en ligne droite, de plus de 5 secondes. Â la distance qui nous en sépare, une seconde correspond au moins à 8 millions de millions de lieues : donc tous les ans cette étoile parcourt au moins 40 millions de millions de lieues. Naguère cependant on l'appelait une étoile fixe* »
On conçoit que, pendant la plus grande partie des cent millions d'années, la terre fut inhabitable pour tout être organisé. La vie dans les organes n'est pas compatible avec la chaleur qui longtemps anima le globe ; mais, à mesure que le refroidissement s'opéra, les substances terreuses se précipitèrent^ et il se forma des couches solides. Comme le calorique se perdait de plus en plus, il se faisait des mouvements dans ces couches qui se brisaient et produisaient dans le monde nouveau d'eflfroyables bouleversements. Les tremblements et les ruptures des croûtes terreuses devaient être prodigieusement fréquents dans cette antique période. L'incendie de la terre, que certaines cosmogonies et les poètes avaient placé à la fin des choses, a certainement présidé à son origine.
Franchissons ce chaos et cherchons la période où la vie a pu se manifester en végétation et en animalité.
SUR LA CHALEUR DE LA TERRE. Ii9
Pour arriver de la température moyenne de 1 00 degrés (il n'est ici question que de la surface) à la température moyenne de 43 degrés qu'elle a maintenant, la terre a mis plusieurs millions d'années, C'est dans cet inter* yalle qu'apparurent les êtres vivants ; mais il faut re« marquer que les pôles furent les premières régions habitables. La température moyenne de l'équateur est de 28 degrés au-dessus, celle des pôles de 4 6 au-dessous de zéro ; il y a donc, entre ces deux régions, 44 degrés de différence, de sorte que, lorsque le pôle avait une chaleur de 30 degrés, que l'on peut regarder comme compatible avec l'existence de l'homme et des animaux ses contemporains, l'équateur avait 74 degrés, température tout à fait insupportable aux êtres actuels.
C'est encore dans cet intervalle qu'apparurent sur le globe ces immenses fougères, dont on retrouve les troncs ensevelis, et ces antiques végétaux qui ont formé les houillères. Alors la chaleur propre du globe entretenait une active végétation, presque toute composée de plantes monocotylédones, tandis que de nos jours les plantes dicotylédones prédominent.
Cette végétation épuisait l'atmosphère d'acide carbonique^ et préparait la formation des couches calcaires. Alors aussi apparurent, sous ces vieux ombrages, des animaux différents de ceux qui sont les compagnons des raceshumaines.il est impossible d'assigner l'époque où la race humaine a paru sur la terre ; mais, conmie toutes les recherches des zoologues prouvent qu'elle n'est pas venue la première, et qu'avant elle le monde avait été livré d'abord aux immenses sauriens, puis aux palseothériums et autres fauves étranges, on peut admettre que son antiquité n'est pas très-considérable. Le globe n'a certainement commencé à être habi-
laO NOUVELLES RECHERCHES DBS GÉOMÈTRES e que pour quelques animaux qui ont dUpani ( retour. Depuis eux jusqu'à nous, les conditions ia vie y ont changé plusieurs fois; chaque forme, i|ue âge, chaque création, ont sans doute duré jtemps; dévastes intervalles sedfeouvrent; de e que la naissance des races humaines remonte à ancienneté, petite si l'on considère l'étendue des odes géologiques, grande si l'on considère le champ it des traditions.
Je ne sais, disait autrefois la mère des Machabées s enfants, comment vous avez paru dans mon sein; 'est pas moi qui vous ai donné l'âme, l'esprit et la jue vous y ave? reçus *. n 11 faut répéter les paroles a ffemme de l'Écriture au sujet de l'apparition de mme sur la terre, des races animales, du plus ihle des insectes, du moindre des végétaux, de la . petite chose vivante. La vie est une propriété d'un ■e différent de celles qui régissent la marche des is célestes ou les phénomènes physiques; et elle s profondeurs plus difficiles encore à pénétrer que ont été les immensités de l'espace. Tout ce que je L faire remarquer ici, c'est qu'il reste démontré le manière indubitable que les hommes, les anix et les plantes n'ont pas étécréés en même temps la terre, et qu'ils ne sont venus à sa surface que temps après la formation de ce globe. Jusqu'au aent des découvertes de Cuvier sur la zoologie, de riersur l'antique température, on pouvait philoso- [uement admettre que, la terre ayant une antiquité lie, les êtres vivants qui l'habitent avaient la même ; mais aujourd'hui cette thèse est toutà fait insouble. Le globe terrestre a été chaud de 2,000 degrés i
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